Pierre QUENEY publie « Clés d’identification des Coléoptères aquatiques de France métropolitaine »

Pierre QUENEY publie « Clés d’identification des Coléoptères aquatiques de France métropolitaine »

Par Benoît GILLES

Pierre Queney & Patrick Prevost publient leur premier tome consacré à 160 espèces de Coléoptères aquatiques de France métropolitaine parmi les 600 actuellement recensées. Cet ouvrage  de 200 pages, coédité par l’OPIE et l’ADEP, traite des adultes Polyphaga Hydrophiloidea.

L’ambition de cet ouvrage, issu d’une remarquable synthèse documentaire, est de proposer des clés de détermination à accès multiple et qui soient étayées par un grand nombre d’illustrations.


Interview de Pierre Queney
  • Pouvez-vous nous expliquer l’origine du projet de cet ouvrage passionnant ? 

Passionné depuis mes jeunes années par les coléoptères qui hantaient le jardin familial, avec une préférence pour les carabiques, ceux-ci devinrent une spécialisation renforcée par les rencontres nées dans les associations de naturalistes. C’est ainsi que je connus Henri Fongond, qui me fit partager sa passion pour cette grande famille d’insectes, mais, à la suite de sa disparition en 1991, je fus tenté de remettre en cause mon domaine de prédilection. Bien qu’essentiellement terrestres, les carabiques m’avaient tellement habitué à fréquenter le bord de l’eau, que tout naturellement je me décidai à faire le grand saut de l’autre côté de la berge.

Page de couverture de « Clés d’identification des Coléoptères aquatiques de France métropolitaine »

Ce nouveau milieu ne mit guère de temps à me fasciner. Il fallait cependant changer mes repères et cette adaptation ne fut pas immédiate, notamment pour réunir la documentation sur mes nouveaux préférés. La retraite servit d’accélérateur avec des collectes de plus en plus nombreuses et variées. Le problème de trouver le nom de mes petites bêtes devenait alors crucial. Les prédateurs, essentiellement les Dytiscidae, se dévoilaient assez facilement avec les ouvrages de Guignot (1947) ou de Franciscolo (1979), mais le monde des phytophages s’entêtait à ne pas vouloir sortir de l’anonymat.

La fréquentation des bibliothèques devenait la suite obligée de la prospection sur le terrain. Internet balbutiait et il fallait se résoudre à compiler une somme énorme d’articles. La difficulté était d’autant plus grande que les spécialistes du peuplement aquatique étaient rares, notamment en France. On fait vite leur connaissance et le milieu associatif, outil indispensable, étend rapidement les contacts à travers le pays et en dehors des frontières. La ténacité et la rigueur dans la tâche vous font connaître et vous devenez rapidement affublé du titre de spécialiste. Quelques séjours en région tropicale et la description d’espèces nouvelles vous est ouverte.

Votre connaissance de la classification s’affirme et vous maîtrisez de mieux en mieux les clés d’identification. Les auteurs les plus compétents vous deviennent familiers et vous devenez capables d’évaluer leurs travaux ou, du moins, de piocher chez les uns et les autres les éléments d’une synthèse la plus apte à résoudre les problèmes de détermination. Le recours aux possibilités de l’informatique pour éteindre ces recherches fastidieuses est tentant mais faut-il encore qu’un aventurier ait tracé la voie pour alimenter la machine. Attendre sereinement que le séquençage de l’ADN vous apporte le résultat immédiat (lien) de vos collectes demeure du domaine du rêve ou du cauchemar, mais son usage progresse à grands pas. Même si cet horizon sans effort peut séduire, il y aura toujours des adeptes de la connaissance sensible du monde environnant et ceux-ci voudront toujours découvrir la bête qui se cache derrière un nom barbare.

Mot de l’auteur en bas de page

  • Racontez-nous comment l’écriture de l’ouvrage s’est déroulée !

Avec les années, la disponibilité d’un grand nombre de spécimens, couvrant la quasi-totalité de la faune métropolitaine, et de la littérature qui leur est dédiée, m’a assez naturellement conduit à construire des règles personnalisées pour désigner les taxons. Les défauts inhérents au mode d’identification dichotomique, destructeur d’information, me sont devenus de plus en plus insupportables. Un apprentissage auprès d’un entomologiste chevronné, Nicolas Degallier, de solutions de détermination assistée par ordinateur m’a permis de clarifier mes idées puis de les traduire dans un cadre pratique en forme de tableaux à accès multiple.

