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Interview de Pierre-Olivier Maquart
Entomologiste spécialiste des Cerambycidae africains et des Amblypyges
En thèse à l’Université de Stirling – Ecosse
Pierre-Olivier Maquart en Namibie (Source : Victor Brunier)

Pierre-Olivier Maquart en Namibie (Source : Victor Brunier)

Pierre-Olivier Maquart est un naturaliste comme on n’en fait plus, ou plus beaucoup du moins. Chercheur en laboratoire tout autant que baroudeur de terrain, ce véritable mordu du coléo s’est, tout jeune encore, donné les moyens de réaliser son rêve : vivre grandeur nature une entomologie « d’action ». C’est ainsi qu’il a traqué les coléoptères en Europe bien sûr mais aussi en Afrique du sud, en Afrique centrale, en Amérique du sud – et prochainement en Asie du sud-est -, ramenant de nombreux spécimens d’exception et réalisant des observations originales donnant lieu à publications. En véritable « honnête homme » du XXIème siècle, « PO » est aussi un photographe émérite (nous aurons l’occasion de présenter certains de ses clichés prochainement), sachant mettre l’insecte vivant en scène comme il sait photographier avec une infinie précision les longicornes de sa collection personnelle, et un auteur prometteur, soucieux de mettre sa plume  – enfin… son clavier – au service de revues scientifiques ou de vulgarisation. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de retrouver prochainement son nom dans ce blog, lorsque nous évoquerons plus en détail certaines de ses découvertes et les anecdotes qui s’y attachent. En attendant, c’est avec une grande spontanéité qu’il a accepté de répondre aux questions de Passion-Entomologie.

  • Comment vous est venu votre intérêt pour l’entomologie ? Quels sont les domaines qui vous attachent ?

Pour être honnête, je ne me rappelle pas ne jamais avoir aimé les insectes… mais je pense que l’évènement le plus marquant fut, alors que j’avais 5 ans, la découverte dans la vitrine d’une pharmacie en Dordogne d’une boite qui contenait des coléoptères. Depuis ce moment, ça a été comme une évidence. J’ai eu la chance de ne jamais avoir à me poser la question de ce que je ferais en grandissant, tant la réponse était évidente : entomologiste ! (au grand dam des conseillers d’orientation au collège pour qui ce métier n’existe pas). Ma mère raconte souvent les moments où je rentrais de l’école avec des araignées mortes pleins les poches. Depuis j’ai continué dans cette voie (l’entomologie je veux dire, pas la chasse aux araignées) et me suis peu à peu spécialisé dans la taxonomie et la biogéographie des Cerambycidae africains et l’étude des Amblypyges. Je pense que je suis fasciné par le peu de connaissance qui entoure ce groupe qui représente pourtant 97% du monde animal. C’est quasiment une terra incognita biologique.

  • Quel cursus avez-vous suivi ?

Chasse de nuit au Ghana… (Source : Thomas Foucart)

J’ai commencé par une Licence de Biologie animale. J’ai eu ma chance de faire mon sixième semestre de Licence en Afrique du sud, à l’Université de Rhodes, où j’ai pu suivre des cours d’entomologie pure et dure ainsi que de Zoologie Africaine. C’était un vrai régal !

Ensuite, je suis parti à l’Université de Rennes 1 pour faire ma première année de Master d’Ecologie Fonctionnelle Comportementale et Evolutive. J’ai fait mon stage à la station biologique de Paimpont sur la nutrition de la mouche aptère de Kerguelen après un jeûne prolongé (entre 3 et 6 mois !).

Je suis ensuite parti à l’Université de Poitiers pour ma deuxième année de Master. J’ai fait mon stage de master en Afrique du sud, au Muséum du Cap, sur la taxonomie et la phylogénie d’un groupe de guêpes afrotropicales.

Maintenant, je suis en deuxième année de thèse à l’Université de Stirling en Ecosse. J’étudie la potentialité de convertir des déchets organiques en utilisant une mouche – la Black Soldier Fly ou Hermetia illucens (Stratiomyidae) pour les intimes. Ses larves serviraient de source de protéines renouvelable et écologique pour les Tilapia en Asie et en Afrique de l’ouest.

  • Vous avez pratiqué l’entomologie de terrain dans diverses régions du monde, pourriez-vous nous-en dire plus ?

Depuis tout petit, j’ai toujours rêvé d’exploration. Des voyages de Livingstone, à ceux de Burton et Speake, ou plus récemment du radeau des cimes (lire cet interview), je suis fasciné par les voyages naturalistes.

