Interview de Franck Canorel

Peux-tu te présenter, ton parcours et tes centres d’intérêts autour de l’entomologie ?

Avant tout, je tiens à saluer Pierre Barthelemy, qui m’a enseigné les rudiments du buschcraft, Jean-Michel Bérenger, entomologiste médical à l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée
Infection
et mon vieux compagnon de faculté, Youssef Guennoun Hassani, naturaliste, photographe et professionnel de santé.

J’ai grandi dans les années soixante-dix dans les Yvelines, un département francilien très boisé.

Ma mère avait pour habitude de nous emmener en forêt le week-end, ma sœur cadette et moi, pour profiter de ce qu’on n’appelait pas encore l’environnement mais la nature.
Je me souviens avec émotion qu’elle m’avait abonné aux publications sur la faune sauvage des éditions Atlas : ce fut non seulement mon premier contact avec les animaux, mais aussi ma première initiation à la géographie.

J’ai par ailleurs eu la chance d’avoir pour enseignant à l’école primaire un « savant fou » collaborateur du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), qui avait installé dans notre salle de classe des vivariums avec des achatines, ce qui serait aujourd’hui impossible. Ce gastéropode est en effet considéré comme une des pires espèces invasives par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et il est de surcroît vecteur d’un nématode, Angiostrongylus cantonensis, responsable chez l’Homme de la méningo-encéphalite éosinophilique.

Non loin de la barre HLM où nous habitions, s’étendait un vaste champ avec un petit plan d’eau où des vaches venaient s’abreuver.
Sitôt l’école finie, nous guettions les intempéries.

Theraphosa blondi (Latreille, 1804), une araignée de Guyane française (photographie : Franck Canorel (2024) ; formation « Arthropodes terrestres et parasites venimeux » au MNHN)

Quand la pluie tombait, les berges de ce minuscule étang devenaient meubles, les bovins s’y enfonçaient et les salamandres et autres urodèles tombaient dans les trous creusés par leurs sabots sans espoir d’en sortir, ce qui nous permettait de les « cueillir » sans difficulté pour les observer.

Mon père étant ultramarin, c’est sous d’autres cieux, plus précisément en Guyane française, que j’ai aussi eu l’occasion d’observer pendant mon enfance des myriades de Morpho (Morpho menelaus didius ; Fabricius, 1807), et le plus imposant Cérambycidé du monde : Enoplocerus armillatus (Linnaeus, 1767).

J’ai alors connu des vacances magnifiques, hélas en partie gâchées par la puce-chique (Tunga penetrans ; Linnaeus, 1758), des diptères myasigènes et surtout des moustiques vecteurs de la fièvre jaune et du paludisme (PERSONNE dans ce département d’Amazonie ne songerait ne serait-ce qu’un seul instant à dormir sans moustiquaire).

A l’adolescence, je me suis éloigné des insectes, la taille de guêpe des filles me faisant davantage de l’œil que les pétioles des hyménoptères.

Le temps a passé et j’ai emménagé à Paris. Terminé les petites bêtes à six pattes, hormis les grillons du métro – une époque révolue – et les blattes germaniques !
J’ai plus tard repris mes études au Greta paramédical de Paris où j’ai obtenu en un an un brevet de technicien supérieur qui m’a permis d’acquérir de bonnes bases en biologie.
L’année suivante, je me suis inscrit en licence à l’Université René-Descartes (Paris V) pour me familiariser avec l’anthropologie, l’histoire et la sociologie, tout en me rendant le soir venu à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) pour suivre les enseignements de l’historien des mentalités Georges Vigarello.
J’ai ensuite intégré l’Ecole de Santé Publique de la Faculté de Médecine de Nancy pour y préparer une licence et un master avant de m’inscrire au Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam).

En 2006, j’ai validé un diplôme universitaire en santé-environnement à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), puis l’année suivante des unités de valeur en écologie et en histoire des sciences et techniques au Cnam et enfin en 2008 – année où je suis devenu vacataire à l’UVSQ – un master de géographie à l’Université du Mans.
On m’a alors proposé à deux reprises de soutenir une thèse de doctorat, mais au vu du contexte français (« culture de la courbette », mandarinat, etc.), cela ne m’a pas intéressé.

