Ma collection d’insectes 1/6 : Pourquoi?

Avec ces articles, je souhaite vous faire partager mes motivations et mes connaissances sur la création d’une collection entomologique et vous expliquer son objectif .

Pourquoi réaliser une collection entomologique?

Une collection d’insectes peut avoir plusieurs objectifs comme esthétique, posséder des raretés, constituer une diversité d’espèces et d’individus, le profit financier ou encore un intérêt scientifique. Pour ma part, j’ai opté pour cette dernière option.

Passionné d’insectes, j’ai toujours eu le plaisir à les observer dans la nature, de les élever et de comprendre leur biologie. C’est donc dans une suite logique que l’idée de les collectionner est apparue. Au début, il s’agissait de capturer des insectes et de les mettre dans des pots sans réelle technique et but. Puis, le désir de constituer une collection dans une démarche scientifique s’est très vite inscrite en moi. Au cours des années, j’ai ainsi pu acquérir les techniques, les compétences et la méthodologie nécessaires pour mener à bien cette collection.

Ma première motivation à réaliser une collection est d’aller à la recherche de nouvelles espèces d’insectes, de découvrir de nouveaux biotopes et écosystèmes. Quand je découvre des insectes que je rencontre pour la première fois, cela aiguise ma curiosité et de nombreuses questions viennent à moi : Qu’est-ce que c’est? – Quelle est sa biologie? – Est-ce une espèce commune, rare, pourquoi? – Quel est son écologie? Il ne s’agit pas de capturer un grand nombre d’insectes, un ou deux exemplaires de chaque espèce suffit. Cela semble, pour certains, paradoxal pour un amoureux des insectes de les tuer. Mes prélèvements sont totalement négligeables sur les populations d’insectes. Songez à la quantité qui sont tués rien que par le passage des voitures et l’usage des insecticides!

Ensuite, ce qui est passionnant, est de déterminer les nouvelles espèces. Cela consiste à trouver leur nom et leur place dans la classification pour ensuite les intégrer dans la collection. Pour cela, j’utilise des ouvrages spécialisés, des sites internet et des forum de passionnés (pour en savoir plus, suivre ce lien). La détermination demande de la patience, des connaissances approfondies sur la morphologies et les différents éléments anatomiques des insectes. Etant donné la diversité incroyable en espèces, en genres et en familles, trouver un nom d’un spécimen peut parfois prendre beaucoup de temps. Heureusement qu’avec l’informatique et internet, il est possible d’échanger des informations, de recevoir des conseils et de partager des connaissances. C’est en quelque sorte un jeu d’enquête, où il y a la satisfaction d’arriver au nom.

Enfin, le but est de valoriser scientifiquement les données récoltées par la capture de chaque espèce. En effet, lorsque je capture de nouveaux spécimens, je lui associe le lieu de capture, la date et son nom (voir cet article). Cet apport de données, je le transmets à des projets d’inventaire entomologique régionaux et nationaux sur la distribution des insectes. Ces inventaires ont pour vocation de mener des études de cartographie, la création d’Atlas et de réaliser des études d’impacts. L’objectif est de contribuer à une meilleure connaissance de l’entomo-faune (diversité des insectes) sur notre territoire et de participer à des programmes de préservation de l’environnement et de sa biodiversité.

Dans cet optique, je participe également à des inventaires menés par des associations (Charente-Nature et OPIE), des organismes publiques (Inventaire National du Patrimoine Naturel du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris) et privés. Ces inventaires ne demandent pas, la plupart du temps, de collecter les spécimens, mais je profite de ces moments pour compléter ma collection et d’intégrer des données. Pour l’INRA, j’ai effectué un travail de modernisation et de valorisation de leur collection entomologique constituée de milliers de spécimens provenant de plus de 80 ans d’échantillonnage à travers la France et le monde (pour en savoir plus : ici).

Je reste, bien évidemment, à votre disposition pour toutes interrogations, demande de conseil, d’astuce ou/et d’expertise. N’hésitez pas à me contacter ici. Au plaisir de vous lire et de vous aider!



Benoît GILLES
Chargé de recherche – Entomologiste chez Cycle Farms


  1. Guillaume SURGERS dit:

    Bonjour Benoît,

    C’est remarquable ce que vous faites. Bravo

    Je suis français né à Abidjan en Côte d’Ivoire en 1971 et suis passionné du monde animal notament le monde des coléoptères et des papillons. Je commence une petite collection depuis pas mal de temps en ne conservant que les individu de mes propres chasses lors de balade en forêt.
    J’ai quitté la côte d’ivoire en 2009 , passé 6 ans au Cameroun et suis au Gabon à Port-Gentil (pas très intéressant car isolé en milieu plutot maritime) depuis 1an

  2. guillebot dit:

    bonjour mon arriere grand père a constitué une collection d’insecte en tout genre plutot bien conservée
    dans les règles de l’art .
    insectes charentais pour la plupart si ça vous intéresse de les consulter d’une maniere ou d’une autre
    je vis en Bretagne