Une chasse sportive en Afrique du sud... (Source : Marion Gohier)

Une chasse sportive en Afrique du sud… (Source : Marion Gohier)

J’ai eu la chance de partir en Guyane française pendant un mois lorsque j’avais 17 ans pour aller capturer des insectes, puis de résider plusieurs mois en Afrique australe & orientale, ainsi qu’à La Réunion. Cela m’a permis d’apprendre à m’adapter à des conditions à chaque fois différentes, souvent rudes, mais aussi de rencontrer les insectes in natura. Loin des boites à insectes, l’observation directe est évidemment beaucoup plus gratifiante, et permet de comprendre bien mieux leur mode de vie. Les données biologiques associées à ces observations sont aussi précieuses que les spécimens eux-mêmes. Aller chasser en Afrique australe m’a permis de découvrir des insectes extraordinaires, bien souvent endémiques, et quelques fois nouveaux ou très peu connus. J’ai rapporté de mes voyages beaucoup de spécimens, et ai eu la chance de découvrir quelques espèces nouvelles dans le lot, et énormément d’espèces non recensées pour les pays que j’ai visités.

C’est très excitant de se dire que l’insecte que l’on observe est peut être inconnu pour la science. Ce sentiment de découverte est un véritable moteur pour moi. Et pourtant, loin de l’aspect scientifique, je dois avouer que chaque insecte épinglé a pour moi une importance personnelle, puisqu’il est bien souvent associé à un souvenir particulier…

  •  Ces voyages ont surement été propices aux aventures… : avez-vous un ou deux souvenirs entomologiques plus marquants ?

Ancylonotus tribulus (Source : Insecte.org – Cliché : P. Deschamps – Bénin)

La première fois que j’ai rencontré un couple d’Ancylonotus tribulus – un longicorne très épineux – sur un caféier. L’espèce est très courante en Afrique de l’ouest, mais c’était la première fois que j’en rencontrais un vivant. J’étais comme un gamin devant un magasin de Lego. J’ai passé une bonne demi-heure avec une lampe frontale à les observer. Lorsque j’ai décidé de les capturer, n’ayant pas de boite et encore moins de gants sous la main, je les ai pris à pleine main. Les insectes se sont défendus férocement, plantant vigoureusement leurs épines dans mes doigts. Leur technique de défense a tellement bien marché, que je les ai laissé tranquille… efficace !

Je me rappelle également par exemple une journée de chasse sur les plages du Cap de Bonne Espérance avec Candice Owen, qui préparait son doctorat, à la recherche d’une guêpe aptère minuscule, prédatrice d’araignées, vivant à l’intérieur de coquilles d’huitres. Cette guêpe est endémique à quelques plages du Cap oriental. C’est un insecte absolument génial et qui m’a fasciné dès qu’on m’en a parlé ! Nous avons retourné la moitié de la plage pour trouver quelques spécimens. C’était vraiment super de rencontrer cette minuscule bestiole après autant d’efforts. Les gens ont dû nous prendre pour des fous !

Mais il y a encore énormément d’insectes et d’arthropodes que je rêve de croiser « en vrai » tels que les (suite…)

Interview de Christophe AVON
Directeur du Muséum Associatif d’Histoire Naturelle (MAHN) – Alpes-Maritimes
Entomologiste au Laboratoire d’Entomologie Faune Hypogée et Endogée (LEFHE)
Fondateur de l’organisation « World Archives Sciences » (WAS)
Auteur de la « Nouvelle Monographie des Trechniae »

Christophe AvonL’entomologiste Christophe Avon est un passionné aux activités riches et variées. Spécialiste des coléoptères de la sous-famille des Trechinae, Directeur d’un Muséum d’Histoire Naturelle et fondateur de l’organisation « WAS », Christophe Avon, à l’emploi du temps surchargé, a accepté de répondre avec enthousiasme aux questions de « Passion-Entomologie » qui le remercie de partager cette passion avec les lecteurs.

  • Vous êtes directeur de Muséum Associatif d’Histoire Naturelle (MANH) situé dans les Alpes-Maritimes et vous travaillez au sein du Laboratoire d’Entomologie Faune Hypogée et Endogée (LEFHE), pouvez-vous nous décrire l’organisation de ces structures, les activités menées et les thématiques abordées ?

Il est tout d’abord important de préciser que le Laboratoire d’Entomologie Faune Hypogée et Endogée (LEFHE) existe depuis 1994. Il a donc paradoxalement été créé bien avant le Muséum Associatif d’Histoire Naturelle (MAHN) qui l’accueille aujourd’hui. Il s’agit ici d’étudier la biodiversité des faunes cavernicoles du monde, notamment les coléoptères, leur taxonomie et leur évolution.

Le laboratoire LEFHE publie des monographies techniques qui n’intéressent que très peu le grand public. C’est pour cela que le MAHN a, plus tard, vu le jour.

