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J’ai eu le plaisir de m’investir cet été dans une mission d’exploration scientifique pluridisciplinaire dans le massif du Makay à Madagascar (21 juillet – 2 septembre 2017) portée par l’association Naturevolution et Evrard Wendenbaum, son président fondateur.

Mon premier séjour dans cette région, en avril 2016, m’a permis d’approcher le potentiel unique et le potentiel tant faunistique que floristique du massif du Makay. Fort de ce constat, j’ai souhaité m’impliquer et contribuer à la fois à son étude scientifique et à sa préservation en participant à cette mission.

Mon souhait était de répondre à plusieurs objectifs. Il s’agissait de collecter des insectes par l’utilisation de multiples stratégies d’échantillonnage : pièges Malaise et d’interception, filer fauchoir, battage (parapluie japonais), pièges lumineux et attractifs (lire cet article) et de réaliser des inventaires n’ayant jamais été entrepris dans le massif du Makay (inventaires verticaux sur les parois des falaises, inventaires dans la canopée, etc.) afin d’apporter des données nouvelles pour la science et pour argumenter en faveur de la préservation du site.

Une grande quantité de matériel a pu être rassemblée, provenant pour l’essentiel de prêts d’entomologistes à travers la France, tant amateurs que professionnels (liste et remerciement en bas de page).

Déroulement

Situation géographique des camps de l’expédition Makay 2017 (Source : Naturevolution)

Il était initialement prévu au départ de séjourner dans le sud du Makay (voir cet article) (camp Makaikely) mais des changements dans l’organisation sont venus dès le début de la mission contrarier le programme scientifique et logistique. Au lieu de trois camps (nord, centre, sud), ce furent seulement deux camps, au nord, qui furent établis pour les trois premières semaines. Après une semaine de transit, je me suis donc installé pour huit jours dans le camp de Mahasoa, au nord du massif, avec d’autres membres de l’équipe, notamment la botaniste Catherine Reeb (Laboratoire ISYEB-MNHN) et le carcinologiste Jean-François Cart (Expert IUCN).

Le campement se situait dans les forêts de Mahasoa et de Beroha, sur une rive sablonneuse proche de falaises et de forêts à la fois préservées et anthropisées (photos ci-dessus).

Une succession de problèmes d’organisation et de logistique ont perturbé voire empêché un grand nombre d’activités de recherche : changement de programme et prise de décision sans cesse remise en cause, nombre d’écovolontaires trop important et ne permettant pas le transport dans un délai et des conditions raisonnables, un temps de présence sur les camps de ce fait trop court, une réception tardive, voire absente, absence de matériel scientifique et de travail : pas de dôme scientifique, pas de chaises, pas d’électricité en quantité suffisante, pas de table où installer les laboratoires de travail (loupes binoculaires, ordinateurs, cahiers, échantillons, prise de vue photographique…), etc.

Il fut donc plus que regrettable qu’un tel manque d’organisation ait pu venir perturber et empêcher le travail dans une région aussi biologiquement riche et dont l’intérêt était précisément son isolement.

Activités de recherche

Malgré toutes ces difficultés, il a été possible d’installer et d’utiliser les pièges Malaise et lumineux (photos ci-dessous). Afin d’étudier les variations de la diversité et la répartition de l’entomofaune entre différents types d’habitats, les trois pièges Malaise ont été installés dans trois habitats différents : une rive végétalisée, une rive faiblement végétalisme et un sous bois de forêts préservées. Le piège lumineux a été placé près du camp, une fois sur le sable et une autre fois à la cime d’un arbre. Ces collectes ont fait l’objet de dessins par Aurélie Auka (la dessinatrice de la mission) et de mon interview par Léo Grasset (Dirtybiology – Youtubeur) lors du piège lumineux de la canopée (Photos ci-dessous, le dessin d’Aurélie Auka sera prochainement publié et l’interview de Léo Grasset (DirtyBiology) est en attente de publication).

