Monthly Archives: janvier 2016

Un grand nombre d’espèces animales ont développé la capacité à estimer et à déterminer la distance des objets et la profondeur de champ en combinant et en analysant l’information visuelle provenant de l’image perçue par chacun de leurs yeux sous un angle différent : c’est la vision stéréoscopique (aussi appelée 3D). Cette faculté leur procure un avantage certain dans la perception de leur environnement, à la fois pour le déplacement et la capture des proies.

Pour obtenir une image 3D précise, les yeux doivent être positionnés sur un même plan à l’avant de la tête : une organisation que l’on retrouve chez les espèces prédatrices comme les félins ou les rapaces nocturnes, ou également chez les primates.

Autant le fonctionnement de la vision stéréoscopique chez les vertébrés est aujourd’hui bien décrit et compris, autant celui des invertébrés, comme les insectes, demeure lacunaire en raison de la difficulté à mener des expérimentations à leur échelle.

Les deux lignées divergeant phylogénétiquement depuis des centaines de millions d’années, il est probable que le fonctionnement du système visuel des insectes soit fondamentalement différent de celui des vertébrés. Il est donc intéressant de découvrir les différentes solutions mises en place par la sélection naturelle chez ces espèces en réponse à une même contrainte adaptative, compte tenu de la relative simplicité du système nerveux des insectes.

Lunettes 3D placés sur les yeux composés d'une mante-religieuse

Lunettes 3D placés sur les yeux composés d’une mante-religieuse (Source : Gizmodo)

Pour répondre à ces interrogations, une équipe de scientifique anglais et français, menée par Vivek Nityananda de l’Institut de Neuroscience de Newcastle, a entrepris en 2015 des expérimentations consistant à créer un cinéma 3D pour mantes-religieuses !

Après avoir fixé des lunettes 3D sur les yeux composés des insectes (lire cet article) avec de la cire d’abeille (voir photo ci-contre), les scientifiques ont fait défiler des (suite…)

Interview de Nicolas MOULIN
Entomologiste indépendant
Bureau d’étude et d’expertise en entomologie

 

154345_487296362146_4497670_nNicolas MOULIN est un jeune entomologiste indépendant qui a créé son bureau d’étude et d’expertise en entomologie il y a 9 ans. Vous pourrez découvrir ces activités très riches à cette adresse : http://www.nmentomo.fr

Je souhaite remercier Nicolas d’avoir accepté de répondre à mes questions, de sa réactivité, de son enthousiasme et de sa gentillesse. Nicolas nous fait ainsi découvrir une autre manière de vivre de l’entomologie.

  • Bonjour Nicolas, peux-tu nous présenter qui tu es et d’où tu viens ?

J’ai 34 ans, je suis entomologiste à mon compte depuis 9 ans (avec un ou deux salariés depuis 5 ans). Je suis originaire de Paris et maintenant rouennais d’adoption à cause d’une thèse non financée et de choix à faire dans la vie de ma compagne.

  • D’où te vient ta passion pour l’entomologie, et qu’est-ce qui t’intéresse chez les insectes ?

Cette passion m’est venue il y a bien longtemps alors que j’allais en vacances à la campagne dans le Limousin chez mes grands-parents maternels. Ma grand-mère était fascinée par les papillons et en épinglait quelques-uns. J’ai pris le virus en courant la campagne et en écumant les sentiers de montagnes des Alpes avec mes parents, ainsi que les rochers d’escalade.

Chez les insectes, leur diversité et leur capacité d’adaptation m’étonnent toujours.

  • Tu as fait de ta passion un métier, c’est une réelle chance. Explique nous en quoi il consiste et quelles sont les différentes activités que tu réalises et que tu proposes. Travailles-tu seul ou en collaboration avec d’autres entomologistes, bureaux d’études et/ou collectivités ?

C’est une chance… Oui car je vis de ma passion. Mais je suis entrepreneur… Et ce n’est pas facile tous les jours.

Nicolas MOULIN au cours d'un atelier Entomo au Parc National de Lopé - Gabon (2014) (Source : Barbara EVRARD)

Nicolas MOULIN au cours d’un atelier Entomo au Parc National de Lopé – Gabon (2014) (Source : Barbara EVRARD – Université de Rouen)

Mon entreprise propose principalement des services d’expertises, de suivis d’espèces/populations, de diagnostics et d’études d’impact. Elle propose aussi des formations en entomologie et en création d’entreprise dans le domaine de l’environnement. Enfin, quelques animations nous permettent de se raccrocher aux humains et de ne pas rester seuls avec nos chers insectes.

Comme je le disais, j’ai travaillé seul les quatre premières années. J’ai eu plusieurs salariés avant de stabiliser mes collaborations avec une collaboratrice très douée. J’en suis réellement satisfait et nous travaillons bien ensemble (je crois !).

Nous sommes tout autant disposés à travailler seuls qu’en collaboration avec des bureaux d’études, des instituts de recherche, des collectivités locales. Ce sont les marchés publics qui (suite…)