LEFHE

Laboratoire d’entomologie de LEFHE (Source : Christophe Avon)

Des fossiles vivants aux animaux extraordinaires, lieu d’éveil pour les enfants, lieu d’initiation pour les adultes, mais aussi rendez-vous des zoologistes et entomologistes, le musée donne accès à ses collections : papillons du monde et de Provence, coléoptères exceptionnels, arthropodes archaïques, raretés souterraines, mammifères naturalisés… Les collections du MAHN-84, qui s’appuyaient , à l’origine, sur les dépôts d’espèces types, sont devenues totalement originales et uniques en France grâce à l’importante politique d’acquisition et de travail de terrain menée par le LEFHE. En effet, à partir d’un concept original visant à cerner l’essence même de la biodiversité des régions alpines, subalpines et méditerranéennes, le musée sollicite le visiteur par l’impact sensible émanant des faunes rares, exceptionnelles et diversifiées. Cette volonté s’exprime à travers la présentation d’animaux de formes, de couleur et de moeurs choisies pour leurs adaptations particulières et originales aux divers biotopes de France et d’ailleurs.

L’originalité de ce musée est de s’appuyer surtout sur des espèces essentiellement endémiques servant de références scientifique, historique et esthétique, pour exprimer l’incroyable diversité zoologique jusque dans ses retranchements les plus spectaculaires et souvent les plus représentatifs de l’état de notre planète.

  • Quel a été votre parcours professionnel et en quoi consiste votre travail actuel ?

Mon parcours professionnel en entomologie est simple : j’ai toujours travaillé au sein du laboratoire LEFHE et me suis toujours consacré à la poursuite des travaux et de la monographie des coléoptères Trechinae de René Jeannel (1).

  • Vous avez également créé une organisation : World Archives of Sciences. Pourriez-vous nous raconter cette aventure et expliquer quel est le rôle de cette organisation ?

En 2000, j’ai créé une grande organisation nommée « WAS » pour « World Archives of Sciences » qui est maintenant bien connue du grand public.

Ce projet me tient très à coeur car j’y ai mis, comme vous pouvez l’imaginer, beaucoup de (suite…)

Coléoptères du monde : une encyclopédie
Editions Delachaux & Niestlé

en vente depuis le 7 avril 2016

Les coléoptères deviennent de véritables vedettes : cet ordre incroyablement diversifié et adapté à d’innombrables milieux fédère quelque 400 000 espèces décrites, dont la biologie est souvent d’une stupéfiante sophistication, qui déclinent une hallucinante diversité d’architectures, de colorations et de corpulences, allant de quelques dixièmes de millimètres aux quelques cent gramme d’un imposant Goliathus africain.

C’est une équipe d’entomologistes associant Canadiens, Américains et Néo-Zélandais, orchestrée par Patrice Bouchard (Ottawa), que l’on doit cet ouvrage (« The Book of Beetles« ) imposant, voire fascinant, remarquablement illustré, qui invite à (re)découvrir les coléoptères : toutes les familles ou presque y ont en effet été conviées, chaque espèce retenue étant photographiée en taille réelle et agrandie de façon à en livrer les détails aussi infimes que somptueux. La version française (« Coléoptères du monde : une encyclopédie« ) a été réalisée par Denis Richard, entomologiste et naturaliste, auteur connu également comme traducteur de nombreux ouvrages consacrés à la nature ou aux jardins – notamment aux éditions Delachaux.

Et ce que nous y découvrons ne peut manquer de nous étonner (une fois de plus dans l’univers des insectes !) : tel gros charançon de Nouvelle-Guinée (Gymnopholus lichenifer, littéralement « celui qui porte du lichen ») véhicule sur ses élytres un microcosme associant lichens, nématodes et acariens ; certains ténébrionidés supportent quant à eux des températures descendant à moins de -60°C (lire cet article) ; l’étonnante femelle de Platerodrilus korinchianus, un Lycidae de la péninsule malaisienne, évoque étonnamment une sorte de trilobite ; Hypocephalus armatus fouit la terre brésilienne à l’image d’une courtilière (il a fait récemment l’objet d’une note sur ce blog)… Bref, la somme que propose Patrice Bouchard et ses collègues permet de faire connaissance avec quelque 600 espèces toutes emblématiques par l’un ou l’autre de leurs traits, toutes magnifiquement illustrées, toutes attachantes, admirées ou redoutées…

En un mot, si cette « bible » des coléoptères a de quoi séduire le coléoptériste confirmé comme l’entomologiste novice, elle saura également retenir l’attention de tout naturaliste ou, simplement, de quiconque se montre curieux de l’incroyable génie du vivant qu’elle concoure à sublimer. Il est donc naturel qu’elle trouve une place méritée auprès des lecteurs de « Passion-entomologie » …

Benoît GILLES

Pour vous procurer les ouvrages évoqués ici, suivez les liens en bas de cet article.