Enfin, en 2010, j’ai obtenu un diplôme sur les risques chimiques (toxicologie) au moment où j’emménageais à Choisy-le-Roi.
Le hasard a alors voulu que je me rende au parc interdépartemental de Paris-Val-de-Marne muni d’un modeste appareil photo numérique : la chance m’a souri puisque j’ai photographié de près (de très près même) un Anax, ce qui a relancé mon intérêt pour les insectes.

A force d’observations, j’ai commencé à me poser des questions : quels sont leurs régimes alimentaires ? Quelles sont leurs réactions face au danger (catalepsie, fuite…) ? Pourquoi certains se meuvent-ils sur les brindilles la tête en bas quand d’autres le font la tête en haut (géotaxie) ?

Ernst Jünger

Je me suis également intéressé à l’étude des relations homme/insecte, et sur les conseils d’un ami, j’ai lu le roman dystopique Les Abeilles de verre du grand écrivain conservateur et entomologiste allemand Ernst Jünger (Heidelberg, 29 mars 1895 – Riedligen, 17 février 1998). Visionnaire, il y décrivait dès 1957 un monde à la dérive où ce que nous appelons aujourd’hui des drones pollinisaient des fleurs.

Nous ne sommes plus très loin de ce scenario…
Sur le plan professionnel, ces réflexions ont coïncidé en 2010 avec ma prise de fonction en qualité de directeur du Service communal d’hygiène et santé environnementale de Fontenay-sous-Bois.

C’est à ce moment précis que tout a « basculé », car j’ai appris incidemment que le bois de Vincennes situé à quelques encablures de la commune avait fait l’objet d’une pulvérisation de deltaméthrine contre le moustique tigre (Aedes albopictus ; Skuze, 1894). Las, le sujet n’intéressait personne, suscitant incrédulité, rires gras et quolibets. Une phrase résonne encore à mes oreilles : « Nous ne sommes pas en Afrique. Il faut arrêter avec la science-fiction ! »

Dans la sphère privé, c’était peu ou prou la même chose : observer des insectes était un hobby bizarre, voire suspect.

Les Entomonautes n°5. La revue en a connu douze et paraissait trois fois par an.

En 2012, pour rompre mon isolement, j’ai commencé à publier une revue en ligne, Les Entomonautes (ISSN 2491-438X), dont la plupart des numéros sont disponibles en PDF sur le site de Julien Nowak (lien), auteur d’une thèse en biologie évolutive et écologie à l’Université Lille 1.

Ce travail m’a permis d’entrer en contact avec des naturalistes amateurs de haut niveau tels que Vincent Albouy, Eric Geirnaert (spécialiste des insectes dans l’ambre) ou encore André Lequet, mais aussi avec des professionnels comme Pierre Zagatti, qui m’a fait l’insigne honneur de m’ouvrir les portes de son laboratoire à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRAE) et même avec de petits éditeurs étrangers comme le tchèque Erik Tihelka qui était passionné d’ethnoentomologie (il est depuis chercheur à l’Université de Cambridge et a récemment publié dans Nature, LA référence mondiale en matière de publications scientifiques, un article sur un proto-insecte doté de 24 pattes trouvé dans un fossile texan vieux de 324 millions d’années).

J’ai par la suite réalisé des milliers de photographies dans les forêts d’Armainvilliers, Bois-le- Roi, Dourdan, Lardy, Marly, Sénart, etc. On ne le dira jamais assez : le terrain est très formateur.

En 2017, j’ai validé le MOOC Medical Entomology de l’Institut Pasteur, puis le Certificat d’études supérieures universitaires en entomologie médicale de l’Université d’Aix-Marseille. Je travaille depuis quelques années à l’Agence Régionale de Santé (ARS) Île-de-France en qualité d’ingénieur d’études sanitaires.

