Catégorie : Missions scientifiques

  • Missions Microland – Exploration scientifique à Sao Tomé-et-Principe

    Missions Microland – Exploration scientifique à Sao Tomé-et-Principe

    Par Benoît GILLES

    L’archipel de São Tomé-et-Príncipe est caractérisé par un taux d’endémicité de sa faune et de sa flore unique au monde, résultat d’une longue histoire évolutive isolée du continent africain. Cette particularité classe ce territoire parmi les principaux points chauds de biodiversité insulaires du monde, à égalité avec les archipels de Galápagos et d’Hawaii. Riche de forêts équatoriales humides primaires (classées en 1988 au deuxième rang parmi 75 forêts emblématiques d’Afrique pour leur intérêt biologique), São Tomé-et-Príncipe recèle des écosystèmes rares en très fort déclin à l’échelle mondiale et localement vulnérables.

    L’archipel  bénéficie aujourd’hui de mesures de protection ayant pour objectif de freiner l’érosion de sa biodiversité : le Parc national de Obô et la Zone écologique de Príncipe créés en 2006 (Patrimoine Mondial de l’Unesco). Pour autant, les besoins de connaissance portant sur la biodiversité et les écosystèmes demeurent importants, particulièrement dans certains groupes taxonomiques (champignons et lichens, insectes, bryophytes, etc.).

    En partenariat avec le Consulat de São Tomé-et-Príncipe de Marseille, le SIAT, Birdlife et l’association Tools For Nature, Microland porte depuis le début d’année 2018 un programme de valorisation et d’étude de la biodiversité de ce territoire d’exception : le Projet São Tomé-et-Príncipe « archipel de biodiversité ».

    L’action de Microland et de ses partenaires s’inscrit dans deux objectifs principaux :

    1. Promouvoir et valoriser le patrimoine naturel avec un réseau d’acteurs locaux
    2. Améliorer les connaissances portant sur la diversité biologique de l’archipel de São Tomé-et-Príncipe

    Depuis plusieurs années, l’ONG Microland accompagne la volonté des autorités de l’archipel de Sao Tomé-et-Principe à valoriser et à préserver leur patrimoine naturel riche et unique. Pour cela, Microland a quadrillé l’archipel de façon importante ces dernières années, en partenariat avec le gouvernement, ce qui a permis d’établir une collection de référence sur une base de 250 espèces découvertes à décrire et une vingtaine de publications scientifiques.

    En savoir plus sur notre contribution à la connaissance des coléoptères de São Tomé et Annobón au sein de l’ouvrage « Biodiversity of the Gulf of Guinea Oceanic Islands », Luis M. P. Ceríaco, Ricardo F. de Lima, Martin Melo, et Rayna C. Bell. ; en collaboration avec Microland (lien).  

    Vous pouvez découvrir les travaux de publications de l’équipe sur ResearchGate.

    Aujourd’hui, il s’agirait de poursuivre ce travail de recherche et de sensibilisation en finançant la 6ᵉ mission sur l’archipel. L’enjeu serait porté sur des secteurs inconnus vers des endroits éloignés, en empruntant des moyens terrestres, marins, avec comme visée les derniers vestiges des forêts primaires restantes. 

    Une nouvelle mission d’étude de la canopé sera menée avec un cordiste, Vincent qui mènera une étude des dendrotelmes. Cela désigne un microhabitat aquatique contenu dans le creux d’un arbre et qui accueille de nombreuses espèces animales, végétales ou fongiques inféodées dans des cavités arboricoles (réservoirs d’eau, petits écosystèmes végétaux, fougères dans lesquels on trouve des espèces très spécifiques nouvelles).

    La dernière expédition d’exploration scientifique organisée par Microland s’est dérouler du  20 août au 10 septembre 2023

    En soutenant le projet São Tomé-et-Príncipe « archipel de biodiversité », vous aiderez Microland et ses partenaires à :

    • Déployer avec des acteurs locaux des micro-projets déjà instaurés de valorisation de la biodiversité (serre à papillons, etc.)
    • Organiser l’intendance nécessaire aux inventaires de biodiversité.
    • Améliorer les connaissances entomologiques portant sur des groupes taxonomiques méconnus à São Tomé-et-Príncipe.

    L’argent des donations sert à financer la recherche et les dispositifs mis en place pour son développement, ainsi vous nous aiderez à couvrir une partie des frais de l’expédition, les déplacements, la logistique, le matériel.

    L’association étant d’intérêt général, nous pouvons proposer des reçus fiscaux aux donateurs.

    Merci à tous les futurs participants qui nous aiderons à financer ce projet, chaque contribution sera d’une aide précieuse pour nous ! Tous les contributeurs se verront attribuer à titre symbolique une carte de membre de l’association Microland ainsi que d’autres contreparties.

    Pour plus de renseignements n’hésitez pas à nous contacter par mail ! 


    Dernières publications et descriptions de nouvelles espèces : 
    [pdf-embedder url= »https://passion-entomologie.fr/wp-content/uploads/2023/10/Faunitaxys_f257-Melanophilharmostes-gillesi.pdf » title= »Sao Tomé-2023″] [pdf-embedder url= »https://passion-entomologie.fr/wp-content/uploads/2023/05/Faunitaxys_f224-Litargus-Sao-Tomé.pdf » title= »Sao Tomé-2022″] [pdf-embedder url= »https://passion-entomologie.fr/wp-content/uploads/2023/05/Faunitaxys_f218-Oedichirus-georgesi.pdf » title= »Sao Tomé-2022″] [pdf-embedder url= »https://passion-entomologie.fr/wp-content/uploads/2023/05/Faunitaxys_f222-Calanthemis-filippii.pdf » title= »Sao Tomé-2022″]
  • Mission d’exploration scientifique : Sao Tomé-et-Principe (2023) – Un voyage à gagner avec l’équipe !

    Mission d’exploration scientifique : Sao Tomé-et-Principe (2023) – Un voyage à gagner avec l’équipe !