Cette matérialisation a demandé des années de tâtonnements mais peu à peu un ordre s’est dégagé du chaos. Il ne s’agissait pas le plus souvent de découvrir des caractères non encore explorés mais de les aborder et de les présenter autrement. Il convenait plutôt de choisir et d’éliminer parmi ce qui existait. Il fallait aussi que les clés présentées soient compatibles avec le profil assez large des lecteurs recherchés et adaptées au matériel d’optique utilisé couramment.

Mes clés à l’espèce ont pris corps à partir des années 2008-2009, avec des périodes de pause plus ou moins longues, occupées à d’autres activités entomologiques. Cette léthargie passagère a cessé après la publication de mon premier ouvrage qui m’a fait comprendre que le seul moyen d’intéresser à mes petites bêtes était de les sortir de l’anonymat.

Nous étions en 2017 et je me remis à la tâche avec la volonté de diffuser mes connaissances. Le support internet me tenta un temps mais, par expérience, je sais que le défilé sur un écran ne remplace pas le maniement d’un livre et qu’il en est le complément. Jusque là mon cheminement était resté très solitaire mais le passage à la réalisation nécessitait un regard extérieur critique, si possible constructif et susceptible de me stimuler dans les moments d’interrogation. La solution se présenta bientôt grâce aux nombreux contacts tissés au travers du réseau associatif.

Exemple de clés d’identification (page 36-37)

Ce fut avec Patrick Prévost que s’engagea le travail d’équipe que je souhaitais. Il était naturaliste amateur lui aussi mais son parcours professionnel et entomologique différait du mien. Rapidement, l’entente se révéla très fructueuse. J’avais depuis longtemps mis en tableaux les clés que j’empruntais aux meilleurs auteurs mais il manquait les outils pour parvenir à une utilisation pratique et rigoureuse. Mon partenaire puisa dans les souvenirs de sa vie active pour imaginer une codification des différents états que peut présenter un caractère. La solution me parut séduisante et rejoignit d’autres réponses nées au fur et à mesure que l’ensemble prenait forme.

Le choix des mots utilisés dans une clé de détermination est primordial mais leur interprétation par le lecteur n’est pas toujours univoque. L’appoint de l’illustration est donc essentiel et son importance est prise en compte depuis longtemps par les systématiciens. En conséquence, il occupe une place majeure dès le début du projet. Le dessin n’a pas été retenu pour l’exprimer, tant par mon incompétence dans sa pratique que par mes expériences souvent malheureuses, en raison de transcriptions graphiques infidèles, même chez les auteurs reconnus. C’est donc la photo qui a envahi le décor, exécutée par une équipe expérimentée dans la représentation d’organes microscopiques, notamment les structures génitales très utilisées en entomologie. Les compétences recueillies correspondaient au besoin plus général d’illustrer les seules parties de l’insecte ayant un caractère discriminant. Il fallait en effet éviter la tentation néfaste, surtout chez les débutants et les non-spécialistes, de donner un nom au simple vu d’une belle représentation de l’imago. J’ai donc pratiquement exclu ce genre d’image, en profitant de la disponibilité d’un nombre suffisant de spécimens d’insectes pour la dissection.

  • Que trouve-t-on à l’intérieur ? 

Il existe plus de 600 coléoptères aquatiques en Métropole et j’avais prévu de publier l’ouvrage en plusieurs tomes compte tenu de mon grand âge, du souhait d’une parution assez rapide et de la préférence pour un document facilement maniable. Le premier volume devait concerner les clés au genre. Cependant ce niveau de détermination étant déjà couvert par le livre de Tachet (2010), j’ai vite compris que mon projet n’était pas suffisamment novateur. Il fallait donc réunir clés au genre et à l’espèce et les grouper selon les grandes divisions de la classification. C’est le sous-ordre des Polyphaga qui allait ouvrir le bal, le plus démuni en outils d’identification mais le plus nombreux dans le territoire.

Le Tome I traite de 164 espèces et sous-espèces appartenant à la super-famille des Hydrophiloidea et accessoirement aux Myxophaga (4 taxons). Il compte 192 pages et environ 550 illustrations en couleur. La disposition des clés en tableaux, où se croisent caractères et taxons, imposait d’utiliser la largeur de deux pages, face à face, pour représenter les genres ou groupes supragénériques fortement dotés en espèces. Cette configuration permet aussi de rapprocher plus commodément texte et illustrations. Les organes étudiés sont petits mais les images sont grandes afin de faciliter la tâche de l’observateur, l’œil souvent rivé sur la loupe binoculaire. Sans constituer tout à fait une faune des espèces métropolitaines, il a semblé utile d’ajouter, pour chaque espèce concernée et sous le tableau qui l’évoque, un court commentaire sur la répartition, l’habitat et les principaux caractères spécifiques du taxon.

