Borréliose de Lyme : le retour du Dr Knock
Par Franck Canorel
« Une vérité alternative n’est pas une vérité. »
Gloria Orrigi, philosophe italienne spécialiste de l’épistémologie sociale
L’origine des borrélies, bactéries hélicoïdales à Gram négatif dont certaines sont responsables de la maladie de Lyme chez l’homme, est fort ancienne.
En 2015, George O. Poinar, entomologiste étasunien rattaché au département de biologie intégrative de l’université d’Etat de l’Oregon et spécialisé dans l’extraction de l’ADN des arthropodes conservés dans l’ambre, a ainsi pu en observer des traces dans l’hémoœle de tiques vieilles de 15 à 20 millions d’années (1).

Il publiera deux années plus tard dans le Journal of Medical Entomology un article sur la présence d’hémoprotozoaires dans les érythrocytes d’un mammifère trouvés dans une nymphe de tique appartenant au genre Amblyomma et datée de 30 millions d’années (2).
Or, ledit mammifère aurait été un primate.
Autrement dit, si nos lointains ancêtres étaient déjà parasités par des tiques, pourquoi l’Homme moderne ne l’aurait-il pas été ? (3)
Rappelons que le principe du « rasoir d’Ockham » (« raser » en philosophie revient à dire qu’il faut écarter les « explications » non nécessaires d’un phénomène) peut ainsi se résumer : l’explication la plus simple est la meilleure.
Pourtant, s’est développée aux Etats-Unis une théorie complotiste – alimentée par deux livres en 2004 et 2019 ainsi que par trois documentaires en 2008, 2009 et 2022 – selon laquelle la borréliose de Lyme serait due à des expériences visant la mise au point d’armes biologiques et qui auraient mal tourné au Plum Island Animal Disease Center (PIADC), un centre de recherches ouvert en 1954 sur une petite île de la baie de Gardiners, au large de la côte North Fork de Long Island (Etat de New York) (figure 2).

Seulement voilà : ledit centre, contrairement au laboratoire de l’United States Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID) situé à Fort Detrick dans le Maryland et dirigé de 1956 à 1970 par le microbiologiste Riley D. Housewright, n’était pas lié à l’armée, mais à l’United States Department of Agriculture, et ses recherches portaient fort logiquement sur l’étude et la prévention des zoonoses, dont la fièvre aphteuse.
D’après le « principe de Brandolini » (du nom de l’informaticien italien Alberto Brandolini qui l’a énoncé pour la première fois en 2013) « la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des… sottises (…) est supérieure (…) à celle nécessaire à les produire ». (4)
Sans doute allons-nous pêcher par naïveté, mais il nous semble utile de réfuter les arguties des complotistes.
D’abord, seules les tiques télotropes, c’est-à-dire dont les femelles se nourrissent indifféremment de sang sur toute une variété d’hôtes dont l’homme, pourraient être utilisées comme armes biologiques.
Avec quels résultats ?
En effet, une arme doit conjuguer trois qualités essentielles.
– Premièrement, elle doit être aisément manipulable. Or, si on peut dresser un chien, on ne peut pas dresser ses tiques
– Deuxièmement, elle doit être non dangereuse pour celui qui la manipule, mais parce qu’elles ne peuvent pas être dressées, les tiques peuvent se retourner contre celui qui entend s’en servir
– Troisièmement, une arme doit être létale ou invalidante (pour faire des blessés et ralentir ainsi l’avancée des troupes)
C’est le b.a.-ba.
Or, la borréliose de Lyme est bégnine dans la majorité des cas. (5)
N’en déplaise à certains, l’utilisation de tiques comme armes biologiques serait aussi efficace que celle d’un pistolet à eau.
Certes, il a existé – et il existe peut-être encore, en dépit de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction entrée en vigueur le 26 mars 1975 – des programmes militaires visant à mettre au point de telles armes.
Pour approfondir la question, on consultera le livre de l’entomologiste et professeur à l’université du Wyoming Jeffrey Alan Lockwood, Six-Legged Soldiers: Using Insects as Weapons of War (6).
De l’écologie et des maladies vectorielles
Maintes fois rééditée, l’œuvre du géographe vidalien Maximilien Sorre (Rennes, le 16 juillet 1880 – Messigny-et-Vantoux, le 10 août 1962) est connue des professionnels de l’analyse spatiale.
En revanche, la probabilité que des entomologistes médicaux aient connaissance de ses travaux nous semble faible, fait d’autant plus regrettable qu’ils offrent des clefs de lecture quant à la propagation des arboviroses.
Qui n’a pas entendu répéter ad nauseam que le système vectoriel est un « ménage à trois »(pathogène, vecteur et hôte) ? Or, dans un article lumineux, et pour ainsi dire avant-gardiste publié en 1933, Complexes pathogènes et géographie médicale, Sorre bat cette idée en brèche. (7)
Par « géographie médicale » – à ne pas confondre avec la géographie de la santé qui a trait à l’offre de soins (densité de médecins allopathiques par habitants, nombre d’hôpitaux, etc.) -, il faut entendre une discipline qui étudie les milieux aptes à favoriser la propagation des maladies vectorielles, qu’ils soient naturels (l’œkoumène) ou anthropisés (l’érème).
