Category: Présentation d’espèces

Les membracides sont des petits insectes appartenant à la super-famille des Membracoidea et à l’ordre des Hémiptères : pucerons, cicadelles et cigales, caractérisés par une métamorphose non complète (hémimétabolisme : lire cet article) et des organes buccaux de type piqueurs-suceurs (lire cet article).

Ces insectes sont connus pour les soins prodigués aux oeufs et aux larves, pour leur faculté à réaliser des sauts impressionnants et surtout pour leur excroissance ornementant leur thorax, qui revêt des formes, tailles, couleurs et textures des plus extravagantes (voir photos ci-dessous).

Photos de différentes espèces de membracides

Photos de différentes espèces de membracides – De gauche à droite (en haut) : Cyphonia cravata (Cliché de Andreas Kay) ; Platycostis vittata (Cliché de Matthew Cicanese) ; Membracis sp. (Cliché de Geoff Gallice) – (en bas) : Darnis sp. (Cliché de Andreas Kay) ; Cladonata apicalis (Cliché de Pavel Kirillov) ; Non déterminé (Cliché de H.K. Tang) (Source : Flickr.com)

Actuellement, ce sont plus de 3 270 espèces qui ont été décrites à travers le monde, dont la plus grande diversité se rencontre en Amérique centrale et du sud. Elles sont réparties en familles : les Aetalionidae (6 genres et 42 espèces) – les Melizoderidae (2 genres et 8 espèces) – les Membracidae (plus de 400 genres et 3 000 espèces).

En France, seuls trois genres et quatre espèces sont présents,  deux communes : Stictocephala bisonia et Centrotus cornutus, et deux plus rares : Gargara genistae et Centrotus chloroticus (voir photos).

Stictocephala bisonia (Source : Ferran Turmo Gort - Flickr.com)

Stictocephala bisonia (Source : Ferran Turmo Gort – Flickr.com)

Centrotus cornutus (Source : Gilles San Martin - Flickr.com)

Centrotus cornutus (Source : Gilles San Martin – Flickr.com)

I) Biologie générale

Phytophages, les membracides percent les tissus végétaux et en sucent le phloème (tissu conducteur de la sève élaborée : provenant des feuilles, riche en glucides et acides aminés) à l’aide de leur stylet (appareil buccal modifié en forme de « paille », lire cet article). Certaines espèces peuvent s’alimenter du xylème (tissus conducteur de la sève brute : provenant des racines, riche en eau et sels minéraux). Les larves se nourrissent, quant à elles, du parenchyme (tissu fondamental du végétal).

Comme tous les Hémiptères, les membracides possèdent un (suite…)

Les insectes et les végétaux entretiennent des relations d’interdépendance depuis l’apparition des plantes à fleurs au Crétacé (145-65 millions d’années) (lire cet article). Cette co-évolution entre plantes à fleurs et les insectes est à l’origine de la diversité des interactions inter-spécifiques, des espèces et des cycles biologiques.

Parmi ces relations, certaines sont favorables aux deux protagonistes (la plante et l’insecte) : ce type d’interactions à bénéfices réciproques constitue  mutualisme. L’insecte se développe, s’alimente, effectue son cycle reproductif en totalité ou en partie via l’organisme végétal, et en contrepartie, la plante est pollinisée et fécondée. L’insecte joue alors le rôle de transporteur des grains de pollen d’une fleurs à l’autre, contribuant ainsi au maintien de la diversité génétique de l’espèce végétale.

Parfois, deux espèces peuvent avoir évolué de manière à ne pouvoir vivre l’une sans l’autre: elles deviennent totalement dépendante. Un exemple de mutualisme parmi les plus remarquables est probablement celui des guêpes de la famille des Agaonidae (Chalcidiens-Hyménoptères) et des figuiers. C’est cette association étonnante que vous découvrirez dans ces lignes.

 La figue :
Coupe transversale d'une figue (Source : Wikipedia)

Coupe transversale d’une figue (Source : Wikipedia)

Contrairement à ce que l’on peut croire, la figue n’est pas un fruit!! Il s’agit en fait d’un réceptacle floral refermé sur lui-même, enfermant les fleurs femelles et les fleurs mâles. La figue forme ainsi une urne (Syconium), dont l’ouverture située au sommet (ostiole) est fermée par des bractées (des sortes de feuilles à la base du pédoncule florale). La moitié environ des espèces sont dites monoïques (une figue porte des fleurs mâles et femelles), les autres étant dioïques (les fleurs mâles et femelles sont portées par des arbres différents).

Dans le monde, plus de 800 espèces de figuiers, regroupées en 20 genres, sont recensées, dont la grande majorité se rencontre dans les forêts tropicales : le genre Ficus regroupe le plus grand nombre d’espèce.

La figue, impropre chimiquement à un grand nombre de phytophages (animaux se nourrissent de matière végétale) jusqu’à sa maturation, offre également un environnement intérieur protecteur pour tout insecte ayant la possibilité de s’y installer. C’est ainsi, qu’au cours de l’évolution, de nombreuses espèces d’insectes (Diptères, Coléoptères, Hyménoptères) ont réussi à en tirer avantage à l’aide d’innovations et d’adaptations morphologiques. Mais les guêpes Agaonides vont plus loin : (suite…)

Présentation d’une espèce de fourmis rencontrée au cours de mon séjour au STRI au Panama

  • Les fourmis « volantes » du genre Cephalotes

Les fourmis du genre Cephalotes (Famille des Myrmicinae et Tribu des Cephalothini) sont principalement présentes dans les forêts tropicales d’Amérique centrale et du sud.