    Par Benoît GILLES

    L’archipel de São Tomé-et-Príncipe est caractérisé par un taux d’endémicité de sa faune et de sa flore unique au monde, résultat d’une longue histoire évolutive isolée du continent africain. Cette particularité classe ce territoire parmi les principaux points chauds de biodiversité insulaires du monde, à égalité avec les archipels de Galápagos et d’Hawaii. Riche de forêts équatoriales humides primaires (classées en 1988 au deuxième rang parmi 75 forêts emblématiques d’Afrique pour leur intérêt biologique), São Tomé-et-Príncipe recèle des écosystèmes rares en très fort déclin à l’échelle mondiale et localement vulnérables.

    L’archipel  bénéficie aujourd’hui de mesures de protection ayant pour objectif de freiner l’érosion de sa biodiversité : le Parc national de Obô et la Zone écologique de Príncipe créés en 2006 (Patrimoine Mondial de l’Unesco). Pour autant, les besoins de connaissance portant sur la biodiversité et les écosystèmes demeurent importants, particulièrement dans certains groupes taxonomiques (champignons et lichens, insectes, bryophytes, etc.).

    En partenariat avec le Consulat de São Tomé-et-Príncipe de Marseille, le CIAT, Birdlife et l’association Tools For Nature, Microland porte depuis le début d’année 2018 un programme de valorisation et d’étude de la biodiversité de ce territoire d’exception : le Projet São Tomé-et-Príncipe « archipel de biodiversité ».

    L’action de Microland et de ses partenaires s’inscrit dans deux objectifs principaux :

    1. Promouvoir et valoriser le patrimoine naturel avec un réseau d’acteurs locaux
    2. Améliorer les connaissances portant sur la diversité biologique de l’archipel de São Tomé-et-Príncipe

    Depuis plusieurs années, l’ONG Microland, fondée par Gérard Filippi (lien), accompagne la volonté des autorités de l’archipel de Sao Tomé-et-Principe à valoriser et à préserver leur patrimoine naturel riche et unique. Pour cela, Microland a quadrillé l’archipel de façon importante ces dernières années, en partenariat avec le gouvernement, ce qui a permis d’établir une collection de référence sur une base de 250 espèces découvertes à décrire et une vingtaine de publications scientifiques.

    En savoir plus sur notre contribution à la connaissance des coléoptères de São Tomé et Annobón au sein de l’ouvrage « Biodiversity of the Gulf of Guinea Oceanic Islands », Luis M. P. Ceríaco, Ricardo F. de Lima, Martin Melo, et Rayna C. Bell. ; en collaboration avec Microland (lien).  

    Vous pouvez découvrir les travaux de publications de l’équipe sur ResearchGate.

    Aujourd’hui, il s’agirait de poursuivre ce travail de recherche et de sensibilisation en finançant la 6ᵉ mission sur l’archipel. L’enjeu serait porté sur des secteurs inconnus vers des endroits éloignés, en empruntant des moyens terrestres, marins, avec comme visée les derniers vestiges des forêts primaires restantes. 

    Une nouvelle mission d’étude de la canopée sera menée avec un cordiste, Vincent qui mènera une étude des dendrotelmes. Cela désigne un microhabitat aquatique contenu dans le creux d’un arbre et qui accueille de nombreuses espèces animales, végétales ou fongiques inféodées dans des cavités arboricoles (réservoirs d’eau, petits écosystèmes végétaux, fougères dans lesquels on trouve des espèces très spécifiques nouvelles).

    La prochaine expédition d’exploration scientifique organisée par Microland va se dérouler du  20 août octobre au 10 septembre 2023

    En soutenant le projet São Tomé-et-Príncipe « archipel de biodiversité », vous aiderez Microland et ses partenaires à :

    • Déployer avec des acteurs locaux des micro-projets déjà instaurés de valorisation de la biodiversité (serre à papillons, etc.)
    • Organiser l’intendance nécessaire aux inventaires de biodiversité.
    • Améliorer les connaissances entomologiques portant sur des groupes taxonomiques méconnus à São Tomé-et-Príncipe.

    L’argent des donations sert à financer la recherche et les dispositifs mis en place pour son développement, ainsi avec 8 000 € vous nous aiderez à couvrir une partie des frais de l’expédition, les déplacements, la logistique, le matériel (lien).

    L’association étant d’intérêt général, nous pouvons proposer des reçus fiscaux aux donateurs.

    Merci à tous les futurs participants qui nous aiderons à financer ce projet, chaque contribution sera d’une aide précieuse pour nous ! Tous les contributeurs se verront attribuer à titre symbolique une carte de membre de l’association Microland ainsi que d’autres contreparties (voir colonne de droite).


    Pour en savoir davantage et vous souhaitez soutenir le projet, une cagnotte est disponible

    Un voyage avec l’équipe est à gagner au tirage au sort !


    Dernières publications et descriptions de nouvelles espèces : 
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  • Makay 2017 : Compte-rendu

    Makay 2017 : Compte-rendu

    J’ai eu le plaisir de m’investir cet été dans une mission d’exploration scientifique pluridisciplinaire dans le massif du Makay à Madagascar (21 juillet – 2 septembre 2017).

    Mon premier séjour dans cette région, en avril 2016, m’a permis d’approcher le potentiel unique et le potentiel tant faunistique que floristique du massif du Makay. Fort de ce constat, j’ai souhaité m’impliquer et contribuer à la fois à son étude scientifique et à sa préservation en participant à cette mission.

    Mon souhait était de répondre à plusieurs objectifs. Il s’agissait de collecter des insectes par l’utilisation de multiples stratégies d’échantillonnage : pièges Malaise et d’interception, filer fauchoir, battage (parapluie japonais), pièges lumineux et attractifs (lire cet article) et de réaliser des inventaires n’ayant jamais été entrepris dans le massif du Makay (inventaires verticaux sur les parois des falaises, inventaires dans la canopée, etc.) afin d’apporter des données nouvelles pour la science et pour argumenter en faveur de la préservation du site.

    Une grande quantité de matériel a pu être rassemblée, provenant pour l’essentiel de prêts d’entomologistes à travers la France, tant amateurs que professionnels (liste et remerciement en bas de page).