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Les inventaires verticaux, quant à eux, n’ont pu être réalisés du fait de l’absence du matériel du moins durant ma présence sur le camp. Cela est décevant car la caractérisation de la répartition de l’entomofaune en fonction de la hauteur, de la luminosité, de l’humidité et de la végétation offrait de belles perspectives d’études scientifiques.

La saison sèche et le froid nocturne expliquent que les collectes aient été peu diversifiées et peu abondantes. Les meilleurs échantillonnages ont été réalisés au filet fauchoir et au piège Malaise, bien que la durée de pose ait été trop courte pour ces derniers (8 jours au lieu de 3 semaines). L’ensemble des principaux ordres (Diptera, Coleoptera, Lepidoptera, Odonata, Heteroptera…) ont été observés, mais la quasi-totalité des captures concernait de petites espèces faiblement représentées.

Premiers résultats

Un premier inventaire a été réalisé sur place : identification, classement et conditionnement par ordre et famille lorsque cela été rendu possible sans matériel d’observation adapté (loupe, lumière, table…). Les individus ont été conditionnés dans l’alcool avec un code référence (lire cet article).

  • Nombre total d’individus identifiés et classés : 261
    • Pourcentage Coleoptera : 23%
    • Pourcentage Heteroptera : 20%
    • Pourcentage Diptera : 18%
    • Pourcentage Hymenoptera : 14%
    • Pourcentage Lepidoptera : 6,5%
    • Pourcentage Odonata : 3%
    • Pourcentage Orthoptera : 1,5%
    • Pourcentage autres : 11%
  • Pourcentage des captures en fonction des types de pièges
    • Filet fauchoir et battage : 44,4%
    • Pièges lumineux : 33,7%
    • Pièges Malaise : 15% (par manque de temps, les échantillons des pièges n’ont pu tous être identifiés et conditionnés individuellement – la proportion des collectes par ce procédé est en réalité bien plus élevé)

Un inventaire plus complet et exhaustif sera publié dans les mois à venir. Les échantillons, restés à Madagascar dans l’attente des permis d’exportation, seront transmis aux entomologistes spécialistes pour détermination dès leur réception en France.

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Des observations naturalistes intéressantes ont été faites par les groupes d’autres disciplines comme l’ornithologie, l’archéologie, l’herpétologie, la mammalogie (lire l’encadré ci-dessous).

Bilan scientifique général de l’expédition
  • Premières images de fossa (Cryptoprocta ferox) dans le massif du Makay – Plus grand prédateur de Madagascar
  • Premières découvertes de crustacés d’eau douce (crabes et crevettes) dans le massif du Makay
  • Observations d’une dizaine de nouvelles espèces d’amphibiens et de reptiles pour le massif, dont le serpent Langaha madagascariensis
  • Recensement de 10 des 14 espèces de rapaces diurnes de Madagascar
  • Echantillonnage de plusieurs spécimens de poissons du genre Pachypanchax – Probablement une nouvelle espèce pour la science (une seule population recensée)
  • Découverte de cinq nouveaux sites archéologique présentant des peintures pariétales
Constat général

Les trois semaines de mission ont été bien trop courtes. Sur 21 jours, la période sur le camp n’a représenté que hui jours. Le repérage du site et l’installation du matériel, comme la pose des pièges, occupent la première journée, puis le rangement de l’ensemble des affaires le dernier. Le temps effectif réservé aux collectes et aux études n’était au final que de six jours : ce qui est insuffisant pour satisfaire les ambitions et les attentes scientifiques.

Projets futurs

De nouveaux projets dans le Makay sont déjà à l’étude et en préparation avec Catherine Reeb et Gaetan Deltour (responsable scientifique de Naturevolution). Avec mes collègues, je suis à l’initiative d’un  (suite…)

Contexte

Du 22 juillet au 2 septembre est organisée par Naturevolution une grande expédition scientifique pluridisciplinaire dans le massif du Makay. Cette mission fait suite à la première traversée de cette région par Evrard Wendenbaum en 2007 et aux missions scientifiques de 2010 et 2011.

