Monthly Archives: septembre 2014

Comme il est rappelé ici, les insectes, faisant partis de du groupe des Arthropodes, sont constitués d’un squelette externe (exosquelette ou cuticule) rigide et inextensible, ce qui les obligent à grandir par étapes successives par la perte de l’ancien devenu trop petit.

La Mue est donc le processus de production d’une nouvelle cuticule et de la perte de l’ancienne qui va permettre à l’insecte de grandir en taille, d’acquérir de nouveau organe ou de changer de morphologie (la métamorphose). Chez les insectes réalisant une métamorphose, celle-ci intervient lors de la dernière mue, ce qui correspond au passage du dernier stade larvaire à l’état adulte.

Déroulement de la mue
Coupe de la cuticule et de l'épiderme d'un insecte - Setae : poils cuticulaire - Epic : épicuticule - Exo : exocuticule - Endo : endocuticule - Epid : epiderme - dgb : canal glande dermique - bm : membrane basale (Source : Hadley N., 1982)

Coupe de la cuticule et de l’épiderme d’un insecte – Setae : poils cuticulaire – Epic : épicuticule – Exo : exocuticule – Endo : endocuticule – Epid : epiderme – dgb : canal glande dermique – bm : membrane basale (Source : Hadley N., 1982)

La cuticule, d’une épaisseur de 0,06mm chez les insectes, est composée de 3 couches de chitine, l’épicuticule, l’exocuticule et l’endocuticule, qui reposent sur les cellules de l’épiderme. L’épiderme et la cuticule forment le tégument. La chitine est sécrétée par des cellules épidermiques (voir illustration à droite).

Le processus de la mue (ou ecdysie) se décompose en plusieurs étapes (voir illustration suivante) : (suite…)

La question qui vient lorsque l’on parle d’Entomologie et d’insectes, est « Qu’est qu’un insecte?« .

Toutes les petites bêtes qui vivent autour de nous ne sont pas des insectes! Beaucoup de gens, avec qui je parle de ma passion, intègrent les araignées et les scorpions dans les insectes. C’est pourquoi, j’ai souhaité débuter ce blog en donnant une définition d’un insecte et une description qui permettra de les identifier.

Classification & Morphologie

Le mot insecte vient du latin « Insectum » qui veut dire « coupé en sections« . Les insectes font partis des Invertébrés et des Arthropodes. Les Arthropodes sont des animaux constitués :

  1. d’un squelette externe (exosquelette), segmenté et articulé, en chitine (formés de plaques appelées sclérites), c’est pour cette raison qu’ils sont nommés Invertébrés, à l’opposé des vertébrés qui possèdent un squelette interne comme les poissons, les oiseaux ou encore les mammifères. Chez les insectes, cette exosquelette est appelé Cuticule.
  2. d’une symétrie bilatérale (symétrie droite/gauche),
  3. d’un système nerveux central ventral, contrairement aux vertébrés qui possèdent un système nerveux central dorsal (colonne vertébrale),
  4. d’un système « cardiaque » en position dorsal,
Arbre phylogénétique des Arthropodes (Source : Giribet & Edgecombe, 2012)

Arbre phylogénétique des Arthropodes (Source : Giribet & Edgecombe, 2012)

Le groupe des Invertébrés, en plus des Arthropodes, est composé de l’Ordre des Mollusques (moules, poulpe…), des Crustacés (crabes, crevettes…), des Arachnides (araignées, scorpions, mille-pattes…), des Echinodermes (oursins, étoiles de mer…), entre autre (voir illustration).

Un insecte est défini et caractérisé morphologiquement par un corps constitué de (voir illustration) :

  1. 3 parties principales : têtethoraxabdomen
  2. 3 paires de pattes (antérieures, médianes et postérieures)
  3. d’yeux composés (ou ommatidies)
  4. d’une paire d’antennes sur la tête
Schéma de la morphologie type d'un insecte (Source : University of Missouri)

Schéma de la morphologie type d’un insecte (Source : University of Missouri)

Description rapide

Apparu sur Terre il y a environ 420 millions d’années, les insectes ont évolué dans une infinie diversité de (suite…)

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article, les précédents et le suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment déterminer une espèce d’insectes?

Une fois un insecte capturé (voir cet article), préparé (voir cet article) et installé dans la collection (voir cet article), il s’agit de lui trouver son nom. Cette partie est fastidieuse, demande d’utiliser une loupe binoculaire et des connaissances en morphologie des insectes. Les critères d’identification sont pour la plupart du temps discrets, subtiles et difficilement observables, comme la présence ou non de soies sur tel article, comme le rapport entre la largeur et la longueur de tel partie du corps ou encore comme la texture de la cuticule.

Pour identifier un insecte, il existe ce que l’on nomme des « clés d’identification » ou ‘clés de détermination ». Ces clés fonctionnent sur un système dichotomique, c’est à dire qu’il repose sur une succession de double description d’un ou plusieurs (suite…)

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article, les précédents et le suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment mettre en collection des insectes?