L’exercice est malaisé car la géographie médicale – fille putative de la synécologie – suppose de connaître le climat, la qualité des sols, le couvert végétal ou encore la faune du milieu qu’on souhaite étudier pour comprendre la dynamique des arboviroses.
Des exemples simples permettront de mieux cerner notre propos.
D’abord le climat : il va de soi que dans les régions balayées par le vent, les insectes ptérygotes sont désavantagés. En outre, sous nos latitudes et dès la fin du mois de novembre, l’ensemble des insectes se dérobe à notre regard. (8)
Pour autant, cette situation n’est pas immuable : il suffit pour s’en convaincre de penser au changement climatique qui touche le globe terrestre (en 2025, les Islandais ont pour la première fois observé des moustiques).
Quant aux sols, mélanges de matière organique et de matière minérale (argileux, limoneux ou encore sableux, c’est-à-dire composés de particules de matière minérale d’une taille inférieure à 2 micromètres, comprise entre 2 et 50 micromètres ou supérieure à 50 micromètres), ils jouent un rôle essentiel dans la biodiversité.
Comme le souligne l’écologue Sébastien Barot de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), « (…) un sol sableux laisse passer l’eau et retient les nutriments minéraux.
A l’inverse, l’argile favorise la rétention de l’eau et des nutriments minéraux (essentiellement les ions chargés positivement, les cations, comme l’ammonium, le potassium…) qui sont indispensables à la croissance des plantes. » (9) – Et d’ajouter : « (…) si un sol contient des organismes qui favorisent la croissance d’une espèce de plante, elle va produire plus de feuilles qui seront-elles-mêmes plus riches en nutriments minéraux comme l’azote. Du coup, cette espèce de plante pourra nourrir un plus grand nombre de chenilles, favorisant les guêpes qui les consomment. » (10)
En résumé, à un type de sol va correspondre un type de couvert végétal, lequel va s’accompagner ou non de la présence d’insectes phytophages (clétrophages, phloemophages, etc.). Ainsi, le développement d’angiospermes est-il un préalable à la survie des insectes nectarivores comme les moustiques.
C’est cet ensemble ou « complexe » pour reprendre l’expression de Maximilien Sorre, qui peut être pathogène.
Cependant, ce dernier précise que ledit complexe « est une relation non figée, évolutive ». (11)
En outre, il insiste sur un fait d’une grande importance en entomologie médicale mais souvent sous-estimé : « (…) l’insecte porteur du germe infectieux est rarement lié à l’homme d’une manière exclusive, et dans beaucoup de cas des animaux très divers sont susceptibles d’entrer dans l’association pathogène. Les préférences des insectes pour tel ou tel hôte ou, comme disent les naturalistes, leurs « tropismes », méritent de faire l’objet d’une étude approfondie. Ils peuvent être dans certains cas assez exclusifs et traduisent alors l’extension du complexe pathogène ; on attribue à une circonstance de cette sorte l’immunité relative des Nègres vis-à-vis de la fièvre jaune. » (12) « Mais » – poursuit-il – « l’inverse se produit. »
Lecteur assidu des travaux du bactériologiste et entomologiste Emile Roubaud (Paris, le 2 mars 1882 – Paris, le 30 septembre 1962), il note à propos des glossines, vecteurs des trypanosomiases africaines chez l’homme et de la nagana chez les animaux : « Elles vivent sur les animaux comme sur l’homme ; elles vivent même de préférence sur les animaux. De là une conséquence au premier abord paradoxale. Dans les régions où le gibier abonde, les
mouches se montrent très nombreuses, et pourtant la maladie du sommeil est moins fréquente que dans d’autres cantons où les mouches sont plus rares. »
Trois leçons sont à tirer de ce qui précède.
– Premièrement, le consensus sur le « ménage à trois » (pathogène, vecteur et hôte) relève de la simplification
– Deuxièmement, le milieu détermine le complexe pathogène et n’est pas figé : si l’Homme le modifie, ledit complexe va changer, voire disparaître
– Troisièmement, l’Homme n’est pas l’hôte préféré des vecteurs
Comment expliquer alors la « flambée » de borréliose de Lyme dans les petites villes du Connecticut East Haddam, Lyme et Old Lyme aux milieu des années soixante-dix ? (figures 3 et 4)

De la tradition anti-urbaine aux Etats-Unis
Dans un essai très documenté, Catherine Maumi, architecte et docteur en études urbaines qui a vécu cinq ans aux Etats-Unis, observe : « L’idéal d’une « ville à la campagne » – ou d’une communauté construite en harmonie avec la nature – hante l’esprit des habitants du Nouveau Monde depuis l’implantation des premières colonies britanniques sur la côte Est du nouveau continent, et constitue l’un des piliers fondateurs de la civilisation américaine. » (13)
Passé à la postérité pour son pamphlet Walden ou la vie au fonds des bois, le naturaliste, poète et philosophe Henry David Thoreau, est d’ailleurs un de ces hommes de la côté Est (il est né le 12 juillet 1817 à Concord dans le Massachussetts) qui entendait vivre loin du tumulte de la ville.