 


 

Interview de Patrice BOUCHARD – PhD
Chercheur en entomologie
Professeur auxiliaire à l’Université d’Ottawa
Conservateur de la section des Coléoptères (Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes)
Patrice BOUCHARD dans le désert de Namibie lors d'une expédition récente à la recherche de Tenebrionidae (Source : P. BOUCHARD)

Patrice BOUCHARD – Désert de Namibie (Source : P. BOUCHARD)

« Passion-Entomologie » remercie vivement Patrice Bouchard d’avoir accepté avec gentillesse de répondre à quelques questions et de nous faire ainsi partager sa passion pour les insectes.

  • Patrice, d’où tenez-vous cette passion pour l’entomologie en général, et plus particulièrement pour les coléoptères ?

Je suis passionné de nature depuis mon plus jeune âge. Dès lors, je savais qu’un jour je deviendrai biologiste mais c’est seulement à l’université que j’ai décidé de me concentrer sur l’entomologie. Au début, j’ai étudié plusieurs groupes d’insectes pour ma maitrise et c’est durant ces deux années que j’ai jugé que les coléoptères sont vraiment les plus « cools » ! Leur grande diversité (biologique et morphologique) est tout à fait passionnante et ce groupe offre un nombre époustouflant de défis à relever… (suite…)

Interview de Henri-Pierre ABERLENC
Entomologiste au CIRAD
Campus de Baillarguet – Montferrier-sur-lez

Henri-Pierre ABERLENC est un entomologiste travaillant au sein du CIRAD, il est naturaliste, taxonomiste et spécialiste des espèces tropicales.

Je remercie Henri-Pierre ABERLENC d’avoir répondu avec autant d’enthousiasme à mes questions et de nous offrir cette interview vraiment passionnante.

  • Vous êtes ingénieur entomologiste pour le CIRAD et au sein du CBGP, pouvez-vous nous présenter l’organisation et le rôle de ces structures ?

Le CIRAD (Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement) est un institut français public de recherche agronomique, principalement (mais pas exclusivement) dans les régions tropicales. Il a des agents dans de nombreux pays, une administration parisienne et un centre de recherche à Montpellier. Le CBGP (Centre de Biologie pour la Gestion des Populations) est une UMR (Unité Mixte de Recherche) basée à Montpellier qui rassemble des chercheurs, des ingénieurs, et des techniciens de l’INRA, de l’IRD, du CIRAD et de Montpellier SupAgro. On y mène des recherches scientifiques pointues sur des organismes d’intérêt agronomique (espèces invasives, ravageurs, auxiliaires…) ou sur des problématiques de biodiversité et de phylogénie. En tant qu’entomologiste au CIRAD, nous sommes avec mes collègues détachés au CBGP.

  • Depuis combien de temps travaillez-vous pour le CIRAD? Quel a été votre parcours?

Je suis entomologiste au CIRAD depuis 1982. Mon parcours a été atypique et je ne crois pas qu’il serait encore possible aujourd’hui, car désormais tout est calibré dans des filières académiques, règles, lois et procédures encore non contraignantes ou impensables il y a une trentaine d’années. Pour ce genre de parcours (devenir un chercheur scientifique moderne), il faut être matheux et avoir un formatage et une mentalité qui me sont étrangers.

Henri-Pierre ABERLENC (Source : CIRAD)

Henri-Pierre ABERLENC (Source : CIRAD)

Comme Obelix, je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit : je ne pourrais imaginer ma vie sans que l’entomologie y tienne sa part, une part importante mais pas exclusive, car je m’intéresse à trop de choses pour pouvoir me cantonner à une seule ! (c’est d’ailleurs le cas en entomologie : je ne cesse de toucher à tout, et à trop embrasser je ne me suis jamais spécialisé). L’entomologie est une « violente amour », et l’enthousiasme de mes 11 ans remonte très vite à la surface dès que je tombe sur une nouvelle merveille ! Trop hédoniste et n’ayant jamais été matheux, je n’ai pu faire d’études scientifiques, malgré des notes excellentes en Biologie et Géologie et passables en Chimie.

J’ai donc été recruté comme technicien par le patron (Philippe BRUNEAU DE MIRE, un naturaliste complet comme on n’en voit guère) du laboratoire de faunistique (où l’on faisait de l’identification d’insectes) après qu’il ait testé mes connaissances et mon savoir-faire entomologiques. Heureux temps où un patron de labo pouvait recruter lui-même dans son équipe un non diplômé après l’avoir jaugé sur le plan humain et sur ses seules compétences, et non comme maintenant selon ses diplômes et via un jury et via une procédure rigide sensée être neutre et équitable (mais aux dés souvent pipés en sous-main en réalité). Ensuite, j’ai beaucoup appris sur le tas et j’ai pu (suite…)