    Déroulement
    Situation géographique des camps de l’expédition Makay 2017 (Source : Naturevolution)

    Il était initialement prévu au départ de séjourner dans le sud du Makay (voir cet article) (camp Makaikely) mais des changements dans l’organisation sont venus dès le début de la mission contrarier le programme scientifique et logistique. Au lieu de trois camps (nord, centre, sud), ce furent seulement deux camps, au nord, qui furent établis pour les trois premières semaines. Après une semaine de transit, je me suis donc installé pour huit jours dans le camp de Mahasoa, au nord du massif, avec d’autres membres de l’équipe, notamment la botaniste Catherine Reeb (Laboratoire ISYEB-MNHN) et le carcinologiste Jean-François Cart (Expert IUCN).

    Le campement se situait dans les forêts de Mahasoa et de Beroha, sur une rive sablonneuse proche de falaises et de forêts à la fois préservées et anthropisées (photos ci-dessus).

    Une succession de problèmes d’organisation et de logistique ont perturbé voire empêché un grand nombre d’activités de recherche : changement de programme et prise de décision sans cesse remise en cause, nombre d’écovolontaires trop important et ne permettant pas le transport dans un délai et des conditions raisonnables, un temps de présence sur les camps de ce fait trop court, une réception tardive, voire absente, absence de matériel scientifique et de travail : pas de dôme scientifique, pas de chaises, pas d’électricité en quantité suffisante, pas de table où installer les laboratoires de travail (loupes binoculaires, ordinateurs, cahiers, échantillons, prise de vue photographique…), etc.

    Il fut donc plus que regrettable qu’un tel manque d’organisation ait pu venir perturber et empêcher le travail dans une région aussi biologiquement riche et dont l’intérêt était précisément son isolement.

    Activités de recherche

    Malgré toutes ces difficultés, il a été possible d’installer et d’utiliser les pièges Malaise et lumineux (photos ci-dessous). Afin d’étudier les variations de la diversité et la répartition de l’entomofaune entre différents types d’habitats, les trois pièges Malaise ont été installés dans trois habitats différents : une rive végétalisée, une rive faiblement végétalisme et un sous bois de forêts préservées. Le piège lumineux a été placé près du camp, une fois sur le sable et une autre fois à la cime d’un arbre. Ces collectes ont fait l’objet de dessins par Aurélie Auka (la dessinatrice de la mission) et de mon interview par Léo Grasset (Dirtybiology – Youtubeur) lors du piège lumineux de la canopée (Photos ci-dessous, le dessin d’Aurélie Auka sera prochainement publié et l’interview de Léo Grasset (DirtyBiology) est en attente de publication).

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    Les inventaires verticaux, quant à eux, n’ont pu être réalisés du fait de l’absence du matériel du moins durant ma présence sur le camp. Cela est décevant car la caractérisation de la répartition de l’entomofaune en fonction de la hauteur, de la luminosité, de l’humidité et de la végétation offrait de belles perspectives d’études scientifiques.

    La saison sèche et le froid nocturne expliquent que les collectes aient été peu diversifiées et peu abondantes. Les meilleurs échantillonnages ont été réalisés au filet fauchoir et au piège Malaise, bien que la durée de pose ait été trop courte pour ces derniers (8 jours au lieu de 3 semaines). L’ensemble des principaux ordres (Diptera, Coleoptera, Lepidoptera, Odonata, Heteroptera…) ont été observés, mais la quasi-totalité des captures concernait de petites espèces faiblement représentées.

    Premiers résultats

    Un premier inventaire a été réalisé sur place : identification, classement et conditionnement par ordre et famille lorsque cela été rendu possible sans matériel d’observation adapté (loupe, lumière, table…). Les individus ont été conditionnés dans l’alcool avec un code référence (lire cet article).

    • Nombre total d’individus identifiés et classés : 261
      • Pourcentage Coleoptera : 23%
      • Pourcentage Heteroptera : 20%
      • Pourcentage Diptera : 18%
      • Pourcentage Hymenoptera : 14%
      • Pourcentage Lepidoptera : 6,5%
      • Pourcentage Odonata : 3%
      • Pourcentage Orthoptera : 1,5%
      • Pourcentage autres : 11%
    • Pourcentage des captures en fonction des types de pièges
      • Filet fauchoir et battage : 44,4%
      • Pièges lumineux : 33,7%
      • Pièges Malaise : 15% (par manque de temps, les échantillons des pièges n’ont pu tous être identifiés et conditionnés individuellement – la proportion des collectes par ce procédé est en réalité bien plus élevé)

    Un inventaire plus complet et exhaustif sera publié dans les mois à venir. Les échantillons, restés à Madagascar dans l’attente des permis d’exportation, seront transmis aux entomologistes spécialistes pour détermination dès leur réception en France.

    [Best_Wordpress_Gallery id= »33″ gal_title= »Insectes – Makay »]

    Des observations naturalistes intéressantes ont été faites par les groupes d’autres disciplines comme l’ornithologie, l’archéologie, l’herpétologie, la mammalogie (lire l’encadré ci-dessous).

    Bilan scientifique général de l’expédition
    • Premières images de fossa (Cryptoprocta ferox) dans le massif du Makay – Plus grand prédateur de Madagascar
    • Premières découvertes de crustacés d’eau douce (crabes et crevettes) dans le massif du Makay
    • Observations d’une dizaine de nouvelles espèces d’amphibiens et de reptiles pour le massif, dont le serpent Langaha madagascariensis
    • Recensement de 10 des 14 espèces de rapaces diurnes de Madagascar
    • Echantillonnage de plusieurs spécimens de poissons du genre Pachypanchax – Probablement une nouvelle espèce pour la science (une seule population recensée)
    • Découverte de cinq nouveaux sites archéologique présentant des peintures pariétales
    Constat général

    Les trois semaines de mission ont été bien trop courtes. Sur 21 jours, la période sur le camp n’a représenté que hui jours. Le repérage du site et l’installation du matériel, comme la pose des pièges, occupent la première journée, puis le rangement de l’ensemble des affaires le dernier. Le temps effectif réservé aux collectes et aux études n’était au final que de six jours : ce qui est insuffisant pour satisfaire les ambitions et les attentes scientifiques.