Cependant, si elle peut être bénéfique pour la santé (gardons-nous des sophismes), la proximité avec la nature peut aussi être à l’origine de nouveaux complexes pathogènes
Marchant dans les pas du bactériologiste et épidémiologiste étasunien Hans Zinsser, auteur du célèbre Rats, Lice, and History, Norbert Gualde, professeur d’immunologie à l’Université Victor Segalen de Bordeaux, s’est intéressé à l’émergence de la borréliose de Lyme outre-Atlantique. (14)
Le scenario qu’il propose et auquel nous adhérons sans réserve, est le suivant : elle résulte « (…) de modifications écologiques induites par les activités humaines accompagnant le développement agricole et industriel de l’est des Etats-Unis (…). A la suite de l’arrivée des colons anglais, le Massachusetts était devenu le premier centre métallurgique du continent. On y produisait du fer, ce qui nécessitait beaucoup de charbon de bois, aussi on détruisit systématiquement la forêt de Nouvelle-Angleterre. Le déboisement fut également favorisé par l’installation de fermes de plus en plus importantes (…) Vers la fin du XIXe siècle, l’industrie métallurgique de l’Est déclina (…) Enfin les
gouvernements locaux et fédéraux allaient progressivement mettre en place des politiques de préservation de la forêt qui réapparurent (sic) sous la forme de bois de taille, moins importants mais éparpillés sur le territoire et entourés de broussaille. La réhabilitation de l’habitat du daim sans le retour des prédateurs, aboutit à une prolifération du premier et, par-là, de l’Ixodes infectant les autres mammifères du voisinage et bien entendu les humains (figure 5). »
Or, à East Haddam, Lyme et Old Lyme, les maisons en bois sont construites en lisière de forêt et les parcelles ne sont pas délimitées par des barrières. Pour l’anecdote (mais en est-ce vraiment une ?), on notera qu’Henry David Thoreau devait écrire : « Je rêve d’un peuple qui commencerait par brûler les clôtures et laisser croître les forêts ! »(15)
L’absence de barrières laisse donc les animaux sauvages se déplacer en toute liberté et qui dit animaux sauvages, dit phorésie mais aussi ectoparasites.
Ainsi, le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus, Zimmermann, 1870), animal peu farouche et hôte principal de la tique Ixodes scapularis (Say, 1821), a pu aisément s’approcher des habitations.
A l’issue de leur gorgement sanguin, les tiques se sont laissé tomber, ont pondu, se sont multipliées aux abords des maisons et sont entrées en contact avec les habitants.

Lyme, Connecticut
Bien avant que la borréliose de Lyme ne soit connue en tant que telle, autrement dit qu’elle ne fasse l’objet d’un classement nosographique, de nombreuses personnes, la plupart issues de Montauk – une census-designated place (ou zone territoriale utilisée à des fins statistiques) située à la pointe de la péninsule de South Fork sur Long Island (Etat de New York) – se plaignaient de douleurs articulaires (« Montauk knee »).
D’autres souffraient d’une mystérieuse « fièvre de Nantucket » (16).
En 1975, deux mères de famille de la ville de Lyme dans le Connecticut, Polly Muray et Judith Mensh (dont la fille âgée de huit ans éprouve des difficultés à marcher) s’étonnent du nombre d’enfants souffrant d’arthrite rhumatoïde juvénile près de chez elles (17).
De par sa profession (elle est psychiatre), Judith Mensh a acquis l’intime conviction que les enfants n’affabulent pas, ne se plaignent pas de maux imaginaires.
Sans s’être concertées, les deux femmes appellent le State Department of Health basé à Hartford.
Elles sont alors reçues par le docteur David Snydman, lequel demande à des confères de la Yale University School of Medicine, Allen Caruthers Steere et Stephen Malawesta, de le seconder pour déterminer l’étiologie des 51 cas d’arthrite recensés (39 chez des enfants et 12 chez des adultes).
Le 3 août 1976, le State Department of Health publie un communiqué de presse dans lequel on peut lire sous la plume de Douglas S. Lloyd, responsable local de la santé publique : « One quarter of the patients had an unusual skin lesion before the onset of joint symptoms (…) Cases tended to occur among persons living near heavily wooded and sparsely settled areas (…) The seasonal and geographical distribution of cases and association with a skin lesion suggest that a virus carried by a biting insect may be responsible for this disease (…) Blood studies to indentify virus infection in the cases already studied have not to date implicated any known virus or other infectious agent. »
D’origine incertaine, même si les autorités sanitaires pressentent qu’elle est vectorielle, la maladie suscite des inquiétudes dans la population qui sont bientôt relayées par la presse.
Ainsi peut-on trouver en une du New York Times du 18 juillet 1976 un article de Boyce Rensberger intitulé : A New Type of Arthritis Found in Lyme.
117 autres malades seront signalés dans le New Jersey (autre Etat de la côte Est) entre 1978 et 1982, année où la bactérie responsable de la maladie de Lyme sera isolée (18).
Vingt-cinq ans de complotisme
En 1999 est créée aux Etats-Unis l’International Lyme and Associated Diseases Society (ILADS), qui entend se poser en rivale de la très officielle Infectious Disease Society of America (IDSA).