A l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de Marseille :
collecte de larves de moustiques (Source : F. Canorel)
Tu as écris plusieurs articles en entomologie médicale, pourquoi ce choix ? Qu’est ce qui te passionne dans cette discipline de l’entomologie ?

Vaste question !

Je vais être un peu long et je m’excuse par avance des digressions qui vont suivre. D’abord, je tiens à me démarquer avec force d’un milieu que sans abhorrer, je trouve un peu puéril : celui des associations de vieux messieurs qui se contentent d’occire des insectes avec du cyanure de potassium en espérant découvrir une nouvelle espèce, lui donner leur nom et passer ainsi à la « postérité ».

Ce sont au mieux des esthètes du minuscule.

A titre de rappel, Jean-Henri Fabre (un de leurs hérauts) n’était pas un chercheur, mais un poète anti-darwinien plus proche du Félibrige que de la science. Il faut le dire et le répéter : l’entomologie n’a rien à voir avec la bohème.

On ne peut pas s’intéresser aux insectes sans comprendre leur rôle au sein des écosystèmes et l’importance qu’ils ont pour l’espèce humaine, qu’elle nous soit bénéfique (asticothérapie, pollinisation…) ou pas.

J’ai été maintes fois agressé par des arthropodes (la dernière fois par un Tabanidé en juillet 2026 !) – vérifiant à mes dépends l’opportunité de l’échelle de pénibilité de leurs piqûres établie par Justin Orvel Schmidt – tant et si bien que je me suis demandé si je ne risquais pas de contracter une maladie, et c’est par ce cheminement intellectuel que j’en suis venu à m’intéresser à l’entomologie médicale.

Las, il n’y avait quasiment pas d’ouvrage en français sur ce thème.

J’avais (et j’ai toujours) mes entrées à la Bibliothèque inter-universitaire Santé Pharmacie de Paris (lien), mais son catalogue était rachitique quant aux questions qui nous intéressent.
Par conséquent, j’ai longuement chiné pour constituer mon propre fonds documentaire, qui comprend aujourd’hui des livres rares comme le Traité d’entomologie médicale et vétérinaire publié par Maurice Neveu-Lemaire en 1938.
Beaucoup d’essais prenaient la poussière dans les bibliothèques universitaires anglo-saxonnes, à l’instar de ceux de James Ronald Busvine, auteur du célèbre Insects, Hygiene and History.
J’en ai donc fait l’acquisition en espérant pouvoir un jour les mettre à disposition de toute personne intéressée par les arthropodes vecteurs de maladie.

Sir Patrick Manson, figure titulaire de l’entomologie médicale (dessin : Franck Canorel)

Certes, ces ouvrages sont obsolètes sur le plan des sciences exactes – on n’y trouvera aucune référence à la cladistique ou à la phylogénétique (sujets auxquels je n’entends rien et qui me laissent de marbre) – mais ils constituent les premiers jalons d’un chantier dont les maîtres d’œuvre se font attendre : celui d’une généalogie des relations citoyens/Etat face à la « vermine ».

A ce titre, j’ai pu noter – en mon nom propre, je tiens à le souligner – que les personnes se plaignant de la présence du moustique tigre appartiennent à la petite bourgeoisie. Ce qui motive leurs demandes auprès des pouvoirs publics n’est nullement la prévention des risques sanitaires induits par la présence de ces diptères hématophages : ils veulent d’abord et avant tout ne pas être privés d’un privilège, le jardin privatif.

Affiche de 1958 éditée en Chine dans le cadre de la Campagne des quatre nuisibles

Certains craignent par ailleurs une baisse d’attractivité de leur pavillon sur le marché immobilier, beaucoup de jardins où on pouvait il y a quelques années encore se prélasser sur une chaise longue étant désormais des endroits à fuir pour ne pas être piqués.
De bénéfice, le jardin s’est mué en inconvénient : on ne peut plus jouir de l’extérieur, on vit enfermé… comme chez « les gens de peu ».

Cette situation met donc à mal leur sentiment de réussite sociale.