Le travail de Naturevolution a ainsi permis la création de la Nouvelle Aire Protégée du Makay (pour en savoir davantage : ici).

Présentation de la mission

Les objectifs de la mission sont multiples :

  • Etudier
  • Protéger
  • Valoriser le Makay

Pour cela, une équipe constituée de scientifiques, d’étudiants, d’artistes, d’éco-volontaires et d’acteurs de terrain, de la science et des médias oeuvrera pour étudier, protéger et valoriser ce massif unique au monde.

A l’origine de cette mission et de la démarche scientifique, 5 étudiants du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris se sont réunis en créant la Société des Jeunes Aventuriers dans le but de permettre à de jeunes scientifiques de mener des travaux de recherche sur le terrain et de partager leur passion.

Equipe organisation

Gestionnaire de l’Aire protégée, l’équipe de l’association Naturevolution organise la mission : partenaires, logistiques et projets scientifiques.

  • Evrard Wendenbaum : Explorateur, fondateur et président de Naturevolution
  • Philippe Mistral : Responsable mission de terrain – Naturevolution
  • Bernard Forgeau : Responsable logistique – Naturevolution
  • Gaëtan Deltour : Responsable scientifique, Secrétaire de Naturevolution

Equipe de Naturevolution (Source : Natexplorers)

Equipe communication et médiation scientifique

L’expédition a également une vocation pédagogique sur la protection de l’environnement, la sauvegarde de la biodiversité et l’étude de la faune et la flore. Il s’agit de sensibiliser le plus grand nombre de l’intérêt de mener une telle mission et du caractère unique et exceptionnel du massif du Makay.

Pour cela, une équipe de tournage, de photographes, d’illustratrices, de journalistes et de médiateurs scientifiques vont accompagner et assurer le suivi de l’expédition aux côtés des scientifiques et des acteurs de terrain.

Parmi eux, on retrouvera :

  • Natexplorers : un duo de biologistes, Julien Chapuis et Barbara Réthoré, forts de leurs explorations des forêts d’Amérique Centrale et de leurs talents en médiation scientifique
  • DirtyBiology : le youtubeur Léo Grasset aux 460 000 abonnés
  • Aurélie « Auka » Calmet : Illustratrice habituée des expéditions Naturevolution

Panorama de la rivière Menapanda, du camp de base et du labyrinthe rocheux du Makay (Source : © B. GILLES)

Il sera possible de suivre le déroulement et les actualités de l’expédition en temps réel à l’aide d’une grande diversité de canaux de communication.

Par exemple, un journal de bord racontera le quotidien en direct du Makay via Facebook, Twitter et Instagram. La participation d’une équipe de tournage a pour souhait de développer un documentaire long-métrage , une web-série et des vidéos.

L’ensemble des photos, vidéos, illustrations et sons collectés durant l’expédition feront l’objet d’expositions interactives destinées à de grandes structures de médiation scientifique.

Equipe scientifique

Cette mission scientifique est la première à se dérouler en période sèche. Bien que la saison humide soit plus favorable à l’observation, la saison sèche offre la possibilité d’étudier la faune et la flore durant cette période de transition.

Aussi, l’expédition s’intéressera pour la première fois à l’exploration et à l’étude de deux nouvelles zones forestières : Makaykei au sud et Mahasoa au nord.