Afin que chacun puisse se faire une idée quant à la crédibilité scientifique de cette organisation, voici la liste alphabétique (non exhaustive !) des médecins et docteurs en ostéopathie (DO) qui en sont membres ou proches et qui ont été poursuivis pour « charlatanisme » (mauvais diagnostics, traitements fantaisistes, etc.) : ALLIBONE George William (Texas), ANIEL Albert (Maine), ARATA Michael (Californie), BURRASCANO Joseph J. (New York), CAMERON Daniel (New York), CHANCE Irma Rivera (Massachussetts), CHILDERS IV Henry E. (Delaware), COWDEN William L. (Texas), DEMARCO Charlene Cynthia (New Jersey), GUBB Geoffrey (Virginie), HARRIS Steven Jeffrey (Californie), HIRANI Karima (Californie), HOFFMAN John Gregory (Wisconsin), HOROWITZ Richard I. (New York), JALLER Daniel A. (Maryland), JEMSEK Joseph (Caroline du Nord), JOHNSON Kirk Eugene (Californie), JONES Charles Ray (Connecticut), KORN Brent (Arizona), LEDTKE Michael A. (Michigan), MATTHEWS James P. (Maryland), MCINTYRE Hope A. (Maryland), NATOLE Joseph Jr. (Michigan), ORENS Perry (New York), PFEIFER Stephen Robert (Indiana), PICCIRILLO Jeffrey (Iowa)…
Parallèlement à ces praticiens ayant pris quelques libertés avec les règles de déontologie médicale, ont été diffusés aux Etats-Unis des livres et des films sur la borréliose de Lyme pour le moins douteux et « orientés ».
En 2004, est ainsi publié un essai de Michael Cristopher Carroll, Lab 257: The Disturbing Story of the Government’s Secret Germ Laboratory. (19) (figure 6)

L’ouvrage, très confus et non sourcé, s’attarde sur un vétérinaire et virologue allemand, Erich Traub (Asperglen, le 27 juin 1906 – Rosenheim, le 18 mai 1985) spécialiste de la fièvre aphteuse, de la peste bovine et de la maladie de Newcastle (figure 7).
En 1949, dans le cadre de l’Opération Paperclip, qui a pour but de doter les Etats-Unis d’une confortable avance dans le domaine scientifique en mettant à profit les connaissances des savants ayant travaillé pour le Troisième Reich, Erich Traub est exfiltré pour intégrer le Naval Medical Research Center de Bethesda dans le Maryland (20).
Il y travaille sur les zoonoses jusqu’en 1953, année où il retourne en Allemagne pour fonder une nouvelle branche de l’Institut Friedrich-Loeffler, un organisme fédéral de recherche sur la santé animale.
Voilà les faits.
Venons-en à présent aux rumeurs propagées par Michael Cristopher Carroll.
Il prétend qu’Erich Traub a travaillé au Plum Island Animal Disease Center, alors que celui-ci n’ouvrira ses portes qu’en…1954.
Il laisse ensuite entendre qu’il serait le père de la borréliose de Lyme.
Or, chacun le sait : la maladie est due à une bactérie et Erich Traub était…virologue.
En 2008, Andy Abrahams Wilson réalise un documentaire, Under Our Skin: The Untold Story of Lyme Disease.
Il soutient qu’il existe des formes chroniques de la borréliose de Lyme, fait la promotion de l’ILADS, donne la parole à des malades demandant que leurs thérapies longues soient remboursées par les compagnies d’assurance, et évoque la possibilité d’un lien entre Borrelia burgdorferi s.l. et des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.
Retenez-bien ce dernier point.
En 2009, un dénommé Tim Grey, sans la moindre compétence médicale mais qui impute le décès prématuré de sa sœur à des complications liées à la borréliose de Lyme, réalise un nouveau documentaire : Under the Eightball (21).
Il y reprend peu ou prou la théorie conspirationniste développée par Michael Cristopher Carroll et se rend en 2013 à Hamilton dans le Montana pour interviewer Willy Burgdorfer (figure 8).
Au cours de leurs échanges, il évoque deux articles datés de 1952 et 1956.
Vérification faite, il n’en existe nulle trace dans la base de données Pubmed.
Intriguée par la théorie de Michael Cristopher Carroll et Tim Grey, la journaliste Kris Newby (qui sera abusivement présentée par le journal français Les Echos comme une scientifique), veut en avoir le cœur net et se rend à College Park dans le Maryland pour consulter le fonds Willy Burgdorfer, soit 24 600 documents versés par les National Institutes of Health aux National Archives (22).
Dans son livre à succès Bitten: The Secret History of Lyme Disease and Biological Weapons, elle affirme ne pas avoir trouvé les notes du bactériologiste et entomologiste relatives à la découverte de l’agent causal de la borréliose de Lyme.
Elle fait ensuite état d’une histoire cousue de fil banc (elle sait broder !) selon laquelle – guerre froide oblige – les Russes auraient fait main basse sur les travaux de Willy Burgdorfer et été à l’origine des cas de borréliose de Lyme dans le Connecticut et dans la région des Grands Lacs qui borde les Etats-Unis et le Canada.
Bien qu’elle ait souligné page 115 que la bactérie Rickettsia helvetica, rebaptisée « agent suisse » soit sans effet chez l’Homme, elle écrit en page 217 que celle-ci pourrait être impliquée dans la borréliose de Lyme.
Toujours dans une démarche spéculative et sensationnaliste, elle s’interroge enfin sur l’agent double au service du Kremlin qu’aurait pu être Willy Burgdorfer, ce dernier possédant un compte bancaire en Suisse dont sa famille ignorait l’existence…
En 2022, Winslow Crane-Murdoch et Lindsay Keys réalisent un troisième documentaire sur le sujet : The Quiet Epidemic.
Le ton dénote par rapport au précédent : il est moins polémique, plus posé.
