Tagged: biodiversité

Mission Makay – 2017

Contribuer au financement d’une mission d’exploration scientifique dans le

Massif du Makay – Madagascar

Voici un an, avril 2016, je découvrais, parcourais et explorais une région à la fois isolée, riche d’une biodiversité unique, demeurant encore relativement préservée des pressions anthropiques et peu connue : le Massif du Makay.

Ce voyage au bout du monde, comme éco-volontaire et entomologiste, avec les équipes de Naturevolution, m’a permis de confirmer l’intérêt scientifique d’étudier plus profondément cette région pour agir en faveur de sa préservation. Durant son exploration, j’ai réalisé un travail de collecte d’insectes (entomofaune) dans le but de participer à l’inventaire de la biodiversité.

Du 22 juillet au 12 août 2017, je participe à la mission d’exploration scientifique d’envergure menée par Evrard Wendenbaum, fondateur de l’association Naturevolution et un groupe d’étudiants du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris : La Société des Jeunes Explorateurs.

Pour en découvrir davantage sur le Massif du Makay et le voyage de l’an dernier, suivre ces liens : Mission Makay-2016 ; Compte-rendu 1 ; Compte-rendu 2

Vous pouvez également trouver mon témoignage sur le site de Naturevolution

Objectif de la mission

L’objectif de cette mission est double : 1) réaliser un inventaire de la biodiversité ; 2) récolter des données biologiques et géologiques qui apporteront les connaissances et les preuves scientifiques du caractère exceptionnel et unique de cette région, auprès des autorités malgaches afin que des mesures de préservation et de conservation soient entreprises. Grâce aux précédentes missions menées par Naturevolution, comme celle de 2011 (extrait vidéo ci-dessous), le Massif du Makay fait désormais l’objet d’un statut d’aire protégée.

La mission, pluridisciplinaire, est composée de nombreux spécialistes : botanique, ichtyologique, mammalogie, ornithologie, géologie… et entomologie, dont j’ai la responsabilité (lire ce lien)

Les activités entomologiques consisteront à :

  • Explorer des sites et des écosystèmes peu ou pas étudiés présentant un fort intérêt scientifique comme la canopée, les mares temporaires et isolées, les souterrains (humides et secs) ou encore les grotte à chauve-souris.
  • Collecter un certain nombre de spécimens de diverses familles caractéristiques des différents habitats visités. Remarques : les prélèvements seront limités et raisonnés pour préserver l’équilibre et l’intégrité de populations pouvant parfois être très restreintes
  • Identifier les spécimens et les classer par ordre, famille et sous-famille pour une détermination plus précise auprès de spécialistes au retour de mission (ce travail demandant une expertise et un matériel spécifique, celui-ci ne peut s’effectuer sur place)

    Capture d’une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)

  • Conditionner les collectes : les spécimens seront placés dans des tubes avec de l’alcool pour garantir un bon état de conservation, et référencés dans une base de données indiquant les coordonnées GPS, le nom du collecteur, l’habitat et le jour de la collecte. Remarques : les spécimens de grande taille et facilement identifiables comme les Odonates (libellules) ou les Lépidoptères (papillons) seront étudiés uniquement sur photos afin de limiter les prélèvements
  • Inventorier et valoriser : l’ensemble des données collectées durant la mission (nombre d’espèces, répartition, taux de diversité, écologie…) va permettre de compléter l’inventaire et la connaissance de l’entomofaune, valorisable scientifiquement : publications, description possible de nouvelles espèces ; enterrées de communication (vidéos, reportages, exposition, articles de vulgarisation…) ; et en démontrant la richesse biologique unique du Massif auprès des autorités malgaches

Pour en savoir davantage sur les méthodologies de collecte des insectes et leur conditionnement : lire ces articles.  

Comment contribuer ?

Vous portez un intérêt aux problématiques de préservation de l’environment et de la biodiversité, vous vous demandez comment contribuer à votre échelle : cette mission constitue l’occasion de participer à l’un des plus grands défis et enjeux du 21ème siècle !

Pour cela, vous pouvez effectuer un don de plusieurs manières :

  1. Don défiscalisable (66%) : rendez-vous sur le site de ProjetsPlusActions (pour les personnes payant des impôts en France uniquement)
  2. Don direct : Paypal (benoit_gilles@hotmail.fr)
  3. Don de matériels ou autre : pour cela, me contacter directement à cette adresse : passion-entomologie@hotmail.fr

La mission se déroulera du 22 juillet au 12 août 2017 (3 semaines). L’ensemble des frais s’élèvent à 3 000€.

Ils se distribuent ainsi :

  • 1 950€ : logistique, matériels, déplacement sur place
  • 1 100€ : avion (A/R)
Qui suis-je

Passionné depuis toujours par le monde vivant et tout particulièrement par l’entomologie, mon souhait  a été dès mon adolescence d’étudier les insectes et d’explorer les écosystèmes les plus riches de la planète. Mon Master Recherche en entomologie obtenu en 2008 à l’Université de Tours (Institut de Recherche sur la Biologie des Insectes – IRBI), j’ai effectué plusieurs missions scientifiques en France et à l’international : CIRAD-La Réunion, MNHN-Paris, Station des Nourgaues-Guyane française, STRI-Panama (pour en savoir davantage, retrouvez mon CV).