    Remerciements
    Photo du groupe avant le départ du camp Mahasoa (Source : B. Gilles)

    Je souhaite vivement remercier l’ensemble des personnes qui, en ayant contribué matériellement et financièrement, m’ont permis de participer à cette mission (liste des personnes ci-dessous).

    Je remercie également tous mes camarades d’infortunes croisés durant mon séjour et avec qui j’ai passé de très bons moments !

     

     

     

     

    Liste des personnes ayant contribues matériellement et financièrement : 

    • Ma femme qui m’a laissé la possibilité de partir !
    • Famille, proches et collègues
    • Vincent Albouy (OPIE) : tubes de conditionnement
    • Jean-Michel Bérenger (entomologiste médicale – Timone) : tubes de collecte et matériels entomologiques
    • Jérôme Bréger (Entomo-Silex) : filets fauchoirs, parapluie japonais et lampe UV de poche
    • Franck Canorel (auteur du magazine : « Les Entomonautes« ) : tubes de collecte et matériels entomologiques
    • Adrien Debrix (Cycle Farms) : loupe binoculaires et matériels entomologiques
    • Serge Kreiter (CBGP) : tubes de collecte et matériels entomologiques (et acariens)
    • Philippe Macquet (Bio-Scene) : GPS
    • Bruno Meriguet (OPIE) : pièges d’interception
    • Jean-Jacques Peres (neurophysiologiste – entomologiste) : microscope numérique, caméra filaire, tubes et matériels entomologiques
    • Claire Villemant (MNHN) : pièges Malaise
    Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique

    – Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

    – Makay, les aventuriers du monde perdu [Blu-ray 3D] (Evrard Wendenbaum & Pierre Stine – 98mn – 14 décembre 2011)

  • Mission Makay – 2017

    Mission Makay – 2017

    Mission Makay – 2017

    Contribuer au financement d’une mission d’exploration scientifique dans le

    Massif du Makay – Madagascar

    Voici un an, avril 2016, je découvrais, parcourais et explorais une région à la fois isolée, riche d’une biodiversité unique, demeurant encore relativement préservée des pressions anthropiques et peu connue : le Massif du Makay.

    Ce voyage au bout du monde, comme éco-volontaire et entomologiste, avec les équipes de Naturevolution, m’a permis de confirmer l’intérêt scientifique d’étudier plus profondément cette région pour agir en faveur de sa préservation. Durant son exploration, j’ai réalisé un travail de collecte d’insectes (entomofaune) dans le but de participer à l’inventaire de la biodiversité.

    Du 22 juillet au 12 août 2017, je participe à la mission d’exploration scientifique d’envergure menée par Evrard Wendenbaum, fondateur de l’association Naturevolution et un groupe d’étudiants du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris : La Société des Jeunes Explorateurs.

    Pour en découvrir davantage sur le Massif du Makay et le voyage de l’an dernier, suivre ces liens : Mission Makay-2016 ; Compte-rendu 1 ; Compte-rendu 2

    Vous pouvez également trouver mon témoignage sur le site de Naturevolution

    Objectif de la mission

    L’objectif de cette mission est double : 1) réaliser un inventaire de la biodiversité ; 2) récolter des données biologiques et géologiques qui apporteront les connaissances et les preuves scientifiques du caractère exceptionnel et unique de cette région, auprès des autorités malgaches afin que des mesures de préservation et de conservation soient entreprises. Grâce aux précédentes missions menées par Naturevolution, comme celle de 2011 (extrait vidéo ci-dessous), le Massif du Makay fait désormais l’objet d’un statut d’aire protégée.

    La mission, pluridisciplinaire, est composée de nombreux spécialistes : botanique, ichtyologique, mammalogie, ornithologie, géologie… et entomologie, dont j’ai la responsabilité (lire ce lien)

    Les activités entomologiques consisteront à :

    • Explorer des sites et des écosystèmes peu ou pas étudiés présentant un fort intérêt scientifique comme la canopée, les mares temporaires et isolées, les souterrains (humides et secs) ou encore les grotte à chauve-souris.
    • Collecter un certain nombre de spécimens de diverses familles caractéristiques des différents habitats visités. Remarques : les prélèvements seront limités et raisonnés pour préserver l’équilibre et l’intégrité de populations pouvant parfois être très restreintes
    • Identifier les spécimens et les classer par ordre, famille et sous-famille pour une détermination plus précise auprès de spécialistes au retour de mission (ce travail demandant une expertise et un matériel spécifique, celui-ci ne peut s’effectuer sur place)
      Capture d’une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)
    • Conditionner les collectes : les spécimens seront placés dans des tubes avec de l’alcool pour garantir un bon état de conservation, et référencés dans une base de données indiquant les coordonnées GPS, le nom du collecteur, l’habitat et le jour de la collecte. Remarques : les spécimens de grande taille et facilement identifiables comme les Odonates (libellules) ou les Lépidoptères (papillons) seront étudiés uniquement sur photos afin de limiter les prélèvements
    • Inventorier et valoriser : l’ensemble des données collectées durant la mission (nombre d’espèces, répartition, taux de diversité, écologie…) va permettre de compléter l’inventaire et la connaissance de l’entomofaune, valorisable scientifiquement : publications, description possible de nouvelles espèces ; enterrées de communication (vidéos, reportages, exposition, articles de vulgarisation…) ; et en démontrant la richesse biologique unique du Massif auprès des autorités malgaches

    Pour en savoir davantage sur les méthodologies de collecte des insectes et leur conditionnement : lire ces articles.  

    Comment contribuer ?

    Vous portez un intérêt aux problématiques de préservation de l’environment et de la biodiversité, vous vous demandez comment contribuer à votre échelle : cette mission constitue l’occasion de participer à l’un des plus grands défis et enjeux du 21ème siècle !

    Pour cela, vous pouvez effectuer un don de plusieurs manières :

    1. Don défiscalisable (66%) : rendez-vous sur le site de ProjetsPlusActions (pour les personnes payant des impôts en France uniquement)
    2. Don direct : Paypal (benoit_gilles@hotmail.fr)
    3. Don de matériels ou autre : pour cela, me contacter directement à cette adresse : passion-entomologie@hotmail.fr

    La mission se déroulera du 22 juillet au 12 août 2017 (3 semaines). L’ensemble des frais s’élèvent à 3 000€.