Mais, car il y a un « mais », le casting est biaisé, puisque seules les personnes soutenant l’existence de la borréliose de Lyme chronique sont interrogées, jamais leurs détracteurs.
En 2023, la journaliste Owen Gleiberman, sceptique quant à l’existence de la borréliose de Lyme chronique, a publié en ligne une critique toute en nuances du film.
Nous lui empruntons ses conclusions : « (…) le fait que la maladie de Lyme soit devenue un mouvement à part entière interpelle. Est-ce une nécessité, le seul moyen pour les personnes qui en souffrent de se faire entendre ? Ou bien le besoin de croire en sa maladie a-t-il primé sur le besoin de comprendre la logique médicale ? Peut-être les deux. »
Le sens du mal
Depuis le début des années quatre-vingt, on sait grâce aux travaux d’anthropologie médicale que la maladie ne se résume pas à un désordre somatique ou psychologique.
Olivier Taïeb, Felicia Heidenreich, Thierry Baubet et Marie Rose Moro soulignent ainsi qu’Arthur Kleinman, psychiatre et anthropologue de l’université d’Harvard, a observé une « dichotomie entre la maladie-disease et la maladie-illness proche de la séparation « maladie du médecin » et « maladie du malade ». »
De même, pour Claudine Herzlich et Marc Augé, la maladie « (…) objective (…) sur le plan du corps (…) notre rapport conflictuel au social. » (23)
En outre, elle « (…) entraîne toujours la formulation de questions ayant trait à ses causes (…) et plus encore à son sens : « pourquoi moi », « pourquoi lui », « pourquoi ici », « pourquoi maintenant ». » (24)
Ce que nous avons précédemment nommé la « théorie américaine » peut s’expliquer de cette façon, de même que la remise en cause du consensus scientifique autour de la borréliose de Lyme par les personnes atteintes (ou pensant l’être) par cette affection bactérienne.
A titre d’exemple, on a pu voir en 2013 des milliers de manifestants défiler devant le George R. Moscone Convention Center de San Francisco où se tenait le congrès annuel de l’IDSA pour exiger la reconnaissance d’une forme chronique de la maladie.
Or, que lit-on sur le site des Centers for Disease Control and Prevention d’Atlanta ? « Les patients présentant des symptômes prolongés dus à la maladie de Lyme guérissent généralement spontanément, sans antibiotiques supplémentaires, mais la guérison complète peut prendre plusieurs mois. (…)
L’affection caractérisée par des symptômes prolongés dus à la maladie de Lyme est appelée syndrome post-traitement de la maladie de Lyme (SPTL), et sa cause est actuellement inconnue. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) recommandent l’utilisation de cette terminologie pour parler des symptômes prolongés liés à la maladie de Lyme.
Les CDC déconseillent l’utilisation du terme « maladie de Lyme chronique » car il sous-entend que les symptômes prolongés sont causés par une infection bactérienne persistante, alors qu’en réalité, la cause est encore inconnue. »
Le retour du Dr Knock
« De quoi souffrez-vous ? » Attendez que je réfléchisse. Voilà. Quand j’ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ca me chatouille, ou plutôt, ça me gratouille. » « Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille ? » (25)
L’idée selon laquelle la recherche scientifique serait immunisée contre les assertions sans fondement, les biais méthodologiques ou les résultats tenant de la magie, a volé en éclat en 1982 avec la parution aux Etats-Unis d’un essai de William Broad et Nicholas Wade : La Souris truquée. Enquête sur la fraude scientifique (26).
On y trouve quantité de falsifications dans le domaine des sciences de la santé, notamment en oncologie.
Mais s’il y a des brebis galeuses dans le domaine de la recherche biomédicale, il y a symétriquement du côté des soignants – réels ou autoproclamés – un « (…) bazar du bizarre (… ) » (27).
Or, « (…) près d’un Français sur deux a recours à une médecine différente. » (28)
Autrement dit, il existe chez nous une patientèle déjà acquise aux pratiques de soins non éprouvées scientifiquement.
Arrêtons-nous sur Christian Perronne, chef de file en France des « spécialistes de la borréliose de Lyme chronique ».
A la lecture des premières pages de son livre modestement intitulé La Vérité sur la
maladie de Lyme. Infections cachées, vies brisées, vers une nouvelle médecine, nous avons
d’abord pensé qu’il avait été injustement cloué au pilori par ses pairs (29).
Mais le diable – dit-on – se cache dans les détails. Et la suite nous a fait réviser notre première impression.
Le fil conducteur de l’ouvrage est d’une simplicité enfantine : la vérité est cachée, la maladie s’est développée aux Etats-Unis par suite d’expériences dans une base militaire cachée et Borrelia burgdorferi s.l. peut demeurer cachée. Bien entendu, rien de tout cela n’a échappé à la sagacité de Christian Perronne.
Son livre abonde de raccourcis, ragots, sous-entendus et partis pris.
– Page 63, il croit tenir un début de preuve de ce qu’il appelle les « crypto-infections » en faisant référence à L’Univers bactériel de Lynn Margulis et Dorian Sagan.
Or, si le nom de Lyn Margulis est associé à la théorie endosymbiotique (nos mitochondries sont d’origine bactérienne), sa théorie n’a rien à voir avec d’hypothétiques « crypto-infections » : il s’agit juste d’un phénomène évolutif.
