Interview de Marius BREDON – entomologiste et photographe

Marius BREDON - Etudiant en entomologie - Université de Tours

Marius BREDON – entomologiste – Université de Tours (Source : Marius BREDON)

Continuant à présenter des passionnés d’insectes encore partants ou déjà plus confirmés, Passion-Entomologie a rencontré un entomologiste également captivé par la terrariophilie et le retrogaming – un domaine moins exploré par notre blog -. Marius a 24 ans et d’excellentes connaissances acquises sur le terrain comme en laboratoire. Qui sait, peut-être le rencontrerez-vous par quelque belle journée d’été dans la vallée de la Loire et ses environs, aux alentours d’Angers, de Candé ou de Mauges-sur-Loire, accompagné de son inséparable Nikon.

Un grand merci à Marius, diplômé du Master 2 Ecologie Comportementale, Biodiversité et Evolution à l’Université François Rabelais de Tours (lien), d’avoir accepté de répondre avec enthousiasme aux questions de Passion-Entomologie.

Marius mène en ce moment des travaux sur le parasitisme chez les insectes sociaux…

  • Marius, comment vous est venue cette passion pour l’entomologie et pour la photographie ?

Je me passionne pour les insectes et les arthropodes en général depuis que je suis tout petit : en fait, je n’ai jamais cessé de soulever les cailloux ni de fouiller l’herbe dans l’espoir d’y voir quelque chose bouger. Cependant, ma passion a connu un véritable tournant quand j’ai commencé à élever des arthropodes de toutes sortes et de tous horizons (des coléoptères, des fourmis et des myriapodes en terrariums ont envahi ma chambre et la maison !).

Ma passion pour la photo est venue plus tard, avec l’acquisition de mon premier reflex (un Nikon D40 et son fameux 18-55mm, un souvenir toujours aussi vivace !). La bascule vers la macrophotographie s’est alors faite naturellement et m’a permis de conjuguer mes plaisirs.

Son site internet ici.

  • Quel type de matériel photographique vous accompagne sur le terrain ?

J’utilise désormais un Nikon D300 équipé d’un Nikon AF-S 60mm micro f/2.8. Le 60mm offre des bokeh (ie des flous artistiques d’arrière-plan) correspondant à ma sensibilité : j’y accorde énormément d’importance, plus parfois même qu’au sujet qu’il valorise énormément et qu’il inscrit dans un contexte très esthétique. Mais j’ai toujours hésité à prendre un 105mm AF VR f/2.8 de Nikon pour le confort qu’il offre. A 60mm il s’avère parfois compliqué de photographier certains sujets, la distance entre eux et l’objectif pouvant se révéler contraignante…

  • Utilisez-vous beaucoup de logiciels de retouches et de traitement photographiques ? Lesquels ?

Photoshop me sert seulement à étalonner mon image et à corriger les contrastes, mais cela va rarement plus loin : j’essaye au maximum de rester proche du naturel. Le travail, c’est en premier lieu sur le terrain : en ce sens, le post-traitement n’a, il me semble, d’intérêt que pour sublimer le cliché.

Je travaille tout de même en format RAW pour rattraper si besoin quelques erreurs de réglages sur le terrain. Le numérique offre l’opportunité de pouvoir pendre beaucoup de photos d’un même sujet pour sélectionner ensuite les meilleures. Il m’arrive parfois de rester longtemps sur un insecte pour les photographier sous plein d’angles différents…enfin, quand celui-ci m’y autorise !

Son site internet ici.

  • Vous travaillez fréquemment dans votre région d’attache, l’Anjou : auriez-vous quelques anecdotes concernant vos balades entomologiques ?
Coléoptère (Source : Marius BREDON)

Coléoptère (Source : Marius BREDON)

Mes meilleurs souvenirs entomologiques en Anjou sont les nombreuses excursions que j’ai faites avec un ami pour chercher le célèbre lucane cerf-volant. Cela peut paraître tout simple, mais nos périples en forêt, la nuit tombante ou tombée, armés de seulement d’une lampe torche demeurent en moi d’excellents souvenirs. Arriver sur le terrain et entendre les mâles voler autour de la cime des arbres est tout simplement magnifique.

  • Quel insectes « mythiques » souhaiteriez-vous rencontrer dans la nature, en Anjou ou à l’occasion de voyages plus exotiques ?

Difficile de répondre ! (rires) S’agissant de ma région, je citerais la rosalie (Rosalia alpina). De fait, je n’ai croisé ce longicorne qu’une seule fois, près de la Loire, à l’ouest d’Angers, et mon souhait serait de pouvoir le photographier dans son milieu naturel, un soir ou un matin à la première heure, lorsque la lumière est si belle.

Autrement, mais c’est un horizon plus lointain, observer le Dynastes hercules dans son milieu serait pour moi le rêve absolu. J’ai quand même déjà eu la chance d’élever ce géant (il s’agissait de de Dynastes hercules lichyi puisque Dynastes hercules hercules est protégé en France).

  • Quels sont les domaines de l’entomologie qui vous attachent le plus ?

L’étude de l’eusocialité chez les insectes avant tout ! Les hyménoptères et les orthoptères sont fascinants dans leur organisation. Même s’ils ont déjà été beaucoup étudiés, il reste bien sûr énormément de choses à explorer. L’approche moléculaire ouvre de nouvelles perspectives, comme par exemple l’étude du rôle des gènes dans l’évolution de la socialité. Bien sûr, de par mes études je suis aussi intéressé par toutes les questions évolutives. Alors quand celles-ci sont mêlées à des insectes, elles en deviennent doublement intéressantes !

  • Vous venez d’obtenir un Master 2 en Ecologie Comportementale, Biodiversité et Evolution à Tours : quelles sont désormais vos ambitions pour l’avenir ?
Marius regardant un insecte à la loupe binoculaire (Source : Marius BREDON)

Marius regardant un insecte à la loupe binoculaire (Source : Marius BREDON)

J’ai orienté mon projet professionnel de façon à faire de ma passion mon métier. Le milieu de la recherche m’attire beaucoup, j’espère pouvoir devenir chercheur, ingénieur ou enseignant-chercheur. Une chose est claire en tout cas dans mon esprit : je travaillerai avec des arthropodes !

Retrouvez Marius à ces deux adresses :

http://mariusbredon.daportfolio.com/

http://www.ipernity.com/home/102037

Rubrique interviews

Dans la même rubrique, vous pouvez découvrir les interviews de :

  • David GIRON (entomologiste-chercheur CNRS – IRBI-Université de Tours)
  • Henri-Pierre ABERLENC (entomologiste – CIRAD)
  • Nicolas MOULIN (entomologiste indépendant)
  • Patrice BOUCHARD (chercheur entomologiste – Université d’ottawa)
  • Bruno MERIGUET (Entomologiste – Office Pour les Insectes et leur Environnement – OPIE)
  • Adrian Hoskins (Entomologiste de renommée internationale – Spécialiste des papillons rhopalocères)
  • Christophe Avon (Entomologiste au LEFHE, Directeur du MAHN-86 et Fondateur de World Archives of Science – WAS)
Benoît GILLES
Chargé de recherche – Entomologiste chez Cycle Farms


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