    Ils se distribuent ainsi :

    • 1 950€ : logistique, matériels, déplacement sur place
    • 1 100€ : avion (A/R)
    Qui suis-je

    Passionné depuis toujours par le monde vivant et tout particulièrement par l’entomologie, mon souhait  a été dès mon adolescence d’étudier les insectes et d’explorer les écosystèmes les plus riches de la planète. Mon Master Recherche en entomologie obtenu en 2008 à l’Université de Tours (Institut de Recherche sur la Biologie des Insectes – IRBI), j’ai effectué plusieurs missions scientifiques en France et à l’international : CIRAD-La Réunion, MNHN-Paris, Station des Nourgaues-Guyane française, STRI-Panama (pour en savoir davantage, retrouvez mon CV).

    Actuellement je suis chargé de Recherche et Développement en entomologie au sein d’une Start-up dont l’objectif est de valoriser par l’insecte les déchets organiques d’origine végétale (appelés bio-déchets) en protéines animales (insectes) destinées à l’alimentation piscicoles.

    Je vous remercie de votre contribution, de votre intérêt à ma passion et mon engagement en faveur de la préservation de l’environnement et de sa biodiversité. 

    Vous serez bien évidemment informés des suites de la mission par la publication régulière de comptes-rendus.

    Album photos de la mission 2016
    [Best_Wordpress_Gallery id= »27″ gal_title= »Mission Makay 2016 – Madagascar »]

    Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique

    – Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

    – Makay, les aventuriers du monde perdu [Blu-ray 3D] (Evrard Wendenbaum & Pierre Stine – 98mn – 14 décembre 2011)

  • Compte-rendu 2 – Mission Makay 2016

    Compte-rendu 2 – Mission Makay 2016

    Sur la piste direction le massif du Makay - avril 2016 (Source : B. GILLES)
    Sur la piste direction le massif du Makay – avril 2016 (Source : © B. GILLES)

    Ma mission d’exploration d’avril 2016 dans le massif du Makay (à découvrir ici), menée par Naturevolution et ProjetsPlusActions, avait pour objectif de collecter des insectes afin d’inventorier l’entomo-faune de cette région dont la connaissance demeure encore lacunaire (Mon témoignage sur le site de Naturevolution : ici).

    Dans un premier compte-rendu publié en mai (à lire ici) présentant le déroulement et les ressentis de ce voyage au bout du monde, j’expliquais l’important travail de détermination des spécimens devant être entrepris auprès de spécialistes mondiaux des différentes familles, un projet nécessitant plusieurs mois. Ce nouveau compte-rendu a pour objet de faire un point d’étape sur ce travail.

    Durant l’été, les spécimens ont été classés par familles et sous-familles (lorsque cela était possible), et les entomologistes intéressés et disponibles pour mener les déterminations contactés.

    Voici l’inventaire, non exhaustif, des principales familles collectées et identifiées à ce jour, sur 146 échantillons au total (plusieurs individus d’une même espèce ont parfois été conditionnés ensemble dans un même tube).

    Ainsi, des échantillons ont été récemment envoyés aux spécialistes suivants :

    • Hans R. Feijen – Biologiste au Département de Zoologie terrestre de Leiden (Pays-Bas) et spécialiste des mouches Diopsidae de Madagascar
    • Christophe Girod – spécialiste des Dermaptères africains (perce-oreille)
    • Eric Guilbert – Maître de conférence au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN), Institut de Systématique, Evolution et Biodiversité, et spécialiste des Hétéroptères Tingidae
    • Sylvain Hugel – Neurobiologie au CNRS et spécialiste des Orthoptères (retrouvez une interview ici)
    • Pierre-Olivier Maquart – Doctorat à l’Université de Stirling (Ecosse) et spécialiste des Cerambycidae africains (une interview sera prochainement publiée)
    • Claire Villemant – Chercheuse au MNHN et spécialiste des Hyménoptères
    Inventaire, non exhaustif, des différentes familles collectées et identifiées (Source : B. GILLES-2016)
    Inventaire, non exhaustif, des différentes familles collectées et identifiées (Source : B. GILLES-2016)

    Les Formicidae sont étudiées par moi-même dans un premier temps pour ensuite, si des données se révèlent intéressantes, être confirmées par Brian Fisher, spécialiste californien des fourmis.

    De nombreux autres spécimens ne sont pour l’heure pas encore en phase de détermination : leur étude se fera dans les mois à venir. En effet, en raison de la faible connaissance de l’entomo-faune malgache, de l’absence de classification pour de nombreuses familles et d’une carence en spécialistes, la détermination de nombreux spécimens reste impossible.

    Dans l’attente d’un retour des spécimens et des premiers résultats, voici un album photo de la mission Makay 2016…

    • Vous pouvez également lire mon témoignage sur le site de Naturevolution : ici.
    [Best_Wordpress_Gallery id= »26″ gal_title= »Mission Makay 2016 – Madagascar »]
    Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique

    Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

    Makay, les aventuriers du monde perdu [Blu-ray 3D] (Evrard Wendenbaum & Pierre Stine – 98mn – 14 décembre 2011)

  • Compte-rendu « Makay 2016 »

    Compte-rendu « Makay 2016 »

    De retour du massif du Makay depuis le 1er mai : ce compte-rendu est posté tardivement, veuillez m’en excuser, en raison d’un changement de vie professionnelle qui a suivi aussitôt (toujours dans les insectes), laissant peu de place pour vous narrer cette aventure au bout du monde – qui existe vraiment, je le confirme ! –

    L’aventure débute le dimanche 10 avril lorsque les équipes de Naturevolution nous récupèrent à l’hôtel Jacaranda dans le centre d’Antananarivo : direction Antsirabé, pour une nuit au Soa GuestHouse. Suit une journée de 12h de route (au confort incertain) en 4×4 afin de rallier la ville de Ranohira 521km plus au sud. Après une courte nuit au Momo Trek, destination le village de Beroroha qui nécessitera 13h de piste et la traversée de la rivière Mangoky, à l’aide d’une embarcation de fortune. Enfin, le lendemain (mercredi) en fin d’après-midi et après encore quelques heures de pistes, nous voici dans le village de Beronono, aux portes du massif du Makay que l’on a en visuel !