– Pages 100 et 101, l’auteur prend fait et cause pour Viviane Schaller, une pharmacienne à la tête d’un laboratoire de Strasbourg ayant commercialisé un test supposé plus sensible et plus spécifique que les tests Elisa et Western Blot pour mettre en évidence la présence de Borrelia burgdorferi s.l. chez un patient (30).
Sur le papier, son initiative était louable. En effet, le test immuno-enzymatique Elisa n’est pas utilisable pendant les huit premières semaines de l’infection, durée requise pour que le système immunitaire sécrète des anticorps spécifiques, ou après l’administration d’antibiotiques, ces derniers éliminant les bactéries (31).
De plus, comme le souligne l’Association des professeurs de bactériologie-virologie- hygiène hospitalière des facultés de médecine, ce test peut « (…) donner de fausses réactions positives, par réactions croisées avec Treponema pallidum, les Leptospira et les autres Borrelia. Une sérologie de la maladie de Lyme ne peut donc être interprétée que si la sérologie syphilitique est négative. » (32)
En cas de doute, le test Western Blot permet de trancher.
Seulement voilà : non encadré réglementairement, le test mis au point par Viviane Schaller fabriquait des faux positifs à foison et son laboratoire fut contraint de fermer par les autorités sanitaires en 2012.
Certes, Christian Perronne n’omet pas de signaler que Viviane Schaller a eu affaire avec la justice, mais il en fait une victime d’un tribunal de l’Inquisition. Si l’expression ne figure pas dans son texte, c’est bien le sens de ses propos et il minore la gravité des faits en passant sous silence le jugement rendu le 14 décembre 2016 par la Cour d’appel de Colmar (33).
Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire…
– Page 132, reprenant sans sourciller la thèse complotiste de Michael Christopher Carroll, il prétend que le vétérinaire et virologue allemand Erich Traub « (…) dirigeait, pendant la Seconde Guerre mondiale, des recherches sur les maladies vectorielles (…), en utilisant des prisonniers comme cobayes. »
C’est faux.
Les recherches auxquelles a participé Erich Traub en Allemagne à partir de 1942 au Reichsforschungsanstalt für Viruskrankheiten der Tiere, avaient pour but de rendre malades les animaux d’élevage des pays ennemis en diffusant les virus de la fièvre aptheuse et de la peste bovine.
Or, ces virus étant non transmissibles à l’homme, quel intérêt aurait-il eu d’utiliser des cobayes humains ?
En outre, si Erich Traub avait mené les horribles expériences que lui attribue Christian Perronne, nul doute qu’il se serait abstenu de rentrer en Allemagne, de crainte d’être poursuivi pour crime contre l’Humanité.
– Page 154 (c’est presque un aveu de sa part), Christian Perronne écrit : « (…) la maladie de Lyme peut donner tout et n’importe quoi » ! Surtout n’importe quoi en effet.
Poursuivons.
– Page 163, il dit avoir prescrit à des patients souffrant de la borréliose de Lyme du Tanakan®, un médicament à base de Ginkgo biloba, un arbre gymnosperme très commun ayant suscité de multiples recherches en biomédecine.
Ce médicament est utilisé pour le traitement à visée symptomatique du déficit pathologique cognitif et neurosensoriel chronique du sujet âgé (à l’exception de la maladie d’Alzheimer et des autres démences), le traitement symptomatique de la claudication intermittente des artéropathies chroniques oblitérantes des membres inférieurs (au stade 2), le traitement d’appoint des baisses d’acuité et troubles du champ visuel présumés d’origine vasculaire ainsi que le traitement d’appoint des baisses d’acuité auditive et de certains syndromes vertigineux et/ou acouphènes présumés d’origine vasculaire et enfin l’amélioration du phénomène de Raynaud.
Or, il aurait fait montre de son efficacité.
Fait pour le moins « troublant », Christian Perronne n’a rien publié à ce sujet dans des revues scientifiques à comité de lecture.
Pourtant, si on suit la logique de ce « maquisard de la médecine » (le sixième chapitre de son livre est intitulé « La Résistance s’organise » ), il aurait dû, conformément au combat qu’il prétend mener, clamer haut et fort ses résultats.
A titre de comparaison, nous reproduisons ci-dessous un tableau établi par le docteur Alice Raffetin, infectiologue au Centre de référence des maladies vectorielles à tiques du Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges dans le cadre du suivi thérapeutique d’une patiente âgée de 29 ans atteinte de la borréliose de Lyme avec paralysie faciale périphérique droite puis gauche et céphalées associées.

– Page 168 – l’attaque est basse, sinon calomnieuse – Christian Perronne parle des « versets de l’IDSA », insinuant que cette société savante est arcboutée sur des idées obsolètes, alors que ses conclusions concernant la prise en charge des malades sont largement partagées par le corps médical.
– Page 175, il fait, certes à mi-mots, la promotion du TicTox (34).
– Enfin, page 192 – c’est pour ainsi dire un feu d’artifice – on apprend que « (…) les spirochètes sont la cause de la maladie d’Alzheimer » !
Les lecteurs attentifs n’auront pas manqué de noter que cette « hypothèse » avait été avancée dès 2008 par un…cinéaste.
De quoi la maladie de Lyme est-elle le nom ?
Dans l’hémisphère Nord, les maladies vectorielles sont peu connues, que ce soit du grand public ou des médecins généralistes.
