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Les mantes, groupe fascinant d’insectes qui sont connus de tous pour leur voracité (certains diront leur cannibalisme), sont visibles quasiment partout dans le monde. Seuls les pôles et les milieux d’altitude très élevée n’accueillent pas d’espèces. Ailleurs, elles se rencontrent des déserts africains aux zones humides et relativement vierges des différents grands blocs forestiers de la planète, en passant par les régions tempérées, les montagnes…

Couple de Mantis religiosa – Mâle étant sur la femelle, plus grande (Source : N. Moulin)

Les mantes sont les plus diversifiées en Afrique (plus de 900 espèces décrites), puis en Asie (plus de 550 espèces), en Amérique (plus de 420 espèces), en Océanie (plus de 165 espèces), enfin en Europe (avec environ 25 espèces). En France métropolitaine, il est possible d’en observer 8 espèces, dont la plus connue est Mantis religiosa (Mantidae), visible du sud au nord de l’Hexagone (photo ci-contre).

Ressemblante, mais beaucoup plus méridionale, Iris oratoria (famille des Tarachodidae) est remarquable avec ses patterns de couleurs sur les ailes postérieures. Complètement différente, Empusa pennata (Empusidae), aussi appelé le « diablotin », constitue souvent une figure emblématique dans les ouvrages et revues de nature avec son cône céphalique, ses longues pattes et ses multiples extensions foliacées situées un peu partout sur son corps.

Les autres mantes que l’on rencontre en France, de taille plus réduite, sont souvent géophages ou apprécient la strate herbacée rase. Il y a les Ameles (Mantidae) (Ameles spallanziana et A. decolor) qui se distinguent par leur morphologie plus ou moins trapue et la forme des yeux. Geomantis larvoides (Mantidae), aptère, petite, a un tubercule derrière les yeux. Pseudoyersinia brevipennis (Mantidae) n’a pas été revue dans le Var depuis 1860, alors qu’elle est présente sur le pourtour méditerranéen. Enfin, Perlamantis alliberti, une toute petite mante brune au pronotum presque carré, appartient à la famille des Amorphoscelidae.

Mantes de France

Description des espèces françaises de mantes – Habitus des différentes espèces en bas de page (Source : Nicolas Moulin)

L’ordre des Mantodea appartient au Super-ordre des Dictyoptera, au même titre que les blattes (ordre des Blattodea) (lire cet article). Actuellement, les mantes comptent près de 2500 espèces valides, parmi 16 familles (sans compter les familles des mantes fossiles) : Mantodea.speciesfile.org. Il y a encore 90 ans nous en étions qu’à 1800 espèces environ. Le nombre d’espèce décrites depuis un siècle est dû au travail de « fourmis » de plusieurs entomologistes reconnus mondialement : Beier, Giglio-Tos, Rehn, Kaltenbach, Roy, … Et plus récemment, Svenson, Stiewe, Rivera, … et toujours Roy ! Depuis 1927, date de la dernière grande « faune » sur les mantes, ce ne sont que descriptions d’espèces éparses et révisions de genre qui sont produites. Est-ce qu’un jour, un ou plusieurs entomologistes se chargeront de l’actualiser ? Pourquoi faudrait-il actualiser ?

Depuis 90 ans donc, les publications sur la taxonomie des mantes sont éparses : les descriptions sont isolées dans des articles scientifiques ici ou là ; des révisions de genre, de sous-famille sont publiées, ici en français, là-bas en anglais… Le séquençage ADN (cf. encadré ci-dessous) a fait son apparition. Les études génomiques réorganisent le phylum des Mantodea, avec la création récente, par exemple, de la famille des (suite…)

Interview de Nicolas MOULIN
Entomologiste indépendant
Bureau d’étude et d’expertise en entomologie

 

154345_487296362146_4497670_nNicolas MOULIN est un jeune entomologiste indépendant qui a créé son bureau d’étude et d’expertise en entomologie il y a 9 ans. Vous pourrez découvrir ces activités très riches à cette adresse : http://www.nmentomo.fr

Je souhaite remercier Nicolas d’avoir accepté de répondre à mes questions, de sa réactivité, de son enthousiasme et de sa gentillesse. Nicolas nous fait ainsi découvrir une autre manière de vivre de l’entomologie.

  • Bonjour Nicolas, peux-tu nous présenter qui tu es et d’où tu viens ?

J’ai 34 ans, je suis entomologiste à mon compte depuis 9 ans (avec un ou deux salariés depuis 5 ans). Je suis originaire de Paris et maintenant rouennais d’adoption à cause d’une thèse non financée et de choix à faire dans la vie de ma compagne.

  • D’où te vient ta passion pour l’entomologie, et qu’est-ce qui t’intéresse chez les insectes ?

Cette passion m’est venue il y a bien longtemps alors que j’allais en vacances à la campagne dans le Limousin chez mes grands-parents maternels. Ma grand-mère était fascinée par les papillons et en épinglait quelques-uns. J’ai pris le virus en courant la campagne et en écumant les sentiers de montagnes des Alpes avec mes parents, ainsi que les rochers d’escalade.

Chez les insectes, leur diversité et leur capacité d’adaptation m’étonnent toujours.

  • Tu as fait de ta passion un métier, c’est une réelle chance. Explique nous en quoi il consiste et quelles sont les différentes activités que tu réalises et que tu proposes. Travailles-tu seul ou en collaboration avec d’autres entomologistes, bureaux d’études et/ou collectivités ?

C’est une chance… Oui car je vis de ma passion. Mais je suis entrepreneur… Et ce n’est pas facile tous les jours.

Nicolas MOULIN au cours d'un atelier Entomo au Parc National de Lopé - Gabon (2014) (Source : Barbara EVRARD)

Nicolas MOULIN au cours d’un atelier Entomo au Parc National de Lopé – Gabon (2014) (Source : Barbara EVRARD – Université de Rouen)

Mon entreprise propose principalement des services d’expertises, de suivis d’espèces/populations, de diagnostics et d’études d’impact. Elle propose aussi des formations en entomologie et en création d’entreprise dans le domaine de l’environnement. Enfin, quelques animations nous permettent de se raccrocher aux humains et de ne pas rester seuls avec nos chers insectes.

Comme je le disais, j’ai travaillé seul les quatre premières années. J’ai eu plusieurs salariés avant de stabiliser mes collaborations avec une collaboratrice très douée. J’en suis réellement satisfait et nous travaillons bien ensemble (je crois !).

Nous sommes tout autant disposés à travailler seuls qu’en collaboration avec des bureaux d’études, des instituts de recherche, des collectivités locales. Ce sont les marchés publics qui (suite…)