On touche là à des questions psychosociologiques qui mériteraient d’être creusées pour mieux comprendre quels sont les obstacles qui font aujourd’hui échec à la mobilisation sociale antivectorielle dans les quartiers pavillonnaires.
On nous demande aussi parfois de façon véhémente d’éradiquer les moustiques.

Techniquement – je parle toujours en mon nom propre – le forçage génétique permettrait (peut-être) d’y arriver, mais il ne faut pas foncer tête baissée, car le bilan catastrophique de la Campagne des quatre nuisibles menée de 1958 à 1962 en Chine par Mao Zedong sonne comme une mise en garde : on n’élimine pas impunément une espèce.

De façon générale, les moustiques tuent chaque année 700 000 personnes et les tiques gagnent du terrain.
Le changement climatique et la déforestation des zones tropicales sont autant d’épées de Damoclès qui pèsent sur l’Homme.
Il est donc vital de s’intéresser à ce sujet.

La santé publique n’est pas synonyme de biomédecine ou d’épidémiologie, mais fait appel aux sciences humaines et sociales, notamment à travers les études « connaissances – attitudes – pratiques » ou CAP, et c’est dans cette perspective que je m’inscris.

En quoi consistent tes activités professionnelles ? Peux-tu nous expliquer un cas concret ?

Il faut savoir qu’en métropole la plupart des cas de chikungunya, de dengue ou d’infection à virus Zika ne sont pas autochtones mais importés des territoires ultramarins.
Au sein de l’ARS Ile-de-France, je suis chargé (pas tout seul !) de mettre en œuvre la Lutte Anti-Vectorielle (LAV) contre le moustique tigre afin de prévenir les épidémies.

La LAV s’appuie sur la surveillance épidémiologique, la surveillance entomologique via un réseau de pièges pondoirs qui permet de prélever les œufs avant identification à la loupe binoculaire de l’espèce concernée et enfin les opérations ciblées de démoustication quand et seulement quand les conditions suivantes sont réunies : le cas d’une personne malade nous a été signalé, pendant sa période de virémie, et dans un rayon de 150 mètres autour de son domicile.

Lutter contre le moustique tigre nécessite de combiner la lutte mécanique (suppression des gîtes larvaires), la lutte biologique (utilisation de Bti), la lutte chimique, mais aussi la mobilisation citoyenne, car nous ne sommes pas fondés légalement à mener des opérations de démoustication sur les parcelles privées.

C’est pourquoi nous intervenons très régulièrement sur le terrain pour des actions de sensibilisation auprès des habitants…avec plus ou moins de succès.
Voilà ce qu’il en est pour les moustiques.

Pochettes de tire-tiques distribuées lors des animations de terrain

En 2022, j’ai estimé que le travail de la cellule de LAV de la délégation départementale de l’ARS en Essonne était trop centré sur un vecteur de maladie particulier, le moustique tigre, et j’en ai conclu qu’il était important de prévenir (du latin praevenire, « prendre les devants ») les problèmes sanitaires susceptibles d’être posés par d’autres arthropodes.

C’est ainsi que nous avons commencé à travailler sur la prévention des maladies vectorielles à tiques, la forêt de Sénart, zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de type 2 (ZNIEFF) visitée chaque année par trois millions de personnes, étant considérée comme le premier foyer de borréliose de Lyme en Ile-de-France.

Malheureusement, j’ai été contraint de bricoler avec les moyens du bord de longs mois durant mais aussi de me battre en interne pour imposer ce sujet, car il faisait l’objet de polémiques pseudo-scientifiques sur lesquelles je ne souhaite pas m’étendre…

Le vent a tourné et j’ai été soutenu par un ingénieur du génie sanitaire qui venait du Grand Est et en comprenait l’importance, ce qui m’a permis en 2023 d’accueillir une étudiante en troisième année de licence en biologie environnement à l’Université de Paris-Est Créteil (UPEC).

Je l’ai tutorée pour la collecte de tiques sur un site témoin en forêt de Sénart puis dans les écotones de onze communes limitrophes afin d’en comparer les densités.
Philippe Mora de l’UPEC et de l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris nous a prêté son concours en mettant à notre disposition du matériel (éthanol, hygromètre atmosphérique, pinces Brucelles et tubes Eppendorf).

