Monthly Archives: février 2014

Suite à ma mission à l’INRA d’Orléans, j’ai proposé d’écrire un article, dans la revue Insectes de l’OPIE, sur mon travail de modernisation et de numérisation de leur collection entomologique.

Il a été publié dans le numéro 168 de mars 2013.

Je vous le place ici pour que vous puissiez le lire.

(suite…)

L’Unité de Recherche « Zoologie Forestière » de l’INRA d’Orléans possède une collection entomologique riche de quelques 600 boîtes et de milliers de spécimens issu de 80 ans de collecte en France et à travers le monde. Aucun travail de classement, d’inventaire ou de valorisation n’avait jamais été effectué.

Salle de la collection

Salle de la collection – ©Photo B. GILLES

C’est pourquoi, en collaboration avec le département Ecologie des forêts, prairies et milieux aquatiques (EPPA), Alain Roques, qui dirige l’unité, m’a confié la responsabilité de moderniser et valoriser cette collection. Elle témoigne d’une biodiversité aujourd’hui souvent disparue et contient des informations d’une incroyable richesse. Le but est de disposer de données pouvant servir ultérieurement à des projets de recherche sur la biodiversité, la préservation des écosystèmes et aussi la génétique des populations. Au titre de l’action « Patrimoine », un financement a été octroyé par la Région centre pour la réalisation de cette mission.

Modernisation de la collection

Après un séjour de 2 jours à -21°C destiné à éliminer les Anthrènes (Anthrenus sp.), chacune des boîtes a été ouvertes et référencées dans une base de données. Cette étape à donc permis d’assainir la collection et les conditions de stockage.

Les boîtes, datant du milieu du siècle dernier, contenaient de la Créosote* qui a été éliminée. Les boîtes trop détériorées ont été remplacées. Les cartons contaminés et la créosote ont été acheminés vers un centre de recyclage pour déchets toxiques.

(suite…)

Suite à ma mission de recherche sur les Heliconius menée au Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) à Gamboa au Panama, j’ai proposé à la revue Insectes de l’OPIE (Office  Pour les Insectes et l’Environnement) d’écrire un article sur mes travaux.

Ils ont accepté volontiers, et l’article est paru dans le numéro 156 de mars 2010.

Je vous le mets ici pour que vous puissiez le lire.

Heliconius Version Pdf

 

Album photos de mon séjour en pleine forêt tropicale guyanaise lors d’une mission de recherche scientifiques avec le CNRS et le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris : pour en savoir plus suivre ce lien.

Séjour dans la réserve de Kaw

« 1 de 2 »

Séjour dans la Station des Nouragues

« 1 de 2 »

 Vidéos

Recommandation d’ouvrages sur cette thématique :

– Aventure et survie

Lors d’une journée de prospection et de collecte d’Heliconius dans la Montagne de Kaw, j’entends un bruit, un craquement dans un arbre… une chute de branches à 5m de moi, juste le temps de me déplacer ! Une fois le calme revenu, je m’approche… quelle surprise devant moi, un paresseux à 3 doigts vient de tomber !!! Certainement que la branche a cédé sous son poids.

Une rencontre incroyable, mais aussi une chance improbable !

Le paresseux (Bradipus tridactylus) possède, comme son nom l’indique, 3 grandes griffes à chaque main. Sa fourrure abrite des algues chlorophylliennes qui vivent en symbiose sur lui, ce qui lui donne une couleur verdâtre et lui procure un camouflage parfait. Il possède la particularité d’avoir, contrairement aux autres mammifères, 9 vertèbres cervicales qui lui permettent une grande flexibilité du coup et donc de s’alimenter en limitant les déplacements.

Biométrie : 45-75cm de longueur

Dans le cadre des travaux de recherche menés au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN) (Equipe de Mathieu JORON), une mission de terrain en Guyane française a été organisée avec 4 membres de l’équipe (Mathieu JORON, Lise FREZAL, Robert JONES et Jérôme BARBUT).

Des travaux dont certains de mes résultats ont été publiés dans le revue Nature/Heredity (25 mars 2015) : à lire ici.

Elle s’est déroulée en 2 étapes :

  • Montagnes de Kaw (7 jours)
  • Station des Nouragues (10 jours)
Situation géographique des différents sites de prospections en Guyane française

Situation géographique des différents sites de prospections en Guyane française (Google Earth)

L’objectif a été de collecter du matériel biologique. Cela a consister à prélever dans l’environnement des papillons du genre Heliconius, de les conditionner d’une certaine manière afin de conserver, d’un côté, les ailes et leur coloration, et de l’autre, le corps et son ADN.

L’intérêt est d’obtenir un échantillonnage représentatif de la diversité génétique pour chacune des espèces. Les études ADN, réalisées à Paris, vont permettre de comprendre et de mettre en évidence la structure, la diversité et les mouvements desgènes à l’origine de la coloration des ailes au sein des populations et des espèces (pour en savoir plus).

Réserve de Kaw

La réserve naturelle des marais de Kaw-Roura (voir album photos) se situe à quelques kilomètres au sud-est de Cayenne, entre les villes de Roura et de Régina. De part sa superficie, elle est la 3ème réserve française (94 700ha) et la plus vaste zone humide de France. Elle fut créée par décret le 13 mars 1998.

Carte de la Guyane française

Carte de la Guyane française (Source : lonelyplanet.fr)

(suite…)

Dans le cadre de mes travaux au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN), j’ai eu la chance d’obtenir le financement pour réaliser une mission de recherche sur le site du Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) à Gamboa, Panama.