Cephalotes à l'entrée de leur nid dans un troc d'arbre - Photo B. GILLES

Cephalotes à l’entrée de leur nid dans un troc d’arbre – ©Photo B. GILLES

Ce sont des espèces uniquement arboricoles, construisant leur nid dans des tiges et des troncs d’arbres vivants ou morts. Leur biologie n’est pas très bien connue, mais elles semblent se nourrir d’une large gamme d’aliments d’origine végétale et animale (pollen, insectes, fientes d’oiseaux, animaux morts, etc.), elles sont considérées comme omnivores. Les colonies, selon les espèces, contiennent d’une dizaines d’ouvrières à près de 10 000 comme chez Cephalotes atratus.

Ces fourmis sont connues par leur morphologie singulière. Toutes les espèces de ce genre sont caractérisées par une (suite…)

Présentation d’une espèce typique de fourmis du Panama rencontrée au cours de mon séjour au STRI

  • Les fourmis « légionnaires », genre Eciton

Les fourmis du genre Eciton sont dites « légionnaires » en raison de leur mode de vie nomade et de leur technique de chasse qui consiste à capturer tout animal se trouvant sur leur passage. Plusieurs espèces se rencontrent dans les forêts tropicales de l’Amérique centrale et du sud.

C’est au cours de mon séjour au Panama, que j’ai eu la chance de pouvoir observer l’espèce Eciton burchellii, qui est grandement étudiée sur l’île de Barro Colorado au Panama. Lorsque l’on croise ces fourmis dans les sous bois de la forêt, leur vitesse, leur nombre, leur agressivité et surtout le bruit qu’elles font en marchant ne laissent pas indifférent. Leur organisation m’a toujours fasciné, de pouvoir les observer dans leur environnement naturel a été un réel bonheur pour moi.

Eciton Burchellii soldat mordant mon doigt

Eciton Burchellii soldat mordant mon doigt -©Photo B. GILLES

Comme chez beaucoup d’espèces de fourmis, il existe un fort polymorphisme chez les ouvrières, formant des castes. Ainsi, 3 castes sont décrits : 1) les Minor (petite taille) dont le rôle est de s’occuper des oeufs et des larves, 2) les Media (taille moyenne) dont le rôle est de récolter la nourriture et de former le bivouacs, 3) les Majors (grande taille), également appelés Soldats (voir photo), dont le rôle est la protection de la colonie. Les soldats sont reconnaissables à leur tête volumineuse et surtout à leurs mandibules longues, fines et recourbées.

A savoir : les soldats ne peuvent ouvrir leurs mandibules une fois qu’ils ont mordu, pour les enlever il est nécessaire de casser la tête et de tout arracher. Je crois que certaines tribus humaines se servent de ces fourmis comme agrafes et points de sutures….

Un autre exemple est présenté chez l’espèce du genre Atta (« fourmis champignonnistes ») : ici.

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Présentation des mouches Tephritidae :

La famille des Tephritidae, ou « mouches des fruits », comprend plus de 4000 espèces réparties en 500 genres. 

C’est l’une des familles de diptères les plus importantes économiquement en raison des dégâts qu’elles provoquent dans les cultures (fruits et légumes) et de leur présence dans de très nombreux pays. Depuis un siècle, les Tephritidae sont l’un des ravageurs les plus étudiés (voir mission de recherche au CIRAD de La Réunion)

Position systématique des Tephritidae :

Ordre : Diptera

Sous-ordre : Brachycera

Division : Cyclorrapha

Super-famille : Tephritoidea

Famille : Tephritidae

Morphologie d’une mouche Tephritidae :

Morphologie d'une mouche Tephritidae

Les champs d’investigation concernent aussi bien la biologie, tel le comportement, la sélection sexuelle, la spéciation ou les méthodes de protection. (suite…)

Les papillons du genre Heliconius

Les Heliconius sont des papillons que l’on rencontre dans les forêts tropicales d’Amérique centrale et sud. Ils sont notamment connus et étudiés par la science pour leur capacité à se mimer entre eux et à s’adapter rapidement aux changements de couleur et de comportement. Au sein de chaque espèce existe des populations qui présentent des pattern de coloration différents, semblables à d’autres populations d’espèces différentes situées dans la même localité géographique.

Ce processus de mimétisme prend origine dans une structure particulière de leur génome et sur le principe Müllérien qui consiste à ressembler à des espèces toxiques pour échapper aux prédateurs qui apprennent à ne pas consommer une certaine coloration.

Une thématique sur laquelle j’ai eu la chance de travailler au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris : ici. Pour en savoir davantage sur les mécanismes génétique, je vous invite à lire cet article sur l’histoire évolutive de l’origine de la coloration de ces papillons.

En plus de ces particularités, les papillons Heliconius sont intéressants à d’autres points de vue.

Dans leur comportement alimentaire :

Contrairement aux autres papillons qui se nourrissent de nectar floraux, les Heliconius ont la particularité de s’alimenter de pollen. Grâce à leur proboscis (= la trompe), les

H. hecale melicerta se nourrissant de pollen récoltés sur son proboscis (trompe) - Photo de B. GILLES

H. hecale melicerta se nourrissant de pollen récoltés sur son proboscis (trompe) – Photo de B. GILLES

papillons collectent les grains de pollen qui s’y agrègent pour former une pelote (voir photo et vidéo ci-contre). Ensuite, par des actions mécaniques des mandibules et de sécrétions digestives (salive), le pollen est dégradé, absorbé et digéré.

Ce mode alimentaire est unique chez les papillons.

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