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Le monde des insectes renferme parfois des espèces étonnantes et mystérieuses. Les diptères (« mouches ») Celyphidae en font partie.

Paracelyphus hyacinthus (Source : Anthony KeiC Wong-Flickr)

Paracelyphus hyacinthus (Source : Anthony KeiC Wong-Flickr)

Le nom de cette famille vient du mot grec « κέλυφος » pouvant être traduit par « boîte » ou « coquille » qui caractérise la particularité la plus frappante de ces insectes : celle de ressembler à de petits coléoptères. Tel chez ceux-ci, l’abdomen est recouvert par une structure cuticulaire rigide de protection où se replient les ailes lorsque l’insecte est au repos (voir photo ci-contre et album photos en bas de page).

Cependant, contrairement aux coléoptères, cette structure n’est pas constituée des ailes antérieures mais du scutellum (élément du thorax situé entre les points d’insertion des ailes antérieures).

Il s’agit ici d’un cas de convergence évolutive surprenant.

La fonction de cette adaptation unique chez les diptères demeure inexpliquée. En 1941, l’entomologiste finlandais Richard Hjalmar Frey (1886-1965) a émis deux hypothèses : amélioration de la flottabilité durant le vol ou rôle ornemental. Par manque d’études in natura, le mystère de cet organe hypertrophié reste entier.

Zoogéographie

La famille des Celyphidae, regroupant 90 espèces, se rencontre essentiellement dans les régions orientales, indochinoises et indomalaisiennes. Son aire de répartition, incluant le Pakistan, l’Inde, les Philippines, les îles Ryukyu ou encore Bornéo, est délimitée à l’est par la ligne de Weber, au nord-est par la Chine du sud, l’île de Tsushima dans le détroit de Corée (une espèce) et les îles Salomon (une espèce), au nord-ouest par l’Afghanistan où une espèce a été décrite en 1881 (Celyphus dohrni (Bigot) et dont la présence n’a pu être confirmé depuis) et par l’Ethiopie en Afrique (voir cartographie ci-dessous).

Deux espèces ont été décrites en dehors de cette aire géographique à partir d’un seul spécimen connu : (suite…)

Les structures anatomiques ayant pour rôle l’injection de venin sont apparues chez plusieurs ordres d’arthropodes de manière indépendante. On les retrouve ainsi chez les Chélicérates (scorpions et araignées), les Myriapodes (mille-pattes), ou encore chez les insectes comme les Hyménoptères (guêpes, fourmis et abeilles) et les larves de fourmilions (Névroptères).

Ces organes sont utilisés dans un but soit de prédation, soit de défense.

Le venin, synthétisé dans une glande spécialisée, est envoyé sous pression et injecté dans les tissus hypodermiques, soit par les mandibules lors d’une morsure, soit par piqûre à l’aide d’une structure en forme de seringue ou de dard.

Une entomologiste de l’université de New York, Amy Berkov, et ses collègues, ont décrit en 2008 pour la première fois l’existence d’organes à venin chez un Coléoptère : Onychocerus albitarsis, une espèce de la famille des Cerambycidae. Ces organes se trouvent à l’extrémité des antennes et leur venin provoque des inflammations cutanées et sous-cutanées chez les humains.

A l’aide d’observations au microscope électronique à balayage, les scientifiques on pu décrire et étudier ces organes. Il s’avère que le système de distribution du venin est quasi-similaire à celui des organes à venin situés à l’extrémité de la queue des scorpions de la famille des Buthidae.

Cette découverte étonnante met en évidence un cas de convergence évolutif.

1) Des coléoptères toxiques

Les Coléoptères constituent l’un des ordres animaux les plus diversifiés, au point qu’une espèce sur quatre est un Coléoptère.

De nombreuses familles, comme les Carabidae (carabes), les Meloidae (cantharides), les Tenebrionidae (ténébrions), les Coccinellidae (coccinelles) ou encore les Lampyridae (lucioles) et les Staphylinidae (staphylins), sécrètent des composés chimiques (acides, esters, quinones, amides, stéroïdes, aldéhydes, alcaloïdes ou encore terpénoïdes, et irridoïdes) ayant une fonction défensive : irritations ou saveur-amère par exemple.

Ces composés peuvent être d’origine (suite…)