Des travaux dont certains de mes résultats ont été publiés dans le revue Nature/Heredity (25 mars 2015) : à lire ici.

Localisation géographique de Gamboa, et de la station de recherche du STRI

Localisation géographique de Gamboa, et de la station de recherche du STRI (Google Earth)

Présentation du site :

Gamboa est un village situé sur les rives du canal de Panama, à l’affluence de la rivière Chagres qui alimente le lac Gatun (voir album). Il se trouve à 25km à l’ouest de la capitale, près des réserves naturelles de « Soberania » et de « Camino de Cruces ». Sa situation géographique et son environnement protégé en fait un site exceptionnel pour l’étude, l’observation de la biodiversité.

Le site de recherche est composé de serres à papillons destinées à leur élevage pour des fins scientifiques. L’intérêt est de préserver des stocks de papillons de différentes espèces et leurs plantes-hôtes associées afin que les scientifiques puisse avoir du matériel biologique suffisant, connu et contrôlé, pour mener des études en génétiques, en comportement, en écologie, etc.

Objectif de la mission :

Ma mission de 6 mois avait pour objectif l’élevage et le croisement de 2 formes différentes d’Heliconius hecale, provenant de 2 régions géographiques différentes.

  • Heliconius hecale zuleika : frontière avec la Colombie, récoltée dans la région de « Bocas del Toro », dans l’est du Panama.
  • Heliconius hecale melicerta : centre et ouest du Panama, récoltée sur le site de Gamboa.
H. hecale melicerta (à gauche) et H. hecale zuleika (à droite)

H. hecale melicerta (à gauche) et H. hecale zuleika (à droite)

Afin de constituer nos populations d’élevages, non présentent sur le site du STRI, nous avons séjourné (Mathieu JORON et moi) quelques jours dans la région de Bocas del Toro afin de collecter des individus adultes, mâles et femelles, de la forme zuleika. Il a également fallu collecter sur le site de Gamboa les individus de la forme melicerta.

(suite…)

Contexte de la mission :

J’ai intégré de 2008 à fin 2009, le laboratoire de « Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité », UMR 7205, du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN).

L’équipe de Mathieu JORON mène des recherches scientifiques en génétique évolutive afin de décrire les processus génétiques et adaptatifs à l’origine d’un important système intra et inter-spécifique de mimétisme chez des papillons tropicaux, d’Amérique centrale et du sud, du genre Heliconius.

Ces papillons sont un très bon modèle d’études pour comprendre comment la sélection naturelle crée de nouvelles espèces, de nouveaux phénotypes et comment ces espèces interagissent entre elles.

(suite…)

Présentation des mouches Tephritidae :

La famille des Tephritidae, ou « mouches des fruits », comprend plus de 4000 espèces réparties en 500 genres. 

C’est l’une des familles de diptères les plus importantes économiquement en raison des dégâts qu’elles provoquent dans les cultures (fruits et légumes) et de leur présence dans de très nombreux pays. Depuis un siècle, les Tephritidae sont l’un des ravageurs les plus étudiés (voir mission de recherche au CIRAD de La Réunion)

Position systématique des Tephritidae :

Ordre : Diptera

Sous-ordre : Brachycera

Division : Cyclorrapha

Super-famille : Tephritoidea

Famille : Tephritidae

Morphologie d’une mouche Tephritidae :

Morphologie d'une mouche Tephritidae

Les champs d’investigation concernent aussi bien la biologie, tel le comportement, la sélection sexuelle, la spéciation ou les méthodes de protection. (suite…)

Les papillons du genre Heliconius

Les Heliconius sont des papillons que l’on rencontre dans les forêts tropicales d’Amérique centrale et sud. Ils sont notamment connus et étudiés par la science pour leur capacité à se mimer entre eux et à s’adapter rapidement aux changements de couleur et de comportement. Au sein de chaque espèce existe des populations qui présentent des pattern de coloration différents, semblables à d’autres populations d’espèces différentes situées dans la même localité géographique.

Ce processus de mimétisme prend origine dans une structure particulière de leur génome et sur le principe Müllérien qui consiste à ressembler à des espèces toxiques pour échapper aux prédateurs qui apprennent à ne pas consommer une certaine coloration.

Une thématique sur laquelle j’ai eu la chance de travailler au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris : ici. Pour en savoir davantage sur les mécanismes génétique, je vous invite à lire cet article sur l’histoire évolutive de l’origine de la coloration de ces papillons.

En plus de ces particularités, les papillons Heliconius sont intéressants à d’autres points de vue.

Dans leur comportement alimentaire :

Contrairement aux autres papillons qui se nourrissent de nectar floraux, les Heliconius ont la particularité de s’alimenter de pollen. Grâce à leur proboscis (= la trompe), les

H. hecale melicerta se nourrissant de pollen récoltés sur son proboscis (trompe) - Photo de B. GILLES

H. hecale melicerta se nourrissant de pollen récoltés sur son proboscis (trompe) – Photo de B. GILLES

papillons collectent les grains de pollen qui s’y agrègent pour former une pelote (voir photo et vidéo ci-contre). Ensuite, par des actions mécaniques des mandibules et de sécrétions digestives (salive), le pollen est dégradé, absorbé et digéré.

Ce mode alimentaire est unique chez les papillons.

(suite…)