Les camps de base de la mission 2017 (Source : Naturevolution)

Les projets scientifiques aborderont de multiples champs disciplinaires :

Projets scientifiques (Sources : Natexplorers)

  • Carnivores, Rongeurs et Chauves-souris : Margot Michaud, Rohan Mansuit, Paul Nicolas (Naturevolution) ; Martin Raheriarisena et Steeve Goodman (Vahatra)
  • Fougères, Bryophytes, Angiospermes et Canarium : Catherine REEb (Naturevolution) et Rado Ramahandrison (Université d’Antananarivo)
  • Oiseaux : Vincent Roméra (Agence VISU), Anne-Sophie Lafuite (CNRS) et Eric Temba (Université d’Antananarivo/Asity)
  • Insectes et Crustacés : Benoît Gilles (Naturevolution) et Jean-François Cart (IUCN)
  • Archéologie : Antoine Heurtel (Naturevolution)
  • Poissons : Megann Texereau (Naturevolution) et Jean Robertin Rasoloariniaina (CNRE)
Equipe d’éco-volontaires

Capture d’une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)

En plus de visiter cette région isolée et unique, l’expédition offre pour la première fois à des éco-volontaires l’opportunité de participer et de contribuer à des projets de recherche scientifique dans un environnement isolé et unique.

Le soutien et l’aide des éco-volontaires permettront de réaliser des échantillonnages d’insectes, des suivis et des comptages de lémuriens, des inventaires botaniques sur les parois verticales des canyons ou encore de visiter des sites archéologiques.

Retrouvez les comptes-rendus de ma mission comme éco-volontaire d’avril 2016 :

 

Partenaires

Album Photos

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Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique

– Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

– Makay, les aventuriers du monde perdu [Blu-ray 3D] (Evrard Wendenbaum & Pierre Stine – 98mn – 14 décembre 2011)

Mission Makay – 2017

Contribuer au financement d’une mission d’exploration scientifique dans le

Massif du Makay – Madagascar

Voici un an, avril 2016, je découvrais, parcourais et explorais une région à la fois isolée, riche d’une biodiversité unique, demeurant encore relativement préservée des pressions anthropiques et peu connue : le Massif du Makay.

Ce voyage au bout du monde, comme éco-volontaire et entomologiste, avec les équipes de Naturevolution, m’a permis de confirmer l’intérêt scientifique d’étudier plus profondément cette région pour agir en faveur de sa préservation. Durant son exploration, j’ai réalisé un travail de collecte d’insectes (entomofaune) dans le but de participer à l’inventaire de la biodiversité.

Du 22 juillet au 12 août 2017, je participe à la mission d’exploration scientifique d’envergure menée par Evrard Wendenbaum, fondateur de l’association Naturevolution et un groupe d’étudiants du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris : La Société des Jeunes Explorateurs.

Pour en découvrir davantage sur le Massif du Makay et le voyage de l’an dernier, suivre ces liens : Mission Makay-2016 ; Compte-rendu 1 ; Compte-rendu 2

Vous pouvez également trouver mon témoignage sur le site de Naturevolution

Objectif de la mission

L’objectif de cette mission est double : 1) réaliser un inventaire de la biodiversité ; 2) récolter des données biologiques et géologiques qui apporteront les connaissances et les preuves scientifiques du caractère exceptionnel et unique de cette région, auprès des autorités malgaches afin que des mesures de préservation et de conservation soient entreprises. Grâce aux précédentes missions menées par Naturevolution, comme celle de 2011 (extrait vidéo ci-dessous), le Massif du Makay fait désormais l’objet d’un statut d’aire protégée.

La mission, pluridisciplinaire, est composée de nombreux spécialistes : botanique, ichtyologique, mammalogie, ornithologie, géologie… et entomologie, dont j’ai la responsabilité (lire ce lien)

Les activités entomologiques consisteront à :

  • Explorer des sites et des écosystèmes peu ou pas étudiés présentant un fort intérêt scientifique comme la canopée, les mares temporaires et isolées, les souterrains (humides et secs) ou encore les grotte à chauve-souris.
  • Collecter un certain nombre de spécimens de diverses familles caractéristiques des différents habitats visités. Remarques : les prélèvements seront limités et raisonnés pour préserver l’équilibre et l’intégrité de populations pouvant parfois être très restreintes
  • Identifier les spécimens et les classer par ordre, famille et sous-famille pour une détermination plus précise auprès de spécialistes au retour de mission (ce travail demandant une expertise et un matériel spécifique, celui-ci ne peut s’effectuer sur place)

