Ma collection d’insectes 5/6 : La mise en collection

Constituer une collection d’insectes demande de suivre un protocole, des méthodes et du matériel bien spécifiques concernant la collecte des insectes et des données liées, l’étalage des spécimens, la détermination des espèces et la mise en boîte. Cet article, les précédents et le suivants ont donc pour vocation de vous présenter comment je procède.

Comment mettre en collection des insectes?

Une fois les insectes capturés (voir cet article) et préparés (voir ici), il s’agit de les étiqueter, de les déterminer (nom d’espèces) et de les placer dans les cartons (boîtes) à insectes. La mise en collection est très importante, elle permet de donner un caractère scientifique à la collection, sans çà, la collection ne peut avoir qu’un rôle décoratif.

1) – L’étiquetage :
Etiquetage d'un insecte (Source : CIRAD - A. FRANCK)
Etiquetage d’un insecte (Source : CIRAD – A. FRANCK)

Cette étape consiste à noter toutes les informations liées à chaque insecte collecté sur des étiquettes qui seront épinglées sous l’insecte. Ces étiquettes doivent être standardisées pour donner un aspect homogène à la collection et la taille adaptée à chaque insecte. Elles peuvent être rédigées soit à la main, soit par traitement texte. La deuxième option permet d’obtenir de petites écritures bien lisibles.

Il doit être obligatoirement inscrit sur les étiquettes :

  1. La localité de capture (ville, lieu dit, pays, point GPS)
  2. La date de la récolte (ex : 10 IX 2014), les mois en chiffre romain pour éviter les confusions entre jour et mois
  3. Le nom du récolteur
  4. Le nom du déterminateur (celui qui a identifié le nom de l’espèce)
  5. Le nom latin du spécimen (genre et espèce)

Aussi, d’autres informations peuvent apparaître comme le sexe, la méthode de capture, le nom de la plante hôte, les conditions météorologiques, le milieu écologique… Ces informations peuvent se retrouver, soit sur les étiquettes (place limité), soit sur un carnet de chasse. Dans ce second cas, mettre un numéro de référence pour faire le lien avec le spécimen.

Toutes ces données ne peuvent figurer sur une étiquette, il est possible de les répartir sur 2, voir 3 étiquettes (voir illustration ci-contre).

2) – Mise en place dans la collection :
Exemple de rangement d'insectes, ici des mouches de la famille des Syrphidae (Photo B. GILLES)
Exemple de rangement d’insectes, ici des mouches de la famille des Syrphidae – ©Photo B. GILLES

Les insectes, une fois étiquetés et déterminés (voir cet article), vont pouvoir être rangés et classés dans des boîtes (cartons) prévues à cet effet. Le classement doit être méthodique et ordonné afin de retrouver et comparer les insectes par la suite. Le classement est basé sur la classification en vigueur, c’est à dire, par Ordre, Famille, Sous-Famille, Genre et espèce. Pour une meilleure organisation, l’intérieur des boîtes sera subdivisé verticalement, à l’aide de ficelle ou de fines lamelles de papier, en plusieurs parties (4 à 8 selon la taille des insectes) où les insectes seront installés de gauche à droite. Des étiquettes indiquant la place dans la classification seront disposés dans ces colonnes (voir photo ci-contre).

Ensuite, les cartons de collection seront rangés verticalement sur des étagères ou dans des armoires. Pour plus de facilité d’utilisation, des boîtes à insectes vitrées sont conseillées et chaque boîte sera étiquetée en indiquant son contenu (Famille, Sous-Famille et/ou genre).

Attention : La pièce où est entreposée les boîtes de collection doit être la moins humide possible. L’humidité permet le développement de moisissures (duvet blanc sur les insectes) et d’insectes comme les anthères (Coléoptère du genre Anthrenus sp.) (voir photos) qui se nourrissent des insectes morts. Pour prévenir l’invasion de ces ravageurs de collection, plusieurs techniques existent, certaines sont plus nocives que d’autres, comme la créosote de hêtre (cancérigène et maintenant interdit) ou le paradichlorobenzène (moins nocifs). La meilleure technique reste la congélation des boîtes. Ce que je conseille, est de placer les boîtes au congélateur 2 à 3 jours de temps en temps pour prévenir toute infestation.

J’ai mené une mission de modernisation et de numérisation de la collection entomologique de l’INRA d’Orléans. Durant cette mission, j’ai classé et rangé un grand nombre de spécimens provenant de plus de 80 ans d’échantillonnage à travers la France et le monde. Pour en savoir plus, je vous invite à lire cet article.

Larve d'Anthère (Source : https://www.flickr.com/photos/e_monk/3030662429/)
Larve d’Anthrène, Anthrenus sp. (Source : https://www.flickr.com)
Adulte d'Anthère (Source : https://www.flickr.com)
Adulte d’Anthère, Anthrenus sp. (Source : https://www.flickr.com)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je reste, bien évidemment, à votre disposition pour toutes interrogations, demande de conseil, d’astuce ou/et d’expertise. N’hésitez pas à me contacter ici. Au plaisir de vous lire et de vous aider!



Benoît GILLES
Chargé de recherche – Entomologiste chez Cycle Farms