    Arbres brûlés après le passage d'un feu de brousse - route de Beronono (Source : © B. GILLES)
    Arbres brûlés après le passage d’un feu de brousse – route de Beronono (Source : © B. GILLES)

    Premier constat, bien que la région soit éloignée et difficile d’accès, les pressions anthropiques, notamment les feux de brousse, sont visibles et grignotent peu à peu la forêt au détriment d’une savane à perte de vue. Les populations indigènes utilisent la technique du brulis pour favoriser la repousse de jeunes tiges d’herbacées dont se nourrissent leurs zébus. L’absence de contrôle et la sécheresse favorisent la propagation des flammes sur des kilomètres carrés et des jours durant.

    Une fois pénétré dans le massif du Makay, à pied dorénavant, se dévoile une nature à la fois riche, sauvage et unique, préservée au sein d’un labyrinthe rocheux qui-impénétrable aux paysages époustouflants et saisissants ! Chaque journée de marche apporte son lot de découvertes, d’émerveillement, d’observations d’une faune et d’une flore rares mais aussi des échanges humains riches et amicaux avec des personnes du groupe et les populations locales.

    Pénétrant toujours plus profondément au fil des jours, en suivant les guides, se profile à l’horizon le camp de Naturevolution, situé sur la rive droite de la rivière Menapanda, à 4h de marche du village de Stivoko. Il sera notre base pour les 5 prochains jours.

    Panorama de la rivière Menapanda, du camp de base et du labyrinthe rocheux du Makay (Source : © B. GILLES)
    Panorama de la rivière Menapanda, du camp de base et du labyrinthe rocheux du Makay (Source : © B. GILLES)

    Durant ces quelques jours coupés du monde, l’exploration de canyons toujours plus étroits, profonds et humides, et de sommets toujours plus hauts et secs, est une expérience intense autant sur le plan physique qu’émotionnel : le spectacle qu’offre la nature est simplement grandiose. Il nous été donné l’opportunité de partir deux jours en exploration, dont une nuit à la belle étoile, avec le strict minimum. Dormir dans cette nature, dont on ressent à la fois la force et la vulnérabilité, renforce la sensation d’être réellement au bout du monde et de vivre un moment rare et exceptionnel.

    Après un séjour de deux jours dans le village de Stivoko et une mémorable partie de foot avec les enfants, le retour débute le mardi 26 avril. Une dernière nuit sur les berges sableuses de la Mangoky puis le monde moderne revient peu à peu : Ranohira, Antsirabé et enfin Antananarivo le 29 avril.

    Le sentiment est ambigu : heureux d’avoir pu vivre cette aventure incroyable mais également triste de quitter une ambiance, une équipe et une nature aussi captivante.

    La réadaptation au monde moderne fut un peu difficile : plusieurs kilos en moins, un esprit en partie resté dans le Makay, reprise d’une vie où la notion de temps prend tout son sens.

    Capture d'une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)
    Capture d’une Odonate et prise photo pour détermination ultérieure (Source : © B. GILLES)

    Ma mission, comme entomologiste, était de collecter l’entomofaune croisée au cours de notre passage dans les sites reculés du massif du Makay. En raison d’une saison sèche précoce, les criquets migrateurs, déjà en vol, avait un mois d’avance, et une période de pleine lune tout au long du séjour, les conditions environnementales et climatiques étaient au final, hélas, peu favorables à la présence d’une grande diversité d’insectes. Cependant, ce sont près de 200 spécimens de plusieurs ordres et familles (Hemiptera, Diptera, Carabidae, Formicidae, Vespidae…) qui ont pu être collectés.

    Le massif du Makay demeurant dans sa majorité peu étudié, offre une possible opportunité d’apporter des données inédites pour la science.

    Un long travail reste à réaliser : description des individus et détermination des espèces, avec l’espoir de découvrir de nouvelles espèces, puis publication des résultats.

    Pour cela, des scientifiques et des passionnés d’entomologie, spécialistes des familles collectées et de la faune de Madagascar, vont apporter leur compétences et contribution à ce projet. L’inventaire est en cours et les premières études des spécimens pourront débuter dans les prochaines semaines.

    Vous serez informés du déroulement de ce travail.

    • Découvrez le second compte rendu ici.
    • Retrouvez mon témoignage sur le site de Naturevolution

    Je souhaite remercier l’ensemble des personnes qui ont apporté leur aide, soutien, confiance et professionnalisme à la réalisation de cette mission d’exploration, de cette aventure et m’ont ainsi permis de vivre cette expérience à la fois scientifique et humaine. Votre contribution va permettre aux acteurs engagés sur place : Naturevolution et ProjetsPlusActions, d’oeuvrer à la préservation de cette région et de soutenir le développement socio-économique et éco-touristique des populations locales.

    Un grand merci à tous !

    Benoît GILLES

    Album photos
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    Remerciements
    Sponsors
    • Décathlon Champniers – Participation à l’acquisition de matériel (tente, chaussures, sac à dos, vêtements, lampe frontale…)
    • Fournisseurs de tubes de collecte : OPIE & Pierre DELOBEL – INRA Montpellier
    Recommandation d’ouvrage et DVD sur cette thématique 

    – Makay : A la découverte du dernier Eden (Evrard Wendenbaum – Editions de La Martinière – 173 pages – 17 novembre 2011)

    – Makay, les aventuriers du monde perdu [Blu-ray 3D] (Evrard Wendenbaum & Pierre Stine – 98mn – 14 décembre 2011)

  • Mission Makay – Madagascar

    Dernière mise à jour : printemps 2020

    Le Makay, c’est quoi ? 