Les uns comme les autres tendent à les considérer comme des maux exotiques consubstantiels à l’Afrique, à l’Asie ou à l’Amérique latine.
Rappelons-nous de ce que disait Catherine Maumi : « L’idéal d’une « ville à la campagne » – ou d’une communauté construite en harmonie avec la nature – (…) constitue l’un des piliers fondateurs de la civilisation américaine. »
En 1975 aux Etats-Unis, où la nature (wildneress) est perçue comme un espace de quiétude et de liberté, la survenue de nombreux cas de borréliose de Lyme dans le Connecticut a suscité des doutes quant à son origine.
C’est ainsi qu’ont germé des hypothèses complotistes déplaçant cette origine, d’un Eden fantasmé, ouvert, associant simplicité et sérénité, à celle d’un laboratoire, lieu clos et siège d’expériences supposément compliquées et donc suspectes.
Pour autant, si douter est une démarche scientifique, soupçonner n’en est pas une.
En revanche, en France, la nature, sauvage, indomptée, fait peur (35).
Et puisqu’elle rime avec danger, le risque d’y contracter la borréliose de Lyme y est considéré comme « normal ».
Santé publique France, dans une étude de type « connaissances, attitudes et pratiques » ou CAP consacrée à la borréliose de Lyme et mise en ligne en décembre 2025, observe : « (…) même si la proportion de personnes n’ayant jamais entendu parler de la borréliose de Lyme est faible (16%), le sentiment de bonne information dans la population adulte n’est que de 40%. Cela pourrait être lié à un défaut d’accès à une information adaptée ou à la très grande quantité d’informations sur la borréliose de Lyme parfois peu cohérentes véhiculés par les médias notamment. »
Soyons clairs : les personnes atteintes de la borréliose de Lyme doivent être écoutées et faire l’objet d’un suivi médical. Elles le sont (36).
En revanche, celles qui en dépit de tests négatifs se prétendent concernées, posent problème quand elles relaient des contre-vérités.
Sur Internet, leur prosélytisme débridé tend à retarder la prise en charge des malades par des médecins qualifiés avec le risque de complications que cela induit.
En définitive, la maladie de Lyme – si réelle soit-elle – est devenue un cheval de Troie des charlatans en matière de santé publique.
Qu’en sera-t-il quand la prévalence d’autres maladies vectorielles à tiques (anaplasmose granulocytaire humaine, babésiose, ehrlichiose, rickettsiose…) sera mieux connue ?
Pour aller plus loin, nous recommandons la lecture des numéros 317 (juillet 2017) et 322 (octobre 2017) de la revue Science & pseudo-science de l’Association pour l’information scientifique.
Bibliographie
1 – Poinar Jr., G. (2015). Spirochete-like cells in a Dominican amber Ambylomma tick (Arachnida: Ixodidae). Historical Biology, 27(5), pp. 565-570 (lien)
2 – Poinar Jr., G. (2017). Fossilized Mammalian Eythrocytes Associated With a Tick Reveal Ancient Piroplasms. Journal of Medical Entomology, 54(4), pp. 895-900 (lien)
3 – Ötzi, surnom donné à l’homme préhistorique momifié découvert le 19 septembre 1991 en Italie suite à la fonte du glacier du Hauslabjoch, était atteint de la borréliose de Lyme. 4- Swynghedauw B. (2020). Le principe de Brandolini et les fake news. Médecine/sciences volume 36(6-7), p.654
5 – On connaît trois stades de la maladie : la borréliose de Lyme précoce localisée, qui survient de 3 à 30 jours après la piqûre de tique et se caractérise par une manifestation cutanée typique : l’érythème migrant ; la borréliose de Lyme précoce disséminée, qui survient de plusieurs jours à plusieurs semaines après la piqûre de tique et peut se présenter sur le plan symptomatique sous la forme d’érythèmes migrants multiples, de manifestations neurologiques et plus rarement de manifestations articulaires ; la borréliose de Lyme tardive disséminée. Elle survient plusieurs mois voire années après la piqûre de tique et se caractérise par des manifestations articulaires, cutanées et neurologiques spécifiques rares.
6 – LOCKWOOD J. (2008). A. Six-Legged Soldiers: Using Insectes as Weapons of War. New York: Oxford University Press, 377p. 7 – Sorre Maximilien (1933). Complexes pathogènes et géographie médicale. In : Annales de Géographie, t. 42, n°235, pp. 1-18
8 – Ce phénomène est dû à plusieurs facteurs concomitants : diminution de la photopériode, manque de nourriture et baisse des températures. Les insectes étant des animaux poïkilothermes, ils tentent de se soustraire aux rigueurs de l’hiver pour survivre, d’aucuns migrant dans des régions où le climat est plus clément, par exemple le très commun lépidoptère Vanessa cardui (Linnaeus, 1758) qui s’exile en Afrique, quand d’autres tels les staphylins noirs (Ocypus olens, O.F. Müller, 1764) trouvent refuge dans nos habitations (synanthropie). Enfin, nombre d’entre eux entrent en diapause : leur métabolisme ralentit et ils produisent des composés cryoprotecteurs (protéine comme la THP, sucres tels que le glycérol ou le tréhalose) évitant ainsi que leurs cellules ne gèlent et n’éclatent.