    Capture d’une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)

  • Conditionner les collectes : les spécimens seront placés dans des tubes avec de l’alcool pour garantir un bon état de conservation, et référencés dans une base de données indiquant les coordonnées GPS, le nom du collecteur, l’habitat et le jour de la collecte. Remarques : les spécimens de grande taille et facilement identifiables comme les Odonates (libellules) ou les Lépidoptères (papillons) seront étudiés uniquement sur photos afin de limiter les prélèvements
  • Inventorier et valoriser : l’ensemble des données collectées durant la mission (nombre d’espèces, répartition, taux de diversité, écologie…) va permettre de compléter l’inventaire et la connaissance de l’entomofaune, valorisable scientifiquement : publications, description possible de nouvelles espèces ; enterrées de communication (vidéos, reportages, exposition, articles de vulgarisation…) ; et en démontrant la richesse biologique unique du Massif auprès des autorités malgaches

Pour en savoir davantage sur les méthodologies de collecte des insectes et leur conditionnement : lire ces articles.  

Comment contribuer ?

Vous portez un intérêt aux problématiques de préservation de l’environment et de la biodiversité, vous vous demandez comment contribuer à votre échelle : cette mission constitue l’occasion de participer à l’un des plus grands défis et enjeux du 21ème siècle !

Pour cela, vous pouvez effectuer un don de plusieurs manières :

  1. Don défiscalisable (66%) : rendez-vous sur le site de ProjetsPlusActions (pour les personnes payant des impôts en France uniquement)
  2. Don direct : Paypal (benoit_gilles@hotmail.fr)
  3. Don de matériels ou autre : pour cela, me contacter directement à cette adresse : passion-entomologie@hotmail.fr

La mission se déroulera du 22 juillet au 12 août 2017 (3 semaines). L’ensemble des frais s’élèvent à 3 000€.

Ils se distribuent ainsi :

  • 1 950€ : logistique, matériels, déplacement sur place
  • 1 100€ : avion (A/R)
Qui suis-je

Passionné depuis toujours par le monde vivant et tout particulièrement par l’entomologie, mon souhait  a été dès mon adolescence d’étudier les insectes et d’explorer les écosystèmes les plus riches de la planète. Mon Master Recherche en entomologie obtenu en 2008 à l’Université de Tours (Institut de Recherche sur la Biologie des Insectes – IRBI), j’ai effectué plusieurs missions scientifiques en France et à l’international : CIRAD-La Réunion, MNHN-Paris, Station des Nourgaues-Guyane française, STRI-Panama (pour en savoir davantage, retrouvez mon CV).

Actuellement je suis chargé de Recherche et Développement en entomologie au sein d’une Start-up dont l’objectif est de valoriser par l’insecte les déchets organiques d’origine végétale (appelés bio-déchets) en protéines animales (insectes) destinées à l’alimentation piscicoles.

Je vous remercie de votre contribution, de votre intérêt à ma passion et mon engagement en faveur de la préservation de l’environnement et de sa biodiversité. 

Vous serez bien évidemment informés des suites de la mission par la publication régulière de comptes-rendus.

Album photos de la mission 2016

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Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique

– Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

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Sur la piste direction le massif du Makay - avril 2016 (Source : B. GILLES)

Sur la piste direction le massif du Makay – avril 2016 (Source : © B. GILLES)

Ma mission d’exploration d’avril 2016 dans le massif du Makay (à découvrir ici), menée par Naturevolution et ProjetsPlusActions, avait pour objectif de collecter des insectes afin d’inventorier l’entomo-faune de cette région dont la connaissance demeure encore lacunaire (Mon témoignage sur le site de Naturevolution : ici).

