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Présentation d’une espèce de fourmis rencontrée au cours de mon séjour au STRI au Panama

  • Les fourmis « volantes » du genre Cephalotes

Les fourmis du genre Cephalotes (Famille des Myrmicinae et Tribu des Cephalothini) sont principalement présentes dans les forêts tropicales d’Amérique centrale et du sud.

Cephalotes à l'entrée de leur nid dans un troc d'arbre - Photo B. GILLES

Cephalotes à l’entrée de leur nid dans un troc d’arbre – ©Photo B. GILLES

Ce sont des espèces uniquement arboricoles, construisant leur nid dans des tiges et des troncs d’arbres vivants ou morts. Leur biologie n’est pas très bien connue, mais elles semblent se nourrir d’une large gamme d’aliments d’origine végétale et animale (pollen, insectes, fientes d’oiseaux, animaux morts, etc.), elles sont considérées comme omnivores. Les colonies, selon les espèces, contiennent d’une dizaines d’ouvrières à près de 10 000 comme chez Cephalotes atratus.

Ces fourmis sont connues par leur morphologie singulière. Toutes les espèces de ce genre sont caractérisées par une (suite…)

Présentation d’une espèce typique de fourmis du Panama rencontrée au cours de mon séjour au STRI

  • Les fourmis « légionnaires », genre Eciton

Les fourmis du genre Eciton sont dites « légionnaires » en raison de leur mode de vie nomade et de leur technique de chasse qui consiste à capturer tout animal se trouvant sur leur passage. Plusieurs espèces se rencontrent dans les forêts tropicales de l’Amérique centrale et du sud.

C’est au cours de mon séjour au Panama, que j’ai eu la chance de pouvoir observer l’espèce Eciton burchellii, qui est grandement étudiée sur l’île de Barro Colorado au Panama. Lorsque l’on croise ces fourmis dans les sous bois de la forêt, leur vitesse, leur nombre, leur agressivité et surtout le bruit qu’elles font en marchant ne laissent pas indifférent. Leur organisation m’a toujours fasciné, de pouvoir les observer dans leur environnement naturel a été un réel bonheur pour moi.

Eciton Burchellii soldat mordant mon doigt

Eciton Burchellii soldat mordant mon doigt -©Photo B. GILLES

Comme chez beaucoup d’espèces de fourmis, il existe un fort polymorphisme chez les ouvrières, formant des castes. Ainsi, 3 castes sont décrits : 1) les Minor (petite taille) dont le rôle est de s’occuper des oeufs et des larves, 2) les Media (taille moyenne) dont le rôle est de récolter la nourriture et de former le bivouacs, 3) les Majors (grande taille), également appelés Soldats (voir photo), dont le rôle est la protection de la colonie. Les soldats sont reconnaissables à leur tête volumineuse et surtout à leurs mandibules longues, fines et recourbées.

A savoir : les soldats ne peuvent ouvrir leurs mandibules une fois qu’ils ont mordu, pour les enlever il est nécessaire de casser la tête et de tout arracher. Je crois que certaines tribus humaines se servent de ces fourmis comme agrafes et points de sutures….

Un autre exemple est présenté chez l’espèce du genre Atta (« fourmis champignonnistes ») : ici.

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Avec cet album photo, vous pourrez visiter le petit village de Gamboa, au bord du canal de Panama, et à proximité du Parc National de Soberania.

J’ai eu la chance d’y séjourner 6 mois dans le cadre d’une mission scientifique sur les papillons tropicaux du genre Heliconius. Sur Gamboa, le Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) possède en centre de recherche avec des serres d’élevages à papillons.

Ce village est un site exceptionnel en raison d’une nature préservée, de la richesse de la biodiversité et de la beauté des paysages.

Aperçu de la Faune & de la Flore que j’ai pu rencontré au cours de mon séjour de 6 mois sur le site de Gamboa (Panama). Ce séjour a été organisé dans le cadre d’un projet de recherche scientifique sur la génétique du mimétisme de papillons tropicaux du genre Heliconius.

Pour avoir plus d’informations, suivre ces liens : STRI et MNHN

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Vidéos :

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Durant mon séjour à Gamboa, j’ai fait la connaissance et sympathisé avec Patrick, un français passionné de pêche, en séjour pour assouvir sa passion. Les parties de pêche se sont déroulées sur le canal de Panama, sur le Rio Chagres, une rivière dont l’embouchure se situe sur le commune de Gamboa et également près de l’île de Barro Colorado.