Des moyens financiers conséquents ont par la suite été débloqués dans le cadre de la fiche-action 7.4 du Plan régional santé-environnement 4. d’Ile-de-France.

Nous travaillons avec l’équipe soignante du Centre de référence des maladies vectorielles à tiques du Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (lien) et la FREDON tout en ayant des relations avec l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAe) qui pilote le programme de sciences participatives CiTIQUE.

Nous menons surtout des actions de prévention comme le 27 mai dernier dans les locaux de l’Office National des Forêts (ONF).

L’entomologie médicale offre t-elle des débouchés professionnels, quels sont les sujets d’actualité ?

Je ne suis pas certain d’être la personne ad hoc pour répondre à la première partie de cette question, car je suis un « simple » utilisateur de l’entomologie médicale.
Se poser des questions est une chose (il n’est pas nécessaire d’être rattaché à une institution), être chercheur en est une autre.

Des débouchés professionnels en entomologie médicale ? Il y en a très peu, du moins en France. Les très rares postes à pourvoir le sont au Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le développement (CIRAD), à l’Institut Pasteur, à l’INRAe et à l’Institut pour la Recherche et le Développement (IRD).
Cependant avec l’essor « prévisible » des maladies vectorielles, les besoins devraient croître.

En revanche, la LAV a dès à présent besoin de bras (et de cerveaux !) car le secteur de la désinsectisation est pourvoyeur d’emplois.
Pour qu’elle soit efficace, elle doit s’appuyer sur des innovations comme le Guppytrap qui concilie low-tech et respect de la biodiversité : il y a des perspectives de recherche intéressantes à ce niveau.

Les sujets d’actualité ? Il y en a trop pour pouvoir répondre de façon exhaustive aussi me contenterai-je de quelques exemples.
-> Depuis 2024, l’Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche-Comté (lien) travaille sur les phlébotomes, vecteurs de la leishmaniose.
-> Depuis 2025, le vaccin QDENGA est recommandé dans les territoires ultramarins chez les enfants et adolescents âgés de 6 à 16 ans en cas d’infection antérieure à la dengue, ainsi que chez les sujets âgés de 17 à 60 ans présentant des comorbidités.

Concernant les acariens, l’encéphalite à tiques semble progresser en métropole.

-> En mars 2026, l’INRAe a rendu publics les résultats de son étude quant à la présence de microorganismes chez les tiques. 26 ont été trouvés dont 18 potentiellement pathogènes pour l’homme : Borrelia spp (les plus fréquents), Candida Neoehrlichia mikurensis (dans 7 régions sur 12), Anaplasma phagocytum, Rickettsia spp, etc.

Enfin, le sujet « brûlant » à ce jour en Ile-de-France, c’est celui des infections au West Nile Virus transmis par le moustique commun car il concerne aussi bien la santé animale (les oiseaux et les équidés) que humaine, ce qui confère au concept « One Health » une certaine « épaisseur ».

Pour conclure, j’invite les lecteurs à lire les revues scientifiques en Open Acess comme Current Research in Parasitology & Vector-Borne Diseases : ils y trouveront quantité d’informations.

As-tu d’autres thèmes sur lesquels tu aimerais publier prochainement ?

Oui, bien entendu, mais pour l’instant j’en suis à la prise de notes et je passe énormément de temps à interroger les bases de données spécialisées, recouper les sources primaires et consulter les archives.

Plusieurs thèmes m’occupent l’esprit, notamment le concept de pathocénose de Mirko D. Grmek, mais tout cela demande du temps à une époque où productivisme oblige, on considère qu’être efficace c’est aller vite.
Or chercher, se poser des questions, est un exercice de longue haleine. Il faut que le cogito se pose, mûrisse, et cela peut prendre des mois.

A ce titre, j’ai depuis peu établi une correspondance avec Thomas Werner, professeur d’entomologie à l’Université du Michigan et spécialiste des drosophiles, et il a été d’autant plus facile à contacter qu’il s’est octroyé une année sabbatique en Allemagne.

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