Une fois les insectes capturés (voir cet article) et préparés (voir ici), il s’agit de les étiqueter, de les déterminer (nom d’espèces) et de les placer dans les cartons (boîtes) à insectes. La mise en collection est très importante, elle permet de donner un caractère scientifique à la collection, sans çà, la collection ne peut avoir qu’un rôle décoratif.

1) – L’étiquetage :
Etiquetage d'un insecte (Source : CIRAD - A. FRANCK)

Etiquetage d’un insecte (Source : CIRAD – A. FRANCK)

Cette étape consiste à noter toutes les informations liées à chaque insecte collecté sur des étiquettes qui seront épinglées sous l’insecte. Ces étiquettes doivent être standardisées pour donner un aspect homogène à la collection et la taille adaptée à chaque insecte. Elles peuvent être rédigées soit à la main, soit par traitement texte. La deuxième option permet d’obtenir de petites écritures bien lisibles.

Il doit être obligatoirement inscrit sur les étiquettes : (suite…)

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article, les précédents et le suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment préparer les insectes une fois mort?

1) – Le matériel :

Les insectes, une fois mort (pour les tuer, voir cet article), doivent être préparés pour être ensuite intégrés dans la collection. Pour cela, avant de commencer, il est nécessaire d’acquérir un minimum de matériel entomologique spécifique et indispensable.

Le matériel se compose principalement de :

  • Pinces, il en existe différents types : pince souple, pince fine, pouce à piquer
  • Aiguilles, plusieurs diamètres et longueurs sont nécessaires selon la taille des insectes à préparer. Elles sont référencées par des numéros 000, 00 et de 0 à 7
  • Paillettes, de taille différente pour le collage des insectes
  • Etaloir, plusieurs modèles existent, pour étaler les Lépidotères (papillons) et les Odonates (libellules)
  • Cartons à insectes, ou aussi appelés boîte de rangement, il existe plusieurs modèles en taille, en matériaux de construction, vitrés ou non

D’autres matériels peuvent être utilisés, mais pour débuter, je pense que celui est suffisant. Avec le temps, des besoins se feront peut être sentir, à ce moment la, vous pourrez acquérir de nouveaux objets.

2) – L’étalage :

L’étalage consiste à redonner à l’insecte une forme naturelle pour le côté esthétique tout en rendant visible les parties du corps utiliser pour la détermination (ailes, antennes et pattes). Une collection bien préparer sera homogène, donc plus agréable à regarder et scientifiquement exploitable. Ce travail demande (suite…)

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article, les précédents et le suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment tuer les insectes collectés?

Plusieurs méthodes sont utilisées, toutes avec leurs avantages et leurs inconvénients. Certaines font appel à des produits chimiques et nocifs. Pour ma part, je préfère ne pas m’en servir et me contenter de techniques sans danger et tout aussi efficace.

La congélation : la pratique la plus facile et qui nécessite aucune précaution et produit chimique. Cela consiste tout simplement à laisser les spécimens capturés au congélateur plusieurs heures, voir plusieurs jours, car certaines espèces résistent bien à la congélation. Cette méthode convient à tous les types d’insectes (papillons, fourmis, libellules, coléoptères…). A titre personnel, j’utilise la congélation notamment pour les insectes ailés comme les Odonates (libellules) et les Lépidoptères (papillons).

L’éthanol : Il s’agit d’immerger les insectes dans de l’alcool à 70°, voir 90° (peu de temps, pour ensuite être dilué). Cette pratique à l’avantage de pouvoir tuer les insectes dès leur capture sur le terrain, ce qui évite (suite…)

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article et les suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment capturer des insectes?

Pour attraper des insectes, plusieurs techniques et matériels existent, qui dépend du type d’insectes recherché et de l’habitat dans lequel on se trouve. Je vous en présente quelques exemples ici :

Utilisation du filet fauchoir (Illustration de Jacques Goldstyn - Insectarium de Montréal)

Utilisation du filet fauchoir (Illustration J. Goldstyn – Insectarium Montréal)

Le filet fauchoir : ce filet sert à collecter les insectes qui se trouvent dans les herbes et les buissons. Il est idéal pour attraper des insectes comme les Orthoptères (criquets, sauterelles et grillons), les Coléoptères ou les Hétéroptères (punaises), des insectes qui ne volent pas ou peu. Son utilisation est simple, il s’agit de faucher les végétaux de droite à gauche sur une petite surface, de regarder ce qui est tombé dedans et de collecter ce qui nous nous intéresse (voir illustration). Il n’y a pas vraiment de critère de taille ou de matériaux de fabrication, il doit par contre être solide, notamment le filet, pour éviter les déchirures et permettre un fauchage même dans de la végétation dense.