    Nom : Nouvelle Aire protégée du Makay
    Localisation : Sud-Ouest de Madagascar, au niveau des districts de Mahabo (région de Manabe) et de Beroroha (région Astimo-Andrefana)
    Situation géographique : Délimité au sud par la rivière Mangoky et la ville de Beroroha, et, au nord, celle de Malaimbandy, le Makay est un massif montagneux de 150km du nord au sud pour 50km d’est en ouest à son endroit le plus large. Sa superficie approche les 400 000 hectares, et son altitude oscille entre 200m pour le fond des canyons et 1 000m pour les plateaux.
    Espèces cibles : L’hapalémur gris, la tortue à grosse tête de Madagascar, le palmier ravenea des rivières et Alcin des chauves-souris.

    Mission Makay : un projet d’exploration scientifique

    Les processus géologiques uniques de la région du Makay ont isolé les espèces animales et végétales durant des millions d’années qui ont suivi leur propre évolution et s’adaptant à des niches écologiques particulières, conduisant à un taux exceptionnel d’endémisme (espèce dont l’aire de répartition est spécifique à une zone précise). Ces événements, tant géologiques que biologiques, font du massif du Makay un sanctuaire et un coffre-fort de biodiversité exceptionnel : un hot-spot de biodiversité, protégé des activités anthropiques par son relief escarpé. Le Makay s’apparente de ce fait à « une île dans l’île ». Cependant, en ce début de XXIème siècle, les nombreuses menaces qui pèsent sur la région sont multiples, croissantes, remettant en question sa sauvegarde et son existence.

    L’objectif des missions d’exploration scientifique dans le Makay sont multiples :

    1. Inventorier l’ensemble de la faune et de la flore (biodiversité) pour comprendre les écosystèmes
    2. Collecter des données biologiques et géologiques apportant les connaissances et les preuves scientifiques du caractère exceptionnel et unique de cette région auprès des autorités malgaches afin que des mesures de préservation et de conservation soient entreprises (exemple : NAP)
    3. Faire découvrir et sensibiliser le public et les populations locales aux enjeux de protection environnementale, de développement socio-économique durable et de l’éco-tourisme

    Équipe pluridisciplinaireMission 2017

    La mission scientifique de 2017 a sollicité une centaine de personnes durant 6 semaines. La complexité d’une telle mission réside dans l’organisation logistique dans une région aussi reculée en diminuant au minimum les impacts environnementaux.

    L’équipe se composait de 4 pôles : scientifique, médiatique, logistique et écovolontaires (voir infographie ci-contre).

    Sites de recherche

    La mission 2017 s’est intéressée à 5 sites de recherches (carte ci-contre). Ces sites sont localisés dans les principales zones forestières du sud du Makay : Menapanda, la plus grande forêt du Makay ; Andakatomenavava, des marécages avec une biodiversité unique ; Makaikely au sud, une forêt engoncée dans de magnifiques canyons jamais étudiés ; Beora et Mahasoa au nord, également vierges d’études scientifiques.

    Retrouvez les compte-rendus et les articles des missions précédentes en bas de page

     

    Mon rôle et actions au sein de Naturevolution

    Mon premier séjour dans le massif du Makay en 2016 comme aventurier a été une révélation. J’ai été captivé et ébloui par une biodiversité unique, des paysages incroyables et des hommes passionnés ! Face à ce constat, il m’est apparu comme une évidence de m’impliquer dans l’étude scientifique et la conservation de ce massif. J’ai donc intégré avec le plus grand enthousiasme l’équipe de la mission scientifique de 2017 comme responsable de la section entomologie. Mon rôle a été de réunir le matériel nécessaire aux collectes, d’établir des protocoles scientifiques, d’identifier et de réaliser un inventaire de l’entomofaune des plus exhaustives possibles.
    C’est ce travail d’identification des espèces que je suis actuellement en train d’effectué avec l’aide de nombreux spécialistes à travers la planète. Ce travail vient compléter ceux des précédentes missions, cependant, j’apporte des données inédites par l’identification et l’étude de familles pour la première fois collectées dans le Makay : voir « compteur d’espèces » ci-dessous.
    Je souhaite développer de nombreux projets dans le massif pour mener des travaux de recherche de plus grandes envergures : 1) Construction d’une station scientifique permanente ; 2) Installation d’équipement de collecte dans la canopée et sur les falaises ; 3) Etudier la répartition et l’évolution de l’entomofaune entre les canyons.

    Suivez l’avancée de mes projets en temps réels sur cette page…
    Rendez-vous en 2019 et 2020 !

     


    Présentation

    Situation
    Situation géographique de la région du Makay à Madagascar

    Le Makay est un massif montagneux s’étendant sur près de 4 000km2 au sud-ouest de Madagascar, dans une région où l’ethnie Bara, éleveurs de zébus, est majoritaire.

    Bien que des traces de peuplement très anciens, comme en témoignent les sépultures Sakalava nichées dans certaines grottes du massif, le Makay demeure aujourd’hui l’une des régions les moins explorées de la planète. Constitué de hauts plateaux de grès friables que des millions d’années d’érosion ont entaillé de profonds canyons forestiers, sa géographie l’a rendu longtemps inaccessible lui permettant de traverser le temps sans aucune perturbation. Peu connu même à Madagascar, il fait figure, parmi les dernières zones vierges de la planète, de terra incognita d’excellence et constitue le refuge d’une biodiversité ailleurs disparue ou menacée.

    Aujourd’hui cependant, le massif fait face à de multiples types de menaces principalement liées 1) aux pratiques de l’élevage non durable des populations Bara installées à la périphérie du massif depuis de nombreuses décennies : des feux de brousse sont régulièrement déclenchés aux bords du massif, se propageant vers l’intérieur par les canyons forestiers ; 2) aux troupeaux de zébus emmenés dans certains canyons ou grandes forêts du massif occasionnant de nombreux dégâts ; 3) au braconnage de nombreuses espèces au statut de conservation préoccupant comme les lémuriens ; 4) aux pratiques de coupe de bois et d’api-cueillettes non durable.