Au cours de toute cette longue phase de mise en page, où se disputent continuellement les espaces réservés au texte, au tableau et à l’illustration, j’ai fait équipe avec l’infographiste, Anne Coupé, qui a dû supporter, bien souvent, les consignes changeantes de l’auteur !

Exemple de planches (pages 78-79 et 178-179)

Le contenu obtenu cherche à satisfaire les besoins du spécialiste ou de l’amateur qui souhaitent accéder soit au genre, soit à l’espèce. La présentation retenue leur permet d’entrer dans les clés au niveau nécessaire, aisément atteint au travers de l’index alphabétique qui combine numéros de page et de tableau. Ils peuvent aussi se référer à la liste des taxons, énoncés dans l’ordre de la nomenclature actuelle, qui renvoie aux tableaux impliqués. La qualité recherchée dans les illustrations, notamment celles de la structure génitale du mâle, devrait autoriser l’usage des clés proposées à des entomologistes de tous niveaux et les dispenser d’une recherche d’information fastidieuse, dispersée aujourd’hui dans un grand nombre de supports différents.

Le mode de raisonnement adopté pour bâtir l’ouvrage serait très propice à une adaptation vers l’identification interactive à accès multiple. Les coléoptères aquatiques ont déjà suscité en France quelques applications allant dans cette voie mais l’exemple que j’ai consulté récemment m’a laissé pantois tant il était livresque.

  • Qu’est ce qui vous passionne chez ces insectes ? 

En dehors de la mer, ils occupent toutes les eaux, dormantes ou courantes, douces ou saumâtres, à basse ou haute altitude, au bord de la neige ou au fond du désert. Ils volent ou sont aptères, nagent ou pratiquent la marche. On ne s’ennuie donc jamais dans la recherche des coléoptères aquatiques et s’ils ne sont pas au rendez-vous que l’on imaginait, il est bien rare qu’ils ne nous surprennent pas là où l’on ne les attendait pas !

L’aspect esthétique n’est pas celui qui vient le plus facilement à l’idée quand on regarde une collecte de ces petites bêtes, mais le déplacement d’un Elmidae sur une pierre immergée au beau milieu du courant violent, aussi prudent pour avancer une patte qu’un alpiniste chevronné, demeure toujours saisissant ; non loin de là, le tournoiement incessant des Gyrins à la surface du cours d’eau tranquille est un autre spectacle captivant. La lenteur du détritivore et la rapidité du prédateur se côtoient sous vos yeux tandis qu’entre les deux le phytophage broute dans les plantes proches du bord. Le milieu aqueux n’est pas toujours transparent mais il y est relativement aisé d’inventorier la faune d’un biotope, ce qui est beaucoup plus compliqué sur un site terrestre.

Exemples d’espèces de Coléoptères aquatiques – Aulonogyrus concinnus (5,5-7mm – nageur rapide et prédateur) – Hygrotus pallidulus (3,5-4mm – nageur prédateur) – Helophorus grandis (5,3-8mm – adulte marcheur phytophage)
  • Quel est l’intérêt d’étudier ces insectes ? Il semble évident qu’ils jouent un rôle majeur dans l’équilibre des milieux aquatiques, pouvez-vous nous expliquer ?

Les coléoptères aquatiques ne sont sans doute pas utiles aux activités humaines mais ils se trouvent dans de nombreux écosystèmes en interaction étroite avec des plantes et d’autres animaux. Leurs régimes alimentaires très variés, changeant même selon les différents stades d’une espèce donnée, en font soit des consommateurs de végétaux ou détritus organiques, soit des prédateurs, mais tous sont des proies potentielles.

Une évolution dans l’abondance de ces arthropodes a donc une incidence sur l’équilibre du milieu aquatique concerné. Leur taille est petite mais leur nombre est parfois considérable. Les conséquences de leur présence ou de leur absence sont certainement importantes mais elles n’interfèrent pas directement dans les activités agricoles ou forestières, sinon la pêche. En fait l’homme s’en sert surtout comme indicateur biologique de ses interventions sur l’environnement, principalement les eaux courantes. Demeurant sans impact sur nos agissements, ces petits insectes peuvent malgré tout nous intéresser pour eux-mêmes. Les moyens qu’ils ont adoptés pour respirer dans l’eau, par exemple, peuvent susciter notre étonnement et notre besoin de connaissance. Il en va de même pour de multiples autres processus qu’ils ont su développer au cours de leur évolution.