Actuellement je suis chargé de Recherche et Développement en entomologie au sein d’une Start-up dont l’objectif est de valoriser par l’insecte les déchets organiques d’origine végétale (appelés bio-déchets) en protéines animales (insectes) destinées à l’alimentation piscicoles.

Je vous remercie de votre contribution, de votre intérêt à ma passion et mon engagement en faveur de la préservation de l’environnement et de sa biodiversité. 

Vous serez bien évidemment informés des suites de la mission par la publication régulière de comptes-rendus.

Album photos de la mission 2016

« 1 de 6 »

Projet Makay – Madagascar 

10 au 29 avril 2016
Moi en forêt guyanaise, station des Nouragues - 2009 (Source : Benoît GILLES)

Moi en forêt guyanaise, station des Nouragues – 2009 (Source : Benoît GILLES)

Je participe en avril à une mission d’exploration scientifique à Madagascar dans une région riche d’une biodiversité unique et inconnue de la science : la région du Makay, dans le but de contribuer à sa préservation.

Vous pouvez retrouver les deux comptes rendus de la mission (1 et 2) ainsi que mon témoignage sur le site de Naturevolution. 

II) Présentation détaillée du projet
  • La région du Makay

Au XXIème siècle, des régions du monde demeurent encore peu explorées et renferment une biodiversité inconnue de la science.

Situation géographique de la région du Makay à Madagascar

Situation géographique de la région du Makay à Madagascar (Source : © Naturevolution)

Au centre-ouest de l’île de Madagascar figure l’une d’entres elles : la région du Makay. D’une superficie de 150 km x 50 km, cette zone est constituée d’un massif de roches cristallines datant de plusieurs centaines de millions d’années. Le Makay est à la fois l’une des oeuvres de la nature les plus monumentales qui soit et un emblème de Terra Incognita – son existence étant même peu connue de la plupart des malgaches -.

Le massif est formé de hauts plateaux couverts en partie par de la forêt ou par une végétation arbustive/herbacée typique de l’ouest de Madagascar et de profonds canyons creusés par des millions d’années d’érosion abritant une végétation humide similaire aux forêts de l’est de l’île.

Les espèces animales et végétales de cette région, isolées des autres populations depuis des millions d’années, ont évolué dans des niches écologiques particulières engendrant un taux exceptionnel d’endémisme (espèce dont l’aire de répartition est spécifique à une zone précise).

Capture d’écran 2016-01-06 à 15.18.17

(Source : © Evrad Wendenbaum)

Ces mécanismes géologiques et biologiques uniques au monde font du massif du makay un sanctuaire et un coffre-fort de biodiversité protégé des activités humaines par son relief escarpé. Cependant, des pressions et des dégradations d’origine anthropique de plus en plus présentes et intenses menacent son existence.

  • Projet

Le projet, mené par les associations Naturevolution et Projets Plus Actions depuis plusieurs années, sous l’impulsion d’Evrad WENDENBAUM, consiste à explorer la région et à inventorier les richesses biologiques et archéologiques pour confirmer la preuve du caractère exceptionnel du massif du Makay auprès des autorités malgaches afin que des mesures de sauvegarde et de préservation soient mises en place rapidement.

La mission qui aura lieu du 10 au 29 avril 2016, et à laquelle je souhaite participer, s’inscrit dans ce processus et permettra de (suite…)

Interview de Henri-Pierre ABERLENC
Entomologiste au CIRAD
Campus de Baillarguet – Montferrier-sur-lez

Henri-Pierre ABERLENC est un entomologiste travaillant au sein du CIRAD, il est naturaliste, taxonomiste et spécialiste des espèces tropicales.

Je remercie Henri-Pierre ABERLENC d’avoir répondu avec autant d’enthousiasme à mes questions et de nous offrir cette interview vraiment passionnante.

  • Vous êtes ingénieur entomologiste pour le CIRAD et au sein du CBGP, pouvez-vous nous présenter l’organisation et le rôle de ces structures ?

Le CIRAD (Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement) est un institut français public de recherche agronomique, principalement (mais pas exclusivement) dans les régions tropicales. Il a des agents dans de nombreux pays, une administration parisienne et un centre de recherche à Montpellier. Le CBGP (Centre de Biologie pour la Gestion des Populations) est une UMR (Unité Mixte de Recherche) basée à Montpellier qui rassemble des chercheurs, des ingénieurs, et des techniciens de l’INRA, de l’IRD, du CIRAD et de Montpellier SupAgro. On y mène des recherches scientifiques pointues sur des organismes d’intérêt agronomique (espèces invasives, ravageurs, auxiliaires…) ou sur des problématiques de biodiversité et de phylogénie. En tant qu’entomologiste au CIRAD, nous sommes avec mes collègues détachés au CBGP.