     

    Historique

    Suite à une première traversée du Makay en 2007, l’explorateur Evrard Wendenbaum fonde l’association Naturevolution et mène trois grandes expéditions scientifiques pluridisciplinaires en 2010-2011 pour inventorier la richesse biologique du massif et lancer les premières démarches de classement et de conservation auprès des populations et des autorités locales. Ces expéditions ont notamment donné lieu à un documentaire de science d’aventure diffusé sur Canal+ en 2011 (lien), au lancement de premiers projets de conservation sur le terrain, et finalement à la création de Naturevolution Madagascar en 2014 (voir l’encadré des membres de l’équipe).

    En octobre 2014, des conventions sont signées entre Naturevolution Madagascar et certaines communes du pourtour du Makay. La Nouvelle Aire Protégée (NAP) est validée en 2015 et Naturevolution en est officiellement reconnue promoteur. En 2016, des accords-cadres et conventions de partenariats sont signés entre les régions Atsimo-Andrefana et Menabe, et Naturevolution Madagascar.

    Afin que ces espaces naturels reculés et encore peu fréquentés restent largement vierges d’impacts anthropiques, Naturevolution souhaite favoriser dans le Makay le développement d’un écotourisme responsable qui soit un outil tant au service de sa préservation que de l’amélioration de vie des populations locales. En effet, sans intérêt ni perception de la valeur de cet espace naturel pour les populations locales, les chances de le protéger durablement demeurent faibles.

    En 2016, Naturevolution Madagascar a organisé plusieurs réunions avec les tours opérateurs proposant déjà des séjours dans le massif du Makay. Ces réunions visent à mettre en place une charte de bonne conduite et à développer de futurs projets sur le terrain. Il est en effet nécessaire de d’organiser un système de gestion des déchets et du bois sur les campements ; définir les circuits en intégrant les contraintes des zones à protéger ; former les guides et les porteurs locaux ; sensibiliser les guides et les touristes au respect de certaines pratiques ; mettre en place des règles de répartition des revenus de développement touristique afin que les habitants puissent en bénéficier ; réfléchir à l’installation d’infrastructures légères d’accueil ; donner une image « durable » au Makay et communiquer sur le massif.

    Madagascar en quelques chiffres

    Madagascar est considérée comme l’un des 36 hotspots de biodiversité de la planète, c’est-à-dire l’une des régions du monde dont le patrimoine naturel est le plus riche mais aussi le plus menacé. D’après Conservation International, il ne resterait que 10% de la végétation naturelle de Madagascar avec une perte annuelle estimée à 0,4% pour la période 2005-2010. La destruction des habitats est la conséquence de plusieurs facteurs anthropiques comme l’urbanisation, le développement des monocultures, la pression démographique et l’élevage avec des techniques non contrôlées de déforestation par le feu.

    Face à cette réalité, alors que 3% de la surface de Madagascar est officiellement protégée dans un cadre législatif de parc national ou de réserve naturelle, le gouvernement malgache poursuit son objectif de tripler cette surface dans la décennie.


    Pour tout savoir :

    Vidéos


     

  • Modernisation et numérisation d’une collection entomologique, INRA Orléans

    L’Unité de Recherche « Zoologie Forestière » de l’INRA d’Orléans possède une collection entomologique riche de quelques 600 boîtes et de milliers de spécimens issu de 80 ans de collecte en France et à travers le monde. Aucun travail de classement, d’inventaire ou de valorisation n’avait jamais été effectué.

    Salle de la collection
    Salle de la collection – ©Photo B. GILLES

    C’est pourquoi, en collaboration avec le département Ecologie des forêts, prairies et milieux aquatiques (EPPA), Alain Roques, qui dirige l’unité, m’a confié la responsabilité de moderniser et valoriser cette collection. Elle témoigne d’une biodiversité aujourd’hui souvent disparue et contient des informations d’une incroyable richesse. Le but est de disposer de données pouvant servir ultérieurement à des projets de recherche sur la biodiversité, la préservation des écosystèmes et aussi la génétique des populations. Au titre de l’action « Patrimoine », un financement a été octroyé par la Région centre pour la réalisation de cette mission.

    Modernisation de la collection

    Après un séjour de 2 jours à -21°C destiné à éliminer les Anthrènes (Anthrenus sp.), chacune des boîtes a été ouvertes et référencées dans une base de données. Cette étape à donc permis d’assainir la collection et les conditions de stockage.

    Les boîtes, datant du milieu du siècle dernier, contenaient de la Créosote* qui a été éliminée. Les boîtes trop détériorées ont été remplacées. Les cartons contaminés et la créosote ont été acheminés vers un centre de recyclage pour déchets toxiques.

    (suite…)

  • Mission de terrain en Guyane française

    Dans le cadre des travaux de recherche menés au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN) (Equipe de Mathieu JORON), une mission de terrain en Guyane française a été organisée avec 4 membres de l’équipe (Mathieu JORON, Lise FREZAL, Robert JONES et Jérôme BARBUT).

    Des travaux dont certains de mes résultats ont été publiés dans le revue Nature/Heredity (25 mars 2015) : à lire ici.

    Elle s’est déroulée en 2 étapes :

    • Montagnes de Kaw (7 jours)
    • Station des Nouragues (10 jours)
    Situation géographique des différents sites de prospections en Guyane française
    Situation géographique des différents sites de prospections en Guyane française (Google Earth)

    L’objectif a été de collecter du matériel biologique. Cela a consister à prélever dans l’environnement des papillons du genre Heliconius, de les conditionner d’une certaine manière afin de conserver, d’un côté, les ailes et leur coloration, et de l’autre, le corps et son ADN.

    L’intérêt est d’obtenir un échantillonnage représentatif de la diversité génétique pour chacune des espèces. Les études ADN, réalisées à Paris, vont permettre de comprendre et de mettre en évidence la structure, la diversité et les mouvements desgènes à l’origine de la coloration des ailes au sein des populations et des espèces (pour en savoir plus).

    Réserve de Kaw

    La réserve naturelle des marais de Kaw-Roura (voir album photos) se situe à quelques kilomètres au sud-est de Cayenne, entre les villes de Roura et de Régina. De part sa superficie, elle est la 3ème réserve française (94 700ha) et la plus vaste zone humide de France. Elle fut créée par décret le 13 mars 1998.

    Carte de la Guyane française
    Carte de la Guyane française (Source : lonelyplanet.fr)

    (suite…)