Cette île est totalement protégée et est une aire de recherche scientifique reconnue dans le monde entier. Des scientifiques de toutes les disciplines viennent y étudier le monde vivant (plus d’informations).

Je veux encore le remercier de m’avoir offert tous ces moments inoubliables!

Avec cet album, je souhaite vous montrer l’ambiance dans laquelle nous étions.

Mon séjour à Gamboa, au Panama, s’est fait dans le cadre d’un programme de recherche sur des papillons tropicaux du genre Heliconius (pour en savoir plus : ici).

 

 

 

 

 

 

 

Ma mission de recherche au Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) à Gamboa, Panama consistait à réaliser un élevage de l’espèce Heliconius hecale et de mener des hybridations entre de populations de coloration différentes, en savoir plus : ici.

Ce projet s’intègre dans un cadre plus large d’un programme de recherche en génétique évolutive sur le mimétisme mené au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (plus d’infos ici). 

Pour en savoir davantage sur la biologie et l’écologie de ces papillons, suivre ce lien.

Pour en savoir davantage sur l’histoire évolutive des Heliconius et sur l’origine de leur coloration mimétique, suivre ce lien.

Vidéos :

  • Ponte

  • Eclosion

  • Chenille

Suite à ma mission de recherche sur les Heliconius menée au Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) à Gamboa au Panama, j’ai proposé à la revue Insectes de l’OPIE (Office  Pour les Insectes et l’Environnement) d’écrire un article sur mes travaux.

Ils ont accepté volontiers, et l’article est paru dans le numéro 156 de mars 2010.

Je vous le mets ici pour que vous puissiez le lire.

Heliconius Version Pdf

 

Contexte de la mission :

J’ai intégré de 2008 à fin 2009, le laboratoire de « Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité », UMR 7205, du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN).

L’équipe de Mathieu JORON mène des recherches scientifiques en génétique évolutive afin de décrire les processus génétiques et adaptatifs à l’origine d’un important système intra et inter-spécifique de mimétisme chez des papillons tropicaux, d’Amérique centrale et du sud, du genre Heliconius.

Ces papillons sont un très bon modèle d’études pour comprendre comment la sélection naturelle crée de nouvelles espèces, de nouveaux phénotypes et comment ces espèces interagissent entre elles.

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Les papillons du genre Heliconius

Les Heliconius sont des papillons que l’on rencontre dans les forêts tropicales d’Amérique centrale et sud. Ils sont notamment connus et étudiés par la science pour leur capacité à se mimer entre eux et à s’adapter rapidement aux changements de couleur et de comportement. Au sein de chaque espèce existe des populations qui présentent des pattern de coloration différents, semblables à d’autres populations d’espèces différentes situées dans la même localité géographique.

Ce processus de mimétisme prend origine dans une structure particulière de leur génome et sur le principe Müllérien qui consiste à ressembler à des espèces toxiques pour échapper aux prédateurs qui apprennent à ne pas consommer une certaine coloration.

Une thématique sur laquelle j’ai eu la chance de travailler au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris : ici. Pour en savoir davantage sur les mécanismes génétique, je vous invite à lire cet article sur l’histoire évolutive de l’origine de la coloration de ces papillons.

En plus de ces particularités, les papillons Heliconius sont intéressants à d’autres points de vue.

Dans leur comportement alimentaire :

Contrairement aux autres papillons qui se nourrissent de nectar floraux, les Heliconius ont la particularité de s’alimenter de pollen. Grâce à leur proboscis (= la trompe), les

H. hecale melicerta se nourrissant de pollen récoltés sur son proboscis (trompe) - Photo de B. GILLES

H. hecale melicerta se nourrissant de pollen récoltés sur son proboscis (trompe) – Photo de B. GILLES

papillons collectent les grains de pollen qui s’y agrègent pour former une pelote (voir photo et vidéo ci-contre). Ensuite, par des actions mécaniques des mandibules et de sécrétions digestives (salive), le pollen est dégradé, absorbé et digéré.

Ce mode alimentaire est unique chez les papillons.

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