  • Quel est l’état des connaissances sur la diversité, l’écologie et la répartition des coléoptères aquatiques en France ? 

Très tôt, notre pays a eu des entomologistes de grande renommée qui se sont intéressés à ces groupes d’insectes. Beaucoup ont décrit des taxons, quelques uns ont rédigé des ouvrages de systématique et plus tard, dans la seconde partie du 20ème siècle, de rares spécialistes universitaires se sont inscrits dans une vision écologique de ce monde animal.

L’inventaire des espèces n’a pas perdu de son importance, leur fréquence et leur abondance sont sans doute mieux évaluées mais c’est la connaissance des habitats et de la diversité de leurs hôtes qui retient plus l’attention qu’autrefois. Les progrès dans cette voie restent cependant plutôt lents et d’autres pays européens se montrent beaucoup plus dynamiques. Grâce à internet, ils nous font profiter de leur apport. Chez nous, le rôle moteur des amateurs se maintient et l’initiative est souvent le fait des associations.

L’université et les organismes publics de recherche, contrairement à la situation hors de nos frontières, jouent insuffisamment la fonction d’animation, qui devrait leur revenir, ou celle de mise à disposition de moyens techniques modernes devenus indispensables, tels que séquençage d’ADN ou assistance informatique dans l’identification.

Exemple d’espèces de Coléoptères aquatiques – Hydrophilus pistaceus (35-45mm – adulte nageur phytophage, larve prédatrice) – Georissus costatus (1,4-1,8mm – marcheur semi-aquatique, adulte alto ou phytophage) – Dryops striatopunctatus (4,5-6mm, marcheur plutôt algophage)
  • Avec la disparition globalisée de l’ensemble des populations d’insectes et des habitats, quelles sont les conséquences sur cette entomofaune ? Vous avez certainement pu constater ces modifications durant ces dernières décennies

Vivant principalement en région parisienne, celle sans doute où la nature a été le plus bouleversée, j’ai pu rassembler suffisamment de données pour les réunir dans un ouvrage et montrer l’extrême résistance de la faune, dans les espaces qui leur ont été concédés par l’homme. Pas ou peu de disparitions mais une répartition en lambeaux, maintenue vivace grâce à la persistance d’une surface boisée remarquable et très vaste, créant de véritables couloirs de circulation pour les insectes.

Cependant les forêts et leurs clairières ne peuvent pas tout préserver. Les eaux courantes sont les plus atteintes par l’appauvrissement du peuplement. Dans nombre de territoires, il faut remonter vers les têtes de bassin pour observer une animation tangible dans les milieux lotiques. En aval les situations sont très contrastées, surprenantes en bien et en mal. Curieusement les grands cours d’eau ont souvent perdu leurs habitants naturels au profit d’aménagements humains annexes, tels que sablières ou canaux, qui résistent mieux à la dégradation.

Les marais littoraux souffrent moins également mais les ennemis rodent, multiformes, tels que l’urbanisation, l’aménagement de routes ou ports, la démoustication ou l’assèchement. L’instauration de nombreuses réserves dans ces zones humides est toutefois bienfaitrice. Les protections administratives restent cependant impuissantes vis-à-vis de l’invasion sournoise et de plus en plus fréquente de plantes et arthropodes venus de contrées lointaines. Le danger pour nos insectes est donc omniprésent et le naturaliste constitue souvent l’un des meilleurs agents de sa détection.

  • Quel est votre recommandation pour les jeunes entomologistes qui souhaiteraient se lancer dans l’étude des coléoptères aquatiques ? 

Il convient de distinguer amateurs et professionnels. Pour les premiers l’avenir est serein. Certes pour découvrir une espèce nouvelle, il n’est pas besoin d’être transcendant pour y parvenir sous les tropiques. La difficulté est plus grande sous nos latitudes mais comment ne serait-on pas séduit, ici comme ailleurs, par tant d’observations passionnantes à faire sur les associations animales qui occupent les différents milieux et sur leur évolution qualitative ou quantitative ?

La recherche du taxon exceptionnel n’est qu’une des facettes des multiples plaisirs toujours renouvelés, apportés par l’observation de la vie si changeante et inattendue que nous offrent les systèmes aquatiques. Cet environnement reste captivant pour celui qui veut en faire le cadre de sa vie professionnelle.