Mouvement de rotation pour enfermer l'insecte (Illustration J. Goldstyn - Insectarium Montréal)

Mouvement de rotation pour enfermer l’insecte (Illustration J. Goldstyn – Insectarium Montréal)

Le filet à papillon : ce filet est utilisé pour
capturer des insectes volant comme les Lépidoptères (papillons), les Odonates (libellules), les Diptères (mouches) ainsi que les Hyménoptères (guêpes et abeilles). Son utilisation est tout aussi simple que le filet fauchoir, il s’agit de faire pénétrer l’insecte dans le filet et de refermer le filet pour éviter que l’insecte ne ressorte (voir illustration). Au contraire, ce filet est (suite…)

Avec ces articles, je souhaite vous faire partager mes motivations et mes connaissances sur la création d’une collection entomologique et vous expliquer son objectif .

Pourquoi réaliser une collection entomologique?

Une collection d’insectes peut avoir plusieurs objectifs comme esthétique, posséder des raretés, constituer une diversité d’espèces et d’individus, le profit financier ou encore un intérêt scientifique. Pour ma part, j’ai opté pour cette dernière option.

Passionné d’insectes, j’ai toujours eu le plaisir à les observer dans la nature, de les élever et de comprendre leur biologie. C’est donc dans une suite logique que l’idée de les collectionner est apparue. Au début, il s’agissait de capturer des insectes et de les mettre dans des pots sans réelle technique et but. Puis, le désir de constituer une collection dans une démarche scientifique s’est très vite inscrite en moi. Au cours des années, j’ai ainsi pu acquérir les techniques, les compétences et la méthodologie nécessaires pour mener à bien cette collection.

Ma première motivation à réaliser une collection est d’aller à la recherche de nouvelles espèces d’insectes, de découvrir de nouveaux biotopes et écosystèmes. Quand je découvre des insectes que je rencontre pour la première fois, cela aiguise ma curiosité et de nombreuses questions viennent à moi : (suite…)

Où se procurer des colonies? – Comment les nourrir? – Quelle espèce choisir?

Avant de se procurer une colonie, il est nécessaire de posséder le nid qui abritera les fourmis. Je vous présente une méthode pour vous en construire une fourmilière artificielle ici. Il vous faut également connaître les fondamentaux sur leur biologie et leur écologie. Vous trouverez ces informations ici.

  • Où se procurer des colonies?

Il existe plusieurs moyens de se procurer des colonies.

Reine Lasius niger décollant pour l'essaimage (Source : https://www.flickr.com/photos/65645208@N05/)

Reine Lasius niger décollant pour l’essaimage (Source)

1) – la première méthode consiste à prélever une reine fécondée dans la nature. C’est la méthode la plus naturelle et respectueuse de l’environnement. Elle demande cependant un peu de temps avant d’avoir ces premières ouvrières et un peu de pratique. Le plus difficile étant de trouver une reine!

Rappel : pour se reproduire, les fourmis émettent lors d’essaimages des mâles et des femelles ailés qui s’accouplent en vol. La reine, une fois fécondée, tombe sur le sol, perd ces ailes et se met à la recherche d’une cavité où se cacher. C’est à ce moment la que l’on peut les récolter. Les périodes d’essaimage varient selon les espèces, elles s’étalent du printemps à l’automne, il est donc nécessaire de se renseigner au préalable. Me contacter pour avoir ce genre d’informations et des conseils.

Une fois la reine en main, il s’agit de la placer dans un endroit qui lui offre calme, humidité et obscurité. 2 possibilités : Soit on utilise un petit bloc de béton cellulaire (voir cet article), soit un tube à essai en verre. Dans le premier cas, le but est de (suite…)

Les fourmis passionnent en raison de leur mode de vie sociale, leur activité sans fin et de leurs comportements. C’est donc tout naturellement que j’ai voulu les observer de plus près et d’en élever chez moi.

Je me suis donc intéressé aux techniques et aux possibilités existantes pour fabriquer une fourmilière artificielle. Il ne s’agit pas de partir au hasard, un minimum de connaissance sur la biologie, l’écologie, la physiologie de ces insectes est nécessaire.

Cette partie va être consacrée à la fabrication d’une fourmilière, pour en savoir d’avantage sur la biologie, l’écologie et la physiologie des fourmis, vous devez suivre ce lien : ici.

Je reste, bien évidemment, à votre disposition pour toutes interrogations, demande de conseil, d’astuce ou/et d’expertise. N’hésitez pas à me contacter ici. Au plaisir de vous lire et de vous aider!

Comment fabriquer et avoir une fourmilière chez soi?

Plusieurs matériaux peuvent utiliser selon les espèces de fourmis, l’esthétique souhaité et la facilité de fabrication. Dans tous les cas, le nid doit répondre à un certain cahier des charges. Il doit offrir des conditions d’humidité, de température et résister aux mandibules des fourmis (certaines espèces ont la capacité de creuser des matériaux très dur). Il est donc possible de construire des nids en bois, en terre, en plâtre, en plexiglas ou encore en béton cellulaire.

Pour ma part, je préfère le béton cellulaire pour les raisons suivantes : (suite…)