Ma collection d’insectes 4/6 : la préparation

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article, les précédents et le suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment préparer les insectes une fois mort?

1) – Le matériel :

Les insectes, une fois mort (pour les tuer, voir cet article), doivent être préparés pour être ensuite intégrés dans la collection. Pour cela, avant de commencer, il est nécessaire d’acquérir un minimum de matériel entomologique spécifique et indispensable.

Le matériel se compose principalement de :

  • Pinces, il en existe différents types : pince souple, pince fine, pouce à piquer
  • Aiguilles, plusieurs diamètres et longueurs sont nécessaires selon la taille des insectes à préparer. Elles sont référencées par des numéros 000, 00 et de 0 à 7
  • Paillettes, de taille différente pour le collage des insectes
  • Etaloir, plusieurs modèles existent, pour étaler les Lépidotères (papillons) et les Odonates (libellules)
  • Cartons à insectes, ou aussi appelés boîte de rangement, il existe plusieurs modèles en taille, en matériaux de construction, vitrés ou non

D’autres matériels peuvent être utilisés, mais pour débuter, je pense que celui est suffisant. Avec le temps, des besoins se feront peut être sentir, à ce moment la, vous pourrez acquérir de nouveaux objets.

2) – L’étalage :

L’étalage consiste à redonner à l’insecte une forme naturelle pour le côté esthétique tout en rendant visible les parties du corps utiliser pour la détermination (ailes, antennes et pattes). Une collection bien préparer sera homogène, donc plus agréable à regarder et scientifiquement exploitable. Ce travail demande de la patience, de la dextérité et de l’habitude. Je vous résume les grandes lignes,  après libre à chacun de trouver les techniques qui lui conviennent le mieux.

Protocole de placement de l'épingle

Protocole de placement de l’épingle

– 1) La première étape est d’insérer une aiguille dans l’insecte qui servira à le maintenir et à le manipuler par la suite. Le placement de l’aiguille suit un protocole spécifique (voir illustrations). L’insecte doit être placé suffisamment haut sur l’aiguille pour laisser l’espace pour les étiquettes (voir cet article).

Positionnement de l'épingle

Positionnement de l’épingle

Si l’insecte est trop petit (comme des mouches, des fourmis ou autre), il est possible de procéder autrement. Soit il peut être coller sur une paillette, dont la taille est fonction de la taille de l’insecte, soit il peut être épinglé par une minutie. Une minutie est une épingle extrêmement fine qui sera ensuite piquée dans un petit bloc d’émalène (voir photos ci-dessous)

Coccinelle collée sur une paillette - Photo B. GILLES

Coccinelle collée sur une paillette – © Photo B. GILLES

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Micro-insecte piqué avec une minutie et installé sur un bloc de mousse, à son tour piqué par une aiguille entomologique (Source : Tela-insecte.net)

– 2) La seconde étape est le positionnement des différentes parties morphologiques de l’insecte. Chaque ordre d’insectes (papillon, coléoptère, libellule, criquet) sont étalés de manière bien précise et spécifique.

Les papillons sont les plus délicats à étaler en raison de leur fragilité, notamment de leurs ailes (composées d’écailles à leur surface). La méthode, qui demande de la pratique, consiste à utiliser l’étaloir, où les ailes seront fixées et maintenues de chaque côté de la rainure de l’étaloir par du « papier cristal » et des aiguilles (voir photos ci-dessous). Les ailes sont placées à la bonne place à l’aide d’une aiguille, délicatement, pour éviter de l’endommager. La ligne d’intersection des ailes postérieures et antérieures doit être perpendiculaire à l’axe du corps. Les antennes sont maintenues par des aiguilles. Ne pas oublier de positionner un morceau de coton sous l’abdomen du papillon pour le maintenir dans une position horizontale. Cette technique est également valable pour les Odonates.

Les Coléoptères sont plus faciles, car plus robustes. Il s’agit de positionner les pattes et les antennes pour rendre un aspect naturel à l’animal. Les antennes seront dirigées vers l’avant, ainsi que les pattes antérieures, et les 2 paires de pattes postérieures vers l’arrière. Les différents éléments anatomiques seront maintenus par des aiguilles (voir photo). Si les antennes sont longues comme chez les Cerambycidae, elles pourront être dirigées vers l’arrière pour un gain d’espace. Si vous voulez présenter un coléoptère les ailes ouvertes, il suffit de placer un bloc d’émalène sous les ailes et de les maintenir à l’aide de « papier cristal » et d’aiguille, technique utilisée chez les papillons. Cependant,

Les Orthoptères (criquets, sauterelles et grillons) sont étalés de la même manière que les Coléoptères, parfois, les ailes d’un côté peuvent être étalées pour permettre l’observation de certains critères morphologiques. Pour cela, la technique est la même que pour les Coléoptères.

Pour les autres ordres d’insectes (Hyménoptères, Névroptères, Hétéroptères…), l’ensemble des techniques présentées ci-dessus peuvent être utilisées, dans la mesure du possible en raison de la taille des spécimens.

Etalage d'Odonates (Demoiselles), les ailes maintenues par des languettes de papier et des aiguilles - ©Photo B. GILLES

Etalage d’Odonates (Demoiselles), les ailes maintenues par des languettes de papier et des aiguilles – ©Photo B. GILLES

Etalage d'Odonates (Demoiselles), les ailes maintenues par des languettes de papier et des aiguilles - ©Photo B. GILLES

Etalage d’Odonates (Demoiselles), les ailes maintenues par des languettes de papier et des aiguilles – ©Photo B. GILLES

 

Etalage d'un Coléoptère (Charançon du genre Lixus)), les pattes et antennes maintenues par des aiguilles - ©Photo B. GILLES

Etalage d’un Coléoptère (Charançon du genre Lixus), les pattes et antennes maintenues par des aiguilles – ©Photo B. GILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

– 3) La troisième étape consiste, une fois les insectes épinglés, de les laisser sécher, soit naturellement dans un endroit sec plusieurs jours, soit dans une étuve lorsque les conditions sont humides. Dans le premier cas, il faut protéger les insectes des prédateurs et de la poussière. Avant de retirer les aiguilles, bien veiller à ce que les insectes soient bien sec, sinon, au bout de quelques jours les ailes, notamment, peuvent s’abaisser sous la gravité. La durée de séchage dépend de la taille des insectes et des conditions d’hygrométrique de l’air et de la température bien évidemment.

Je reste, bien évidemment, à votre disposition pour toutes interrogations, demande de conseil, d’astuce ou/et d’expertise. N’hésitez pas à me contacter ici. Au plaisir de vous lire et de vous aider!

Benoît GILLES
Chargé de recherche – Entomologiste chez Cycle Farms


1 comment

  1. Dom chauv janvier 10, 2018 9:34   Répondre

    Bonjour très instructif merci.

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