Dans un premier compte-rendu publié en mai (à lire ici) présentant le déroulement et les ressentis de ce voyage au bout du monde, j’expliquais l’important travail de détermination des spécimens devant être entrepris auprès de spécialistes mondiaux des différentes familles, un projet nécessitant plusieurs mois. Ce nouveau compte-rendu a pour objet de faire un point d’étape sur ce travail.

Durant l’été, les spécimens ont été classés par familles et sous-familles (lorsque cela était possible), et les entomologistes intéressés et disponibles pour mener les déterminations contactés.

Voici l’inventaire, non exhaustif, des principales familles collectées et identifiées à ce jour, sur 146 échantillons au total (plusieurs individus d’une même espèce ont parfois été conditionnés ensemble dans un même tube).

Ainsi, des échantillons ont été récemment envoyés aux spécialistes suivants :

  • Hans R. Feijen – Biologiste au Département de Zoologie terrestre de Leiden (Pays-Bas) et spécialiste des mouches Diopsidae de Madagascar
  • Christophe Girod – spécialiste des Dermaptères africains (perce-oreille)
  • Eric Guilbert – Maître de conférence au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN), Institut de Systématique, Evolution et Biodiversité, et spécialiste des Hétéroptères Tingidae
  • Sylvain Hugel – Neurobiologie au CNRS et spécialiste des Orthoptères (retrouvez une interview ici)
  • Pierre-Olivier Maquart – Doctorat à l’Université de Stirling (Ecosse) et spécialiste des Cerambycidae africains (une interview sera prochainement publiée)
  • Claire Villemant – Chercheuse au MNHN et spécialiste des Hyménoptères
Inventaire, non exhaustif, des différentes familles collectées et identifiées (Source : B. GILLES-2016)

Inventaire, non exhaustif, des différentes familles collectées et identifiées (Source : B. GILLES-2016)

Les Formicidae sont étudiées par moi-même dans un premier temps pour ensuite, si des données se révèlent intéressantes, être confirmées par Brian Fisher, spécialiste californien des fourmis.

De nombreux autres spécimens ne sont pour l’heure pas encore en phase de détermination : leur étude se fera dans les mois à venir. En effet, en raison de la faible connaissance de l’entomo-faune malgache, de l’absence de classification pour de nombreuses familles et d’une carence en spécialistes, la détermination de nombreux spécimens reste impossible.

Dans l’attente d’un retour des spécimens et des premiers résultats, voici un album photo de la mission Makay 2016…

  • Vous pouvez également lire mon témoignage sur le site de Naturevolution : ici.

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Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique

Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

Makay, les aventuriers du monde perdu [Blu-ray 3D] (Evrard Wendenbaum & Pierre Stine – 98mn – 14 décembre 2011)

De retour du massif du Makay depuis le 1er mai : ce compte-rendu est posté tardivement, veuillez m’en excuser, en raison d’un changement de vie professionnelle qui a suivi aussitôt (toujours dans les insectes), laissant peu de place pour vous narrer cette aventure au bout du monde – qui existe vraiment, je le confirme ! –

L’aventure débute le dimanche 10 avril lorsque les équipes de Naturevolution nous récupèrent à l’hôtel Jacaranda dans le centre d’Antananarivo : direction Antsirabé, pour une nuit au Soa GuestHouse. Suit une journée de 12h de route (au confort incertain) en 4×4 afin de rallier la ville de Ranohira 521km plus au sud. Après une courte nuit au Momo Trek, destination le village de Beroroha qui nécessitera 13h de piste et la traversée de la rivière Mangoky, à l’aide d’une embarcation de fortune. Enfin, le lendemain (mercredi) en fin d’après-midi et après encore quelques heures de pistes, nous voici dans le village de Beronono, aux portes du massif du Makay que l’on a en visuel !