Cependant, si la biodiversité est devenue un mot à la mode, les moyens destinés à son étude et sa protection demeurent limités par une déficience fondamentale : la faible rentabilité économique à court terme des actions menées en sa faveur. Les emplois correspondants sont donc nécessairement peu lucratifs et relativement peu nombreux, souvent accessoires à une activité touristique, agroalimentaire, de loisir ou de souci environnemental. Les organismes de recherche offrent sans doute les perspectives les plus intéressantes mais souvent parce qu’elles s’exercent loin de la France métropolitaine. Les emplois publics sont en tout état de cause rares et très disputés.

Exemple d’espèces aquatiques – Macronychus quadrituberculatus (2,6-3,6mm – marcheur plutôt xylophage) – Odeles marginata (4-5mm – larve aquatique marcheuse et phytophage et adulte terrestre)
  • Pour finir, avez-vous une anecdote à nous partager à propos de vos travaux ? 

C’est la rencontre de Patrick Prévost qui constitue le point de départ de la rédaction de l’ouvrage. En 2017 les clés au genre prennent forme dans leurs tableaux respectifs et s’enrichissent l’année suivante de leurs premières illustrations. L’association qui avait publié mon premier ouvrage en 2016 doit éditer le nouveau livre. L’avancée est rapide et l’optimisme règne dans l’équipe, si bien qu’il est décidé de répondre à l’appel à projets INPN 2019 en vue de financer les dépenses à venir. Le rejet de notre proposition ouvre une phase de désarroi, marquée par la désunion passagère des associés, mais l’abattement dure peu. Le réseau associatif apporte une réponse rapide à mon problème, au travers de l’ADEP (Association des Entomologistes de Picardie). Convaincue de l’intérêt du projet, elle prend le relais pour l’édition et me propose aussi l’aide d’une infographiste, Anne Coupé, qui va m’accompagner tout au long de la réalisation du Tome I de l’ouvrage.

Un nouveau départ est donc pris, avec une contribution financière inespérée mais très utile du Conservatoire d’Espaces naturels d’Occitanie. Les années 2019 et 2020 sont bien remplies. L’amitié, associée à la compétence, continue de faire des merveilles et permettra à la partie photographique d’être du meilleur niveau. Ce domaine, essentiel pour le succès du livre, va profiter d’un financement d’une autre association, l’Opie (Office pour les insectes et leur environnement). Par la suite, ce nouveau venu dans le projet décidera d’y accroître progressivement sa présence, assurant ainsi l’avenir des deux Tomes attendus. L’ouvrage s’appuie dorénavant sur deux co-éditeurs et Patrick Prévost poursuivra sa collaboration. Cette aventure à rebondissements, qui mêle étroitement les aspects humains, passionnels et scientifiques, m’a enchanté !

Mot de l’auteur

Pierre Queney – Pas-de-Calais – 2018

Je suis né avant la dernière guerre mondiale mais ne l’ai pas faite ni aucune autre. La période des études ne m’a pas emballé. Je les ai achevées en passant par une grande école de commerce car j’adorais l’économie. Je suis donc devenu gestionnaire en côtoyant des chercheurs et des ingénieurs pendant 35 ans. Auparavant le jardin familial et les vacances à la montagne m’avaient convaincu d’ouvrir les yeux sur la nature. Les insectes que j’y voyais n’étaient pas aquatiques mais ils me fascinaient déjà. Quelques uns ne tardèrent pas à garnir une boîte que je contemplais souvent. Il fallait bien sûr leur donner un nom et ce fut un magnifique ouvrage du 19ème siècle, orné de splendides gravures, qui vint à mon aide.

L’adolescence m’éloigna de ce spectacle mais dès que l’occasion se présentait, le scarabée reprenait sa place dans mes centres d’intérêt. De nombreuses années plus tard, quand il eut pris définitivement la forme d’un dytique, je souhaitais tout connaître du monde aquatique et je compris vite que sa complexité et sa variété imposaient une attention exclusive. L’attitude des autres entomologistes vous aide d’ailleurs à aller dans cette voie. Les naturalistes passionnés par les petites bêtes de l’eau et compétents pour en parler sont peu nombreux. Ceux qui, occasionnellement, veulent être informés de ce qui se cache dans l’onde s’adressent à vous et vous ne pouvez plus vous échapper de votre spécialisation. Par bonheur la prison dorée est grande et peu étanche


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