9 – BAROT S. (2025). L’écologie est une science. Paris : Belin/Humensis, p. 92
10 – Ibid., pp. 149-150
11 – Ibid., p. 10 12 – Cette prétendue immunité est très discutable : il suffit pour s’en convaincre de consulter les données épidémiologiques de l’Organisation mondiale de la santé.
13 – MAUMI C. (2008). Usonia ou le mythe de la ville-nature américaine. Paris : Editions de La Villette, p. 33. Penser l’espace 14 – GUALDE N. (2003) Les microbes aussi ont une histoire. Des épidémies de peste aux menaces de guerre bactériologique. Paris : Les Empêcheurs de tourner en rond, pp. 101-104
15 – THOREAU H. D. (2020). De la marche. Paris : Librairie Arthème Fayard, p. 17. 16 – On sait aujourd’hui qu’il s’agissait de la babésiose, ou néo-paludisme, maladie due à un protozoaire transmis par les tiques. 1996, 321 p.
17 – MURRAY P. The Widening Circle: A Lyme Disease Pionneer Tells Her Story. New York: St. Martin’s Press, 18 – Burgdorfer W, Barbour AG, Hayes SF, Benach JL, Grundwaldt E, Davis JP. (1982). Lyme disease-a tick- borne spirochetosis? Science, 216(4552), pp. 1317-9 (lien)
19 – CARROLL M C.(2004). Lab 257: The Disturbing Story of the Government’s Secret Germ Laboratory. New York: HarperCollins, 289p. (lien) 20 – HUNT H. (1991). Secret Agenda: The United States Government, Nazi Scientists, and Project Paperclip, 1945 to 1990. New York: St. Martin’s Press, p. 340
21 – Le Eightball, également appelé Building 527, Cloud Study Chamber, Horton Test Sphere ou One-Million- Liter Test Sphere est le nom donné à une chambre d’aérobiologie de l’USAMRIID. 22 – NEWBY K. (2019). Bitten: The Secret History of Lyme Disease and Biological Weapons. New York: HarperWave, 318 p. 23 – Augé M., Herzlich C. Le sens du mal. In : Anthropologie, histoire, sociologie de la maladie. Paris : Editions des archives contemporaines, 194, p. 23
24 – Ibid., p. 201 25 – ROMAINS J. (1924). Knock ou le triomphe de la Médecine. Paris : Gallimard, 1924, p. 62. Folio n°60
26 – BROAD W., WALDE N. La Souris truquée. Enquête sur la fraude scientifique. Paris : Editions du Seuil
27 – ABGRALL J-M. (1998). Les Charlatans de la santé. Paris : Payot, p. 10. Documents Payot
28 – Ibid., p. 11
29 – PERRONNE C. (2019). La Vérité sur la maladie de Lyme. Infections cachées, vies brisées, vers une nouvelle médecine. Paris : Editions Odile Jacob, 330 p. 30 – La sensibilité d’un test (Se) correspond à la probabilité d’être testé positif lorsqu’on est malade. Elle se calcule ainsi : vrais positifs/vrais positifs + faux négatifs. La spécificité d’un test (Sp) se calcule quant à elle de la façon suivante : vrais négatifs/vrais négatifs + faux positifs.
31 – Notons que les associations de malades estiment que le test Elisa a une sensibilité comprise entre 30 et 50%, tandis que la Société de pathologie infectieuse de langue française, en s’appuyant sur les travaux de l’European Center for Disease Control, l’estime quant à elle à 90% mais pour les stades précoce disséminé et tardif disséminé.
32 – Association des professeurs de bactériologie-virologie-hygiène hospitalière des facultés de médecine. Bactériologie médicale. Lyon : Presses universitaires de Lyon, 1997, p. 243
33 – Viviane Schaller, docteur en pharmacie, a été condamnée à neuf mois de prison pour escroquerie au pré- judice de la Caisse primaire d’assurance maladie du Bas-Rhin, peine assortie d’une amende de 280 820 euros. Quant à son ancien associé, Bernard Christophe, diplômé en pharmacie mais non inscrit à l’Ordre des pharmaciens, il a été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour exercice illégal de la pharmacie et à une amende de 10 000 euros pour la vente d’un produit, le TicTox, abusivement présenté comme un médicament conçu pour soigner les personnes souffrant de la borréliose de Lyme, commercialisé sans autorisation de mise sur le marché délivrée par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé et contenant de surcroît un terpène, la thuyone, connue pour ses effets neurotoxiques et convulsant. 34 – Comment peut-on être crédule au point d’imaginer un seul instant qu’une lotion à base d’huiles essentielles et donc à usage EXTERNE, pourrait avoir le moindre effet sur des bactéries à l’INTERIEUR du corps, d’autant que Christian Perronne souligne qu’elles y sont bien cachées ?
35 – CHANSIGAUD V. (2017). Les Français et la nature. Pourquoi si peu d’amour ? Arles : Actes Sud, pp. 67-132. Mondes sauvages
36 – Depuis 2009, les médecins du réseau Sentinelles collectent des données au niveau national, même si la borréliose de Lyme n’est pas une maladie à déclaration obligatoire (contrairement à l’encéphalite à tiques). Selon la Caisse nationale d’assurance maladie, nous sommes passés de 2009 à 2021, de 25 000 à 68 530 cas diagnostiqués chaque année, avec des disparités régionales fortes.