Arbres brûlés après le passage d'un feu de brousse - route de Beronono (Source : © B. GILLES)

Arbres brûlés après le passage d’un feu de brousse – route de Beronono (Source : © B. GILLES)

Premier constat, bien que la région soit éloignée et difficile d’accès, les pressions anthropiques, notamment les feux de brousse, sont visibles et grignotent peu à peu la forêt au détriment d’une savane à perte de vue. Les populations indigènes utilisent la technique du brulis pour favoriser la repousse de jeunes tiges d’herbacées dont se nourrissent leurs zébus. L’absence de contrôle et la sécheresse favorisent la propagation des flammes sur des kilomètres carrés et des jours durant.

Une fois pénétré dans le massif du Makay, à pied dorénavant, se dévoile une nature à la fois riche, sauvage et unique, préservée au sein d’un labyrinthe rocheux qui-impénétrable aux paysages époustouflants et saisissants ! Chaque journée de marche apporte son lot de découvertes, d’émerveillement, d’observations d’une faune et d’une flore rares mais aussi des échanges humains riches et amicaux avec des personnes du groupe et les populations locales.

Pénétrant toujours plus profondément au fil des jours, en suivant les guides, se profile à l’horizon le camp de Naturevolution, situé sur la rive droite de la rivière Menapanda, à 4h de marche du village de Stivoko. Il sera notre base pour les 5 prochains jours.

Panorama de la rivière Menapanda, du camp de base et du labyrinthe rocheux du Makay (Source : © B. GILLES)

Panorama de la rivière Menapanda, du camp de base et du labyrinthe rocheux du Makay (Source : © B. GILLES)

Durant ces quelques jours coupés du monde, l’exploration de canyons toujours plus étroits, profonds et humides, et de sommets toujours plus hauts et secs, est une expérience intense autant sur le plan physique qu’émotionnel : le spectacle qu’offre la nature est simplement grandiose. Il nous été donné l’opportunité de partir deux jours en exploration, dont une nuit à la belle étoile, avec le strict minimum. Dormir dans cette nature, dont on ressent à la fois la force et la vulnérabilité, renforce la sensation d’être réellement au bout du monde et de vivre un moment rare et exceptionnel.

Après un séjour de deux jours dans le village de Stivoko et une mémorable partie de foot avec les enfants, le retour débute le mardi 26 avril. Une dernière nuit sur les berges sableuses de la Mangoky puis le monde moderne revient peu à peu : Ranohira, Antsirabé et enfin Antananarivo le 29 avril.

Le sentiment est ambigu : heureux d’avoir pu vivre cette aventure incroyable mais également triste de quitter une ambiance, une équipe et une nature aussi captivante.

La réadaptation au monde moderne fut un peu difficile : plusieurs kilos en moins, un esprit en partie resté dans le Makay, reprise d’une vie où la notion de temps prend tout son sens.

Capture d'une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)

Capture d’une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)

Ma mission, comme entomologiste, était de collecter l’entomofaune croisée au cours de notre passage dans les sites reculés du massif du Makay. En raison d’une saison sèche précoce, les criquets migrateurs, déjà en vol, avait un mois d’avance, et une période de pleine lune tout au long du séjour, les conditions environnementales et climatiques étaient au final, hélas, peu favorables à la présence d’une grande diversité d’insectes. Cependant, ce sont près de 200 spécimens de plusieurs ordres et familles (Hemiptera, Diptera, Carabidae, Formicidae, Vespidae…) qui ont pu être collectés.

Le massif du Makay demeurant dans sa majorité peu étudié, offre une possible opportunité d’apporter des données inédites pour la science.

Un long travail reste à réaliser : description des individus et détermination des espèces, avec l’espoir de découvrir de nouvelles espèces, puis publication des résultats.

Pour cela, des scientifiques et des passionnés d’entomologie, spécialistes des familles collectées et de la faune de Madagascar, vont apporter leur compétences et contribution à ce projet. L’inventaire est en cours et les premières études des spécimens pourront débuter dans les prochaines semaines.