  • Depuis combien de temps travaillez-vous pour le CIRAD? Quel a été votre parcours?

Je suis entomologiste au CIRAD depuis 1982. Mon parcours a été atypique et je ne crois pas qu’il serait encore possible aujourd’hui, car désormais tout est calibré dans des filières académiques, règles, lois et procédures encore non contraignantes ou impensables il y a une trentaine d’années. Pour ce genre de parcours (devenir un chercheur scientifique moderne), il faut être matheux et avoir un formatage et une mentalité qui me sont étrangers.

Henri-Pierre ABERLENC (Source : CIRAD)

Henri-Pierre ABERLENC (Source : CIRAD)

Comme Obelix, je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit : je ne pourrais imaginer ma vie sans que l’entomologie y tienne sa part, une part importante mais pas exclusive, car je m’intéresse à trop de choses pour pouvoir me cantonner à une seule ! (c’est d’ailleurs le cas en entomologie : je ne cesse de toucher à tout, et à trop embrasser je ne me suis jamais spécialisé). L’entomologie est une « violente amour », et l’enthousiasme de mes 11 ans remonte très vite à la surface dès que je tombe sur une nouvelle merveille ! Trop hédoniste et n’ayant jamais été matheux, je n’ai pu faire d’études scientifiques, malgré des notes excellentes en Biologie et Géologie et passables en Chimie.

J’ai donc été recruté comme technicien par le patron (Philippe BRUNEAU DE MIRE, un naturaliste complet comme on n’en voit guère) du laboratoire de faunistique (où l’on faisait de l’identification d’insectes) après qu’il ait testé mes connaissances et mon savoir-faire entomologiques. Heureux temps où un patron de labo pouvait recruter lui-même dans son équipe un non diplômé après l’avoir jaugé sur le plan humain et sur ses seules compétences, et non comme maintenant selon ses diplômes et via un jury et via une procédure rigide sensée être neutre et équitable (mais aux dés souvent pipés en sous-main en réalité). Ensuite, j’ai beaucoup appris sur le tas et j’ai pu (suite…)

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article, les précédents et le suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment déterminer une espèce d’insectes?

Une fois un insecte capturé (voir cet article), préparé (voir cet article) et installé dans la collection (voir cet article), il s’agit de lui trouver son nom. Cette partie est fastidieuse, demande d’utiliser une loupe binoculaire et des connaissances en morphologie des insectes. Les critères d’identification sont pour la plupart du temps discrets, subtiles et difficilement observables, comme la présence ou non de soies sur tel article, comme le rapport entre la largeur et la longueur de tel partie du corps ou encore comme la texture de la cuticule.

Pour identifier un insecte, il existe ce que l’on nomme des « clés d’identification » ou ‘clés de détermination ». Ces clés fonctionnent sur un système dichotomique, c’est à dire qu’il repose sur une succession de double description d’un ou plusieurs (suite…)

Album photos des espèces animales et végétales que j’ai eu la chance de rencontrer dans la région de Kaw (montagne et marais) en Guyane française, dans le cadre d’un projet de recherche scientifique avec le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.

Pour en savoir plus :

Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris

Mission de terrain en Guyane française

« 1 de 2 »

Dans le cadre des travaux de recherche menés au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN) (Equipe de Mathieu JORON), une mission de terrain en Guyane française a été organisée avec 4 membres de l’équipe (Mathieu JORON, Lise FREZAL, Robert JONES et Jérôme BARBUT).

Des travaux dont certains de mes résultats ont été publiés dans le revue Nature/Heredity (25 mars 2015) : à lire ici.

Elle s’est déroulée en 2 étapes :

  • Montagnes de Kaw (7 jours)
  • Station des Nouragues (10 jours)
Situation géographique des différents sites de prospections en Guyane française

Situation géographique des différents sites de prospections en Guyane française (Google Earth)

L’objectif a été de collecter du matériel biologique. Cela a consister à prélever dans l’environnement des papillons du genre Heliconius, de les conditionner d’une certaine manière afin de conserver, d’un côté, les ailes et leur coloration, et de l’autre, le corps et son ADN.

L’intérêt est d’obtenir un échantillonnage représentatif de la diversité génétique pour chacune des espèces. Les études ADN, réalisées à Paris, vont permettre de comprendre et de mettre en évidence la structure, la diversité et les mouvements desgènes à l’origine de la coloration des ailes au sein des populations et des espèces (pour en savoir plus).

Réserve de Kaw

La réserve naturelle des marais de Kaw-Roura (voir album photos) se situe à quelques kilomètres au sud-est de Cayenne, entre les villes de Roura et de Régina. De part sa superficie, elle est la 3ème réserve française (94 700ha) et la plus vaste zone humide de France. Elle fut créée par décret le 13 mars 1998.

Carte de la Guyane française

Carte de la Guyane française (Source : lonelyplanet.fr)

(suite…)