Vous serez informés du déroulement de ce travail.

  • Découvrez le second compte rendu ici.
  • Retrouvez mon témoignage sur le site de Naturevolution

Je souhaite remercier l’ensemble des personnes qui ont apporté leur aide, soutien, confiance et professionnalisme à la réalisation de cette mission d’exploration, de cette aventure et m’ont ainsi permis de vivre cette expérience à la fois scientifique et humaine. Votre contribution va permettre aux acteurs engagés sur place : Naturevolution et ProjetsPlusActions, d’oeuvrer à la préservation de cette région et de soutenir le développement socio-économique et éco-touristique des populations locales.

Un grand merci à tous !

Benoît GILLES

Album photos

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Remerciements
Sponsors
  • Décathlon Champniers – Participation à l’acquisition de matériel (tente, chaussures, sac à dos, vêtements, lampe frontale…)
  • Fournisseurs de tubes de collecte : OPIE & Pierre DELOBEL – INRA Montpellier
Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique 

– Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

– Makay, les aventuriers du monde perdu [Blu-ray 3D] (Evrard Wendenbaum & Pierre Stine – 98mn – 14 décembre 2011)

Projet Makay – Madagascar 

10 au 29 avril 2016
Moi en forêt guyanaise, station des Nouragues - 2009 (Source : Benoît GILLES)

Moi en forêt guyanaise, station des Nouragues – 2009 (Source : Benoît GILLES)

Je participe en avril à une mission d’exploration scientifique à Madagascar dans une région riche d’une biodiversité unique et inconnue de la science : la région du Makay, dans le but de contribuer à sa préservation.

Vous pouvez retrouver les deux comptes rendus de la mission (1 et 2) ainsi que mon témoignage sur le site de Naturevolution. 

II) Présentation détaillée du projet
  • La région du Makay

Au XXIème siècle, des régions du monde demeurent encore peu explorées et renferment une biodiversité inconnue de la science.

Situation géographique de la région du Makay à Madagascar

Situation géographique de la région du Makay à Madagascar (Source : © Naturevolution)

Au centre-ouest de l’île de Madagascar figure l’une d’entres elles : la région du Makay. D’une superficie de 150 km x 50 km, cette zone est constituée d’un massif de roches cristallines datant de plusieurs centaines de millions d’années. Le Makay est à la fois l’une des oeuvres de la nature les plus monumentales qui soit et un emblème de Terra Incognita – son existence étant même peu connue de la plupart des malgaches -.

Le massif est formé de hauts plateaux couverts en partie par de la forêt ou par une végétation arbustive/herbacée typique de l’ouest de Madagascar et de profonds canyons creusés par des millions d’années d’érosion abritant une végétation humide similaire aux forêts de l’est de l’île.

Les espèces animales et végétales de cette région, isolées des autres populations depuis des millions d’années, ont évolué dans des niches écologiques particulières engendrant un taux exceptionnel d’endémisme (espèce dont l’aire de répartition est spécifique à une zone précise).

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(Source : © Evrad Wendenbaum)

Ces mécanismes géologiques et biologiques uniques au monde font du massif du makay un sanctuaire et un coffre-fort de biodiversité protégé des activités humaines par son relief escarpé. Cependant, des pressions et des dégradations d’origine anthropique de plus en plus présentes et intenses menacent son existence.

  • Projet

Le projet, mené par les associations Naturevolution et Projets Plus Actions depuis plusieurs années, sous l’impulsion d’Evrad WENDENBAUM, consiste à explorer la région et à inventorier les richesses biologiques et archéologiques pour confirmer la preuve du caractère exceptionnel du massif du Makay auprès des autorités malgaches afin que des mesures de sauvegarde et de préservation soient mises en place rapidement.

La mission qui aura lieu du 10 au 29 avril 2016, et à laquelle je souhaite participer, s’inscrit dans